samedi, 23 septembre 2017
 

Besoins humanitaires croissants au Sahel

DAKAR - Les organisations humanitaires ont revu à la hausse leur appel à l’aide pour les Sahéliens touchés par la faim, la malnutrition, la pauvreté et le conflit. Selon Robert Piper, coordinateur humanitaire régional des Nations Unies pour le Sahel, cet appel s’élève désormais à 1,7 milliard de dollars.

« Le Sahel est toujours en situation de crise », a dit M. Piper aux journalistes lors d’une conférence de presse à Dakar.

On estime à 11,3 millions le nombre de Sahéliens touchés par les pénuries alimentaires cette année et à 1,5 million le nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë.

En mai 2013, les centres de nutrition des organisations non gouvernementales et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) avaient traité 345 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë. Pourtant, malgré un appui nutritionnel maintenu au fil des ans, les statistiques montrent des taux de malnutrition de plus de dix pour cent dans presque tous les pays de la région et dépassant même le seuil de 15 pour cent dans certaines zones du Tchad, de la Mauritanie et du Niger.

En Mauritanie, un tiers de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire.

Les plus vulnérables sont les familles touchées par la sécheresse de 2012 qui n’ont pas encore récupéré leur bétail et leurs réserves de semences, ainsi que les quelque 500 000 Maliens déplacés par le conflit qui sévit dans le nord de leur pays. Or, même le Mali - dont la crise est la plus « visible et aiguë » de la région, avec 3,5 millions de personnes estimées en situation d’insécurité alimentaire - n’a reçu que 29 pour cent des fonds demandés.

L’ensemble de la région n’a jusqu’à présent reçu que 35 pour cent du montant nécessaire, soit 607 millions de dollars, ce qui représente un manque à gagner d’un milliard de dollars. Par ailleurs, selon M. Piper, les fonds reçus sont inégalement répartis. « Nous apprécions la réponse qu’a reçue notre appel, mais la mauvaise répartition des fonds entre les différents secteurs nous inquiète. »

L’agriculture n’a été financée qu’à hauteur de 23 pour cent. Il est donc déjà trop tard pour fournir les semences nécessaires aux paysans afin qu’ils puissent semer avant la saison des pluies.

« Nous avons raté une occasion de soutenir l’agriculture et de réduire le nombre de paysans dépendants de l’aide. Mais si nous ne pouvons pas distribuer les semences nécessaires [pour les cultures pluviales], beaucoup de choses peuvent encore être faites », a dit M. Piper. Il faut par exemple vacciner le bétail pendant la saison des pluies, fournir du fourrage là où c’est nécessaire et distribuer des semences aux agriculteurs qui sèment dans des plaines inondables pendant la saison des pluies (pour une récolte fin août).

D’autres secteurs n’ont reçu qu’une maigre partie des fonds demandés. C’est le cas de l’eau et l’assainissement (11 pour cent) et de la santé (26 pour cent), qui sont essentiels à une bonne nutrition des enfants ; ainsi que de l’éducation (10 pour cent) et du relèvement précoce (huit pour cent).

La plupart des étudiants maliens réfugiés dans les camps ne peuvent plus se rendre en classe à cause du manque de financements.

Curieusement, le relèvement précoce n’est pas la priorité des bailleurs de fonds, bien qu’il ait été beaucoup question cette année de la nécessité de renforcer la résilience dans le Sahel. Cela pourrait pourtant permettre aux familles vulnérables d’être moins dépendantes de l’aide et de pouvoir mieux faire face aux conditions climatiques difficiles et à la pauvreté endémique.

Source : http://www.irinnews.org

 
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