mardi, 23 avril 2019
 

Des centaines de Soudanais manifestent pour la "révolution"

Des centaines de Soudanais ont appelé à une "révolution" lundi, au deuxième jour de manifestations déclenchées par la mort de quatre étudiants darfouris, selon un journaliste de l’AFP.

Leur mort, après la répression de manifestations contre une hausse des frais de scolarité à l’université de Gezira dans le sud de Khartoum, a ravivé la contestation inspirée par le Printemps arabe et entraîné les plus importantes manifestations depuis la mobilisation anti-régime liée à l’inflation en juin et juillet.

Au moins 700 personnes sont sorties de l’Université du Nil en scandant "révolution jusqu’à la mort" ou encore "tuer des étudiants, c’est tuer la nation" a constaté le journaliste de l’AFP. La police a rétorqué à coups de gaz lacrymogène et des manifestants ont été battus à coups de matraque.

Certains se sont éparpillés dans la principale gare routière située non loin de là, où des camions de police anti-émeutes étaient déployés. Cette zone a été la scène des violences lors des manifestations dimanche, au cours desquelles six personnes ont été blessées, tandis que la police arrêtait 47 personnes selon la radio officielle.

Lundi, des manifestations ont également eu lieu devant l’université agricole de Khartoum Nord, selon un témoin, et les forces de sécurité ont dispersé environ 300 personnes à coups de gaz lacrymogène et de matraques. Les quatre étudiants retrouvés morts vendredi sont décédés en "luttant pour leur droit à une éducation gratuite" selon l’Association des étudiants du Darfour, qui a pointé du doigt les autorités et un syndicat étudiant pro-régime qui avait dispersé la manifestation à laquelle les victimes participaient.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a indiqué, en citant des entretiens avec des témoins, que les "forces de sécurité du gouvernement ont poussé les manifestants vers le canal, entraînant la chute de plusieurs d’entre eux".

HRW a indiqué que deux manifestants étaient toujours portés disparus, et que les autorités devaient permettre une enquête indépendante sur le décès des quatre étudiants retrouvés morts. Selon les sources officielles à l’Université de Gezira, ces étudiants sont morts noyés.

Les étudiants originaires du Darfour, région de l’ouest du pays en proie à des violences, exigent l’application d’un accord de paix conclu en 2011 entre le gouvernement et une alliance de factions rebelles prévoyant une exemption des frais d’inscription pendant 5 ans dans les universités publiques pour les enfants des familles déplacées pendant le conflit.

Source (AFP)– 11/12/2012

 
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