samedi, 23 février 2019
 

Le Soudan doit lever les restrictions à la liberté d’expression avant le référendum

Déclaration d’Amnesty International

Alors qu’approche le référendum de janvier 2011 sur l’indépendance du Sud-Soudan, les autorités soudanaises doivent cesser de harceler les journalistes et de chercher à les intimider, a déclaré Amnesty International dans une nouvelle brochure publiée ce vendredi 24 septembre 2010.

Dans ce document, intitulé Soudan. Les chaînes demeurent. Les restrictions à la liberté d’expression au Soudan, l’organisation rend compte des mesures prises pour limiter la liberté d’expression au Soudan dans la foulée des élections d’avril 2010, depuis lesquelles des journalistes sont régulièrement arrêtés pour avoir fait leur travail tandis que d’autres ont été torturés ou jugés pour des motifs politiques.

« Aucune consultation digne de foi ne peut avoir lieu dans un environnement où la liberté de parole est si ouvertement bafouée, a déclaré Rania Rajji, chercheuse d’Amnesty International chargée du Soudan.

« Les autorités du nord et du sud du Soudan doivent faire le nécessaire pour que le vote se déroule dans un climat dans lequel tous les Soudanais pourront exprimer librement leur opinion, et s’abstenir d’apporter de nouvelles restrictions à la liberté d’expression. »

Un peu partout dans le nord du Soudan, le Service national de la sûreté et du renseignement a exercé un contrôle strict sur la presse écrite. Entre mai et août 2010, des agents de ce service se sont rendus quotidiennement dans les imprimeries des journaux pour supprimer les articles portant sur des sujets sensibles. Un grand nombre de journaux ont également été fermés.

Bien que la censure avant impression ait été levée le 7 août, un « code d’éthique » de la presse impose toujours de nombreuses restrictions. Ce code, introduit par le gouvernement en septembre 2009, exige des journalistes qu’ils « défendent l’intérêt de la nation » et oblige les journaux, de fait, à s’autocensurer pour ne pas faire l’objet de représailles ou de poursuites en justice.

En juillet 2010, le Service national de la sûreté et du renseignement a adressé à tous les journaux un formulaire demandant aux journalistes de fournir des informations personnelles, dont leurs coordonnées bancaires et l’adresse de leur domicile.

Après l’élection présidentielle d’avril 2010, cinq journalistes ont été arrêtés en raison d’articles publiés dans le quotidien Rai Al Shaab, notamment une analyse des résultats du scrutin.

Deux d’entre eux auraient été torturés dans les locaux de la police. Un des cinq journalistes a ensuite été remis en liberté mais les quatre autres ont comparu en justice pour répondre, entre autres chefs d’accusation, de « propagation de fausses nouvelles ». L’un d’eux a été mis hors de cause, mais un autre a été condamné à cinq ans de prison et les deux derniers à deux ans d’emprisonnement.

Un journaliste de Khartoum travaillant pour un journal d’opposition a indiqué à Amnesty International qu’il était quasiment impossible de publier des articles sur les droits humains dans les journaux du pays, en raison de ce climat de peur.

Les autorités ont également bloqué des sites Internet.

Le 9 août 2010, elles ont suspendu la diffusion des programmes radio en langue arabe de la BBC dans quatre grandes villes du pays, dont Khartoum, affirmant que cette station n’avait pas respecté les termes de l’accord conclu avec elles. La diffusion n’a toujours pas repris.

Dans le Sud-Soudan aussi, à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril 2010, les autorités ont restreint la liberté de la presse : des journalistes ont été harcelés parce qu’ils avaient écrit des articles critiques vis-à-vis d’elles, animé des débats sur le scrutin ou interviewé des candidats indépendants. Certains ont été arrêtés par les forces de sécurité sud-soudanaises, avant d’être libérés sans inculpation.

« Le référendum à venir annonce une période d’enjeux nouveaux et d’incertitude politique pour le Soudan. Pour assurer le respect, la protection et la promotion des droits humains au cours du référendum, les autorités doivent garantir la liberté d’expression et permettre aux journalistes d’exprimer leurs opinions et d’engager le débat sur l’avenir du pays », a souligné Rania Rajji.

Source : http://www.amnesty.org

 
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