mardi, 17 octobre 2017
 

Burkina Faso - Front social : La CCVC appelle à une journée de protestation le 8 avril

Au cours d’une conférence de presse animée le 2 avril 2015 à Ouagadougou, la Coalition contre la vie chère (CCVC) a annoncé la tenue d’une journée nationale de protestation le 8 avril prochain sur toute l’étendue du territoire national. Cette grève générale vise à exiger du gouvernement « un examen sérieux de la plateforme d’action de la CCVC ». Ainsi, travailleurs du public et du privé, élèves et étudiants, commerçants… sont invités à se mobiliser. Des meetings, marches-meetings, assemblées générales et sit-in sont prévus à travers le pays.

« Plus rien ne sera comme avant », avait lancée par le président de la transition lors de son investiture en novembre 2014. Mais, des actes concrets se font toujours attendre. Plus de quatre mois après la mise en place des organes de la transition, « tout semble être comme avant ». Aussi bien sur la question de la justice sur les crimes économiques et de sang, que sur la question de la vie chère. « Sur la question des crimes économiques et de sang, aucun fond ou bien des dignitaires de la IVè république n’a été saisi ; sur la question de la vie chère, suite à la forte pression des populations à travers la CCVC, le gouvernement n’a concédé qu’une timide diminution sur le prix des hydrocarbures. Pourtant, prenant en compte les multiples taxes sur les hydrocarbures et la baisse actuelle du prix du baril de pétrole, le gouvernement peut et doit encore baisser les prix. Du fait du refus du gouvernement de baisser de manière significative les prix des hydrocarbures, les prix de produits de première nécessité restent inaccessibles à la grande masse de burkinabè », soutient Chrysogone Zougmoré, le vice-président de la CCVC et principal animateur de la conférence de presse. Les membres de Coalition décident donc de donner de la voix.

« Il serait irresponsable de rester les bras croisés »

A travers cette journée nationale de protestation, ils entendent interpeler le gouvernement sur les préoccupations pressantes des populations. Ces préoccupations ont été synthétisées dans une plateforme d’action et décliné en une plateforme revendicative minimale. Cette plateforme, en neuf points, met l’accent sur les préoccupations urgentes en matière de d’impunité, de libertés et de vie chère. Car, « Il serait donc irresponsable de rester les bras croisés sous le prétexte que nous sommes en période de transition », lance Chrysogone Zougmoré. Ainsi donc, cette journée nationale de protestation du 08 avril 2015 devrait se dérouler sur l’ensemble du territoire national. Elle comprendra :
- une grève générale de 24 heures des travailleurs du public et du privé, ainsi que des élèves et des étudiants ;
- un grand meeting à la Place de la Nation à Ouagadougou ;
- des marches-meetings, meetings, assemblées générales, sit-in et bien d’autres formes de manifestations dans les différentes localités. D’ores et déjà, la coordination nationale de la CCVC appelle ses militants et sympathisants, les travailleurs des secteurs public et privé, les commerçants, les paysans, les élèves et étudiants… à se mobiliser massivement « en vue d’amener le gouvernement à se pencher diligemment sur nos préoccupations les plus pressantes ». Les formes de manifestations pourraient changer et aller crescendo s’ils n’obtenaient pas gain de cause.

Sortie du premier ministre : la CCVC se dit révoltée

Actualité oblige, les premiers responsables de la CCVC se sont prononcés sur la sortie du premier ministre pour appeler les uns et les autres au calme. Ils qualifient cet appel de menaces. « Nous pensons que c’est révoltant, c’est insultant pour le peuple burkinabè, c’est insultant pour la mémoire de ces martyrs que de tenir de tels propos menaçants », soutient Chrysigone Zougmoré. Il appelle le chef du gouvernement à régler d’abord la cacophonie qui règne au niveau des organes de la transition et dont le dernier épisode en date n’est autre que la sortie de son conseiller spécial pour désavouer le chef de l’Etat.

En tous les cas, les membres de la CCVC soutiennent qu’ils vont continuer de se battre pour l’amélioration des conditions de vie des burkinabè quelles que soient les menaces proférées contre eux par qui que ce soit. « Qu’il se dote de micros qui portent plus loin pour menacer, mais nous sommes prêts et nous allons avancer », martèle le président de la CGT-B, Bassolma Bazié, visiblement révolté.

Moussa Diallo

Lefaso.net

 
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