mercredi, 19 septembre 2018
 

SOUDAN : Chronologie post-référendaire

JUBA, 21 mars 2011 (IRIN) - À la suite du référendum d’autodétermination du Sud-Soudan en janvier dernier, la détérioration des relations entre Khartoum et Juba ainsi que l’insécurité croissante dans le sud et dans la région disputée d’Abyei suscitent les préoccupations de la communauté internationale.

Voici un résumé des événements clés qui ont suivi le référendum du 9 janvier. À l’occasion de ce référendum, les Sud-Soudanais, qui sont nombreux à avoir connu des décennies de guerre civile, ont presque unanimement opté pour la sécession. La création officielle de la République du Sud-Soudan est fixée au 9 juillet 2011.

7-9 janvier : Des affrontements entre des nomades arabes Misseriya du nord et des membres de la tribu des Ngok Dinka habitant à Abyei - une région semi-autonome dont la plupart des habitants ont apporté leur soutien au sud pendant la guerre civile - font des dizaines de morts. Les retards dans l’organisation d’un référendum séparé pour déterminer l’avenir politique de la région viennent exacerber les tensions existantes.

4-5 février : Des combats éclatent entre des factions des Forces armées soudanaises (FAS) du nord stationnées à Malakal, une ville stratégique du sud, et des éléments de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) à la suite du refus de certaines recrues sud-soudanaises des FAS de remettre leurs armes lourdes avant d’être redéployés dans le nord. Les combats se propagent dans d’autres régions de l’État du Haut-Nil, où d’autres unités des FAS sont stationnées. Plus de 60 soldats des FAS sont tués.

7 février : Les résultats officiels du référendum sont annoncés à Khartoum. Selon la Commission référendaire du Sud-Soudan, plus de 98 pour cent des Sud-Soudanais ont voté en faveur de l’indépendance. Les résultats sont aussitôt acceptés par le Parti national du Congrès (PNC) du président Omar el-Béchir. Le président du gouvernement autonome du Sud-Soudan Salva Kiir recommande à son peuple d’éviter les célébrations prématurées.

9 février : Un ministre du gouvernement sud-soudanais est abattu par un membre de sa belle-famille dans son bureau de Juba, la capitale du Sud-Soudan. Le crime met en évidence la négligence en matière de sécurité dans les bureaux du gouvernement sud-soudanais et le problème de la possession d’armes à feu par un grand nombre de civils.

9-10 février : Des combats entre l’APLS et des rebelles loyaux au général renégat de l’APLS George Athor éclatent dans le nord-est de l’État de Jonglei, marquant la rupture de facto du cessez-le-feu décrété le 5 janvier entre les deux factions rivales. Selon les responsables de l’armée sud-soudanaise, les affrontements ont fait 105 victimes, principalement des civils, mais ce chiffre a connu une forte hausse lorsque d’autres décès ont été rapportés dans la ville de Phom el-Zeraf, où des dizaines de civils se sont noyés dans une rivière en tentant d’échapper aux tirs des hommes du général Athor.

14 février : Des heurts entre la police et les soldats d’une unité conjointe intégrée FAS/APLS au marché d’Abyei font trois morts et forcent 300 civils - des commerçants nord-soudanais, pour la plupart - à chercher refuge dans l’enceinte de la mission de maintien de la paix des Nations Unies.

27 février : Au moins dix personnes sont tuées lors de l’attaque par des miliciens armés du poste de police de Todach, dans la région d’Abyei. Des responsables sud-soudanais ont indiqué que des nomades Misseriya se trouvaient parmi les attaquants, mais que l’attaque avait été organisée par les Forces de défense populaires (Popular Defence Forces, PDF), des milices soutenues par Khartoum.

27 février : Les affrontements reprennent dans l’État de Jonglei entre les rebelles du général Athor et l’armée sud-soudanaise. Les difficultés d’accès rendent la vérification indépendante des chiffres, qui varient considérablement d’une source à l’autre, impossible. Selon le général Athor, 110 personnes ont trouvé la mort dans les combats, principalement des soldats sud-soudanais, mais aussi 12 civils. Le porte-parole de l’armée sud-soudanaise estime quant à lui qu’environ 40 personnes ont été tuées.

2 mars : Les milices frappent encore dans la région d’Abyei, tuant au moins 30 personnes dans une seule ville, principalement des policiers. Des images satellite montreront plus tard que des centaines de maisons ont été brûlées. 3 mars : Craignant d’autres attaques, entre 20 000 et 25 000 habitants d’Abyei - des femmes et des enfants, pour la plupart - fuient vers le sud en laissant la ville à moitié vide. Les échanges sur les marchés sont presque entièrement interrompus.

6 mars : Selon des responsables sud-soudanais, des affrontements entre l’armée du sud et un rebelle connu sous le nom de capitaine Olonyi au nord de Malakal font plus de 60 victimes, incluant des femmes et des enfants qui supportaient Olonyi. Le général Athor, le plus puissant des rebelles du sud, annonce qu’Olonyi sert sous ses ordres.

8 mars : L’APLS annonce qu’elle a délogé Athor et certains de ses hommes de leur repaire dans la brousse de l’État de Jonglei après de violents combats. La mission de maintien de la paix des Nations Unies confirme aux médias que des responsables sud-soudanais ont déclaré la région affectée zone interdite, et que son personnel ne peut dès lors y accéder.

12 mars : Au moins 42 personnes sont tuées lors d’un raid nocturne mené par Olonyi sur Malakal. Si l’APLS indique avoir réussi à repousser l’attaque en milieu de matinée, une opération de nettoyage subséquente fait d’autres victimes lorsque les rebelles qui se cachaient dans la ville sont forcés de se montrer. Plus de 100 orphelins sont pris en otages avant d’être relâchés sains et saufs.

13 mars : Le secrétaire général du Mouvement de libération du peuple soudanais (MLPS) Pagan Amum rompt les négociations avec le PNC sur les principales questions post-référendaires. Il accuse par ailleurs le parti du président Omar el-Béchir de comploter et d’armer des miliciens pour renverser le gouvernement du sud.

17 mars : L’APLS rapporte de violents accrochages entre l’armée et une milice dans l’État d’Unity, un État riche en pétrole situé dans le sud du pays. Plus de 30 personnes auraient été tuées.

Source :Http ://www.irinnews.org

 
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