mardi, 18 juin 2019
 

L’opposition burkinabè veut une transition démocratique, civile et consensuelle

Au cours d’une conférence de presse ce lundi 3 novembre, les leaders de l’opposition, par la voix de leur chef de file, Zéphrin Diabré ont réaffirmé leur position pour une transition démocratique et civile tout en reconnaissant que « le modèle de transition démocratique et civile qui pourrait conduire notre pays à une nouvelle vie constitutionnelle normale, ne peut être que le résultat d’un consensus national, obtenu à la suite de concertation larges impliquant toutes les forces démocratiques et sociales, et toutes les institutions du pays, y compris notre armée nationale ». L’intégralité de sa déclaration liminaire.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Mesdames et Messieurs,

L’Opposition politique par ma voix, vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette conférence de presse, organisée pour évoquer la situation nationale.

Pour l’animer, je suis entouré des chefs de partis suivants :

- Maitre Bénéwendé Sankara, Président du FPS
- Roch Marc Christian, Président du MPP
- Ablassé Ouédraogo, Président le Faso Autrement
- Barry Tahirou, Président du PAREN
- Lompo Yumani, Président du PNDS

Mesdames et messieurs,

Notre pays vit depuis quelques jours, des évènements dont la portée historique n’est plus à démontrer.

La lutte que menait notre peuple contre la révision de l’article 37 de la constitution, sous la direction de l’Opposition politique et de la société civile, a connu son apogée le Jeudi 30 Octobre.

Ce jour, le peuple burkinabè a pris ses responsabilités et a organisé une insurrection populaire généralisée, sur toute l’étendue du territoire nationale, obligeant le Président Blaise Compaoré à rendre sa démission, laissant ainsi le poste de Président du Faso vacant.

C’est le lieu pour l’Opposition politique de saluer et de magnifier le combat héroïque de notre peuple, dont toutes les couches sociales ont bravé les peurs, sacrifié leurs vies, pour faire obstacle à la forfaiture qui se préparait.

Des burkinabè sont morts pour la Patrie et la Démocratie. L’Opposition politique salue leur sacrifice suprême et leur mémoire. Elle compatit à la douleur de leurs familles, à qui leur exprime sa très profonde compassion.

L’Opposition politique a rendu visite aux blessés soignés dans les différents postes hospitaliers du pays. Ces visites vont se poursuivre. L’Opposition politique souligne ici la nécessité d’une commission d’enquête, pour situer les responsabilités et, le cas échéant, donner les suites judiciaires qui s’imposent.

Aux nombreux blessés, dont par balles, que l’on a enregistrés, l’Opposition politique souhaite un prompt rétablissement, et une reprise rapide de leurs activités professionnelles.

Dans le tumulte des évènements, des biens privés ont été saccagés, et l’intégrité physique de nombreux citoyens a été violée. L’Opposition redit ici, que tous ces actes de vandalismes sont le fait de personnes mal intentionnées, qui profitent toujours de ce genre de situation pour commettre leur forfait.

Les burkinabè sont témoins, que les actions organisées par l’Opposition politique, marches ou meetings, n’ont jamais donné lieu a quelque débordement que ce soit.

A tous les burkinabè victimes de ces actes inqualifiables, l’opposition présente ses regrets et sa solidarité.

Dans le vide créé par la démission de Blaise Compaoré, notre armée nationale a pris ses responsabilités, en prenant en charge la destinée du pays, et a désigné un de ses membres, le Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac Zida, pour diriger une transition.

L’Opposition politique burkinabè, républicaine par essence, a toujours eu une considération importante pour notre armée, et pour toutes les forces de défense et de sécurité.

Membre à part entière de la communauté nationale, garante de l’intégrité territoriale de notre pays et de la sécurité des burkinabè, l’armée demeure une composante essentielle de la vie de la nation, dont la contribution sera toujours demandée, pour assurer la stabilité et le progrès de notre pays.

La démission et le départ de Blaise Compaoré, posent désormais la question cruciale de la transition.

Dans ce cadre, et fidèle aux valeurs universelles qui guident l’action démocratique, prenant en compte les normes en vigueur sur le plan international, l’opposition a déjà dit qu’elle souhaitait, que la transition soit démocratique et civile.

Mais l’Opposition est d’avis, que le modèle de transition démocratique et civile qui pourrait conduire notre pays à une nouvelle vie constitutionnelle normale, ne peut être que le résultat d’un consensus national, obtenu à la suite de concertation larges impliquant toutes les forces démocratiques et sociales, et toutes les institutions du pays, y compris notre armée nationale .

Pour l’Opposition politique, en ces heures difficiles pour notre pays, c’est aux burkinabè qu’il appartient d’imaginer le modèle de transition démocratique et civile, qui répond le mieux à la question du moment. Comme tous les burkinabè, l’opposition politique est d’avis que la résolution de la question de la transition est urgente, afin de lever les incertitudes sur l’avenir du pays, permettre un fonctionnement normal des services et une reprise effective des activités socio-économiques. Cette résolution est d’autant plus urgente, qu’elle nous permettra d’éviter les sanctions de la communauté internationales, et dont les conséquences seraient dommageables pour notre pays.

Dans ce contexte, l’Opposition politique salue la disponibilité de notre armée, à ne rien décider sans consulter les forces vives de la nation. Lors d’une importante rencontre à laquelle l’opposition politique a été conviée hier après-midi, le Lieutenant Colonel Yacouba Isaac Zida dit son entière disponibilité pour des concertations avec toutes les forces vives de la nation, en vue de trouver la formule appropriée, inclusive et consensuelle, d’une transition politique.

L’Opposition politique tient à saluer cette prédisposition, qui augure d’un traitement consensuel de la question de la transition. Au cours de cette rencontre, promesse a été faite à l’opposition politique qu’un document sur le schéma de la transition lui sera proposé, en vue de recueillir ses observations.

Lorsqu’elle recevra ce document, l’opposition politique, dont un groupe de travail travaille actuellement sur la question, pourra finaliser ses propositions, et les présenter dans le cadre des concertations prévues.

Dans la situation actuelle que vit notre pays, l’opposition appelle tous les burkinabè à la responsabilité et à la retenue. Notre pays doit demeurer uni, car il a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles, pour se sortir de la tourmente, et construire sereinement son avenir.

Mes collègues et moi sommes à votre disposition pour répondre aux éventuelles questions que vous voudrez nous poser.

Je vous remercie.

Le Chef de File de l’Opposition Politique

 
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