jeudi, 13 décembre 2018
 

Bénin : HALTE A LA PERSECUTION DU JUGE ANGELO HOUSSOU ! NON A UNE JUSTICE A ORDRE !

Le vendredi 17 mai 2013, le juge d’instruction du 6ème cabinet du tribunal de Cotonou, Angelo HOUSSOU, chargé des dossiers « empoisonnement du Chef de l’Etat » et « tentative du coup d’Etat » a rendu publiques des ordonnances des « non lieu » à propos de ces deux affaires. Il a demandé évidemment que les mis en cause et incarcérés soient immédiatement libérés et les poursuites contre ceux recherchés arrêtées. Le procureur de la République, Justin GBENAMETO a interjeté appel suspensif et la Chambre d’accusation doit rendre sa décision.

Juridiquement, les choses devaient en rester là en attendant l’arrêt de la chambre d’accusation dans la sérénité et sans gesticulations du gouvernement et du pouvoir en place. Mais, au contraire, aussitôt, le juge Angelo a fait l’objet de poursuite de la part de la police politique pour cerner ses mouvements, est arrêté dans la soirée du vendredi 17 mai à la frontière Bénin Nigéria, conduit à la Direction de la police où il a subi des interrogatoires avant d’être reconduit contre son gré à son domicile où il est assigné depuis lors en résidence surveillée sous la garde des forces de l’ordre dont il ne connaît pas les identités. Une campagne médiatique des plus hystériques est organisée dans la presse contre le juge qui est soumis de la sorte à une infâme persécution politique dans la volonté du maintien de la justice sous les desiderata du Chef de l’Etat, Boni YAYI.

Il s’agit devant ces faits d’une pression et d’une répression inadmissibles sur un acteur de la justice, pression qui montre la volonté tenace du pouvoir de Boni YAYI d’avoir une justice obéissant au doigt et à l’œil à ses bons plaisirs. Jusqu’à présent, ces pressions ont bien marché en faveur du pouvoir et des décisions ignobles ont été prises contre les travailleurs et la jeunesse dans la violation quotidienne des libertés d’opinion, de réunion, de manifestation, de presse. Des journalistes et citoyens ont ainsi été poursuivis et condamnés. La justice aura ainsi décidé de la poursuite des spoliés de ICC-Sercices pendant que les opérateurs escrocs sont libérés. Les marches de protestation des jeunes et travailleurs sont interdites, réprimées par la police et l’armée déployée contre le peuple sans que la justice ne pipe mot de ces crimes de masse. Les exécutions extrajudiciaires de petits vendeurs d’essence ainsi que des « malfrats » sont monnaie courante sans que la justice ne s’autosaisisse de ces atteintes à l’intégrité et à la vie de la personne humaine. Les assassins du jeune manifestant El Hadj Kouabi Fawaz sont libres pendant que les victimes, défenseurs des droits des citoyens, KASSA MAMPO et ses compagnons sont poursuivis par le juge à ordre Ahéhéhinnou, arrêtés, incarcérés à la prison de Natitingou pour être déportés plus tard à la prison de Missérété où ils croupissent sans jugement. Ainsi la justice est utilisée pour couvrir les poursuites et détentions politiques. Voilà la justice sous Boni YAYI, une justice mise au service du déploiement de l’autocratie et de la tyrannie.

C’est pourquoi, le Parti Communiste du Bénin dénonce les persécutions contre le juge Angelo HOUSSOU, proteste contre les actes de mise sous tutelle de la justice par le pouvoir de Boni YAYI. Il exige l’arrêt de ces persécutions ainsi que la libération sans délai de tous les détenus politiques. Cotonou, le 21 mai 2013 Pour le Parti Communiste du Bénin Le Porte-Parole Jean Kokou ZOUNON

 
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