mercredi, 17 juillet 2019
 

Intervention du représentant des travailleurs du Benin à la 103ème session de la conférence internationale du travail à Genève.

Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur General,

Mesdames et Messieurs les responsables de la conférence en vos rangs grades et titres respectifs,

Distingués invités,

Au nom des travailleurs du Benin et au nom des responsables des Organisations syndicales des travailleurs du Benin,

Je vous adresse mes cordiales salutations. A la dernière session de l’OIT la délégation des travailleurs du Benin s’est exprimée devant votre auguste assemblée, décrivant ses misères dans l’exercice de ses droits notamment en ce qui concerne les libertés fondamentales collectives et individuelles. Il s’agit du droit de grève, du droit de manifestation publique, disons du droit de s’exprimer tout court, remis en cause par notre gouvernement qui viole de façon flagrante les conventions 87 et 98.

Cette année, au cours de notre session, nous nous adressons à vous pour dénoncer le fait que la situation dans notre pays, non loin de s’améliorer ne fait que s’empirer d’année en année.

Le 27 décembre 2013, excédés par trois faits, à savoir : i) la violation flagrante et constante des libertés, ii) l’insécurité grandissante pour tout opposant et tout travailleur qui ose revendiquer et iii) la corruption rampante dans le déroulement des concours professionnels, les confédérations syndicales de notre pays ont organisé une marche de protestation partant de la bourse du travail et qui a requis toutes les formalités administratives prévues par les textes en vigueur. Elle fut réprimée dans le sang avec une atrocité jamais connue et ceci à la bourse du travail même avant qu’elle ne prenne le départ. Le sang a coulé dans la cour de la bourse du travail de Cotonou sur les escaliers et dans nos bureaux.

Tous les secrétaires généraux organisateurs de la marche atteints par cette atrocité, ont été transportés d’urgence à l’hôpital de la capitale économique. Cette barbarie jamais égalée nous a amené à déclencher une grève d’avertissement de 48 Heures, les 3 et 4 janvier 2014 pour exiger le respect des libertés en punissant les violateurs de ces libertés conformément à la constitution de notre pays, le payement de l’augmentation de 1,25% octroyé par le gouvernement à tous les agents de l’administration publique depuis 2011 et dont l’application se fait de façon sélective en refusant de payer ce dû aux enseignants puis l’augmentation du SMIG.

Plus tard la grande majorité des enseignants en situation précaire ralliera le mouvement. Des grévistes en assemblée générale ont été arrêtés, bastonnés, humiliés et menacés.

Jusqu’à ce jour, les travailleurs du secteur de la justice et ceux du secteur de la santé réclament leurs droits par des mouvements divers sans être écoutés.

Le gouvernement, en a fait voir de toutes les couleurs aux travailleurs grévistes durant cette période qui a duré plus de quatre mois. Nous sortons maintenant de cette grève avec des revendications restées en rade.

Aucune des recommandations contenues dans le rapport de la commission des experts pour l’application des conventions 87 et 98 contenues en page 68 paragraphes 2 consacrée au Benin n’a jamais été mise en application par notre gouvernement.

Notre gouvernement a déféré pour la nième fois devant l’Assemblée nationale un projet de loi destiné à réviser la loi sur l’exercice du droit de grève en vigueur au motif d’y introduire des clauses barbares comme le principe de la nécessité de la continuité du service public et la restriction grave du contrôle par le gouvernement du vote des motions de grève. L’objectif du gouvernement étant à tout prix de supprimer au Benin l’exercice du droit de grève.

Monsieur le Président,

Notre but ici n’est pas encore une fois de médire mais d’attirer votre attention sur la volonté farouche de notre gouvernement à légaliser la violation des conventions 87 et 98. Nous venons prouver notre combat, le combat des travailleurs Béninois en faveur de l’application de la convention 87 et 98 pour ainsi permettre l’instauration de la liberté et de la justice favorables à la production dans cette partie du monde.

Un droit doit être accompagné de condamnations et de sanctions appliquées à celui qui le viole. Au cas contraire ce droit n’existe plus. Si tel est votre engagement, Monsieur le Président, et puisqu’ensemble nous avons entamé depuis le 28 mai dans ces locaux les mêmes réflexions, les mêmes dynamiques et les mêmes objectifs, ma délégation, espère pouvoir donner aux travailleurs Béninois au retour dans notre pays le compte rendu que demain leur sera meilleur.

Je vous remercie.

Genève le 06 juin 2014

Paul Essè IKO

Secrétaire Général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Benin (CSTB) ;

Porte-parole Officiel des Travailleurs du Bénin à la présente Conférence.

 
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