jeudi, 21 mars 2019
 

« Non à une culture à grande échelle du jatropha ! » … et des autres agro-carburants au Burkina Faso

Cette position de la CPF (Confédération Paysanne du Faso) date de 2012, mais elle a été reprise il y a peu. Dans un article du bulletin trimestriel d’information de la CPF, celle-ci explique sa position en ces termes :

•Au regard des techniques culturales actuellement vulgarisés (association aux cultures vivrières ou plantation pure) ;

•Compte tenu du faible rendement de cette culture dans les conditions climatiques du Burkina ;

•Dans la mesure où des pays plus nantis aux plans climatiques (Brésil, Madagascar) ont, aux termes d’expériences non fructueuses, abandonné la production du jatropha ;

•Considérant qu’une substitution des énergies fossiles par les agro-carburants induirait à terme un accaparement des bonnes terres agricoles au Burkina Faso (en effet, selon une étude du Ministère de l’Agriculture … il faudrait entre 869 000 à 5 millions d’hectares de jatropha pour couvrir la consommation actuelle du Burkina en énergies fossiles ;

•Etant donné qu’aucune n’a prouvé, à ce jour, un réel potentiel du jatropha pour l’exploitation forestière et faunique ;

•Vu que le jatropha est en concurrence avec la sécurité alimentaire en étant produit sur des terres fertiles et non sur des terres arides ;

•Vu que très peu de résultats de recherche existe sur les avantages comparatifs du jatropha cultivée à grande échelle ;

•Vu qu’ils existent d’autres sources d’énergies propres non concurrentielles des cultures vivrières ;

•Vu le risque qu’à terme, la production des agro-carburants soit davantage exportée que consommée localement (en effet, à l’heure actuelle, les pays développés ont tendance à substituer progressivement les énergies fossiles par des énergies renouvelables dont prioritairement les agro-carburanats ;

•Fidèle à sa vision, réaffirmant son attachement à la défense de l’exploitation familiale et soucieuse de la promotion de la souveraineté almentaire au Burkina ;

La CPF, à l’état actuel, s’oppose au développement de la production du jatropha et des autres agro-carburants au Burkina Faso. Pour ce faire, la CPF :

•Demande aux ministères de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur de commander des études approfondies sur la toxité du jatropha et sur son effet de contagion ;

•Invite l’Etat burkinabè à surseoir à la promotion du jatrophaet des autres agro-carburants dans les politiques agricoles et énergétiques ;

•Invite le ministère en charge de l’énergie à mettre le cap sur la promotion de l’énergie solaire et éolienne au détriment du jatropha et des agro-carburants ;

•Suggère aux producteurs déjà engagés dans la culture du jatropha de privilégier la plantation de haies vives au détriment de la culture associée ou pure ;

•Interpelle les décideurs politiques sur les risques sanitaires liés à l’utilisation des unités de production d’huile de jatropha à des fins de production d’huiles alimentaires ;

•Encourage le ministère en charge de la recherche agricole à mener des études sur la rentabilités technico-économique et social du jatropha ;

•Interpelle les promoteurs du jatropha à faire preuve de transparence dans la diffusion de l’information sur la plante.

La Confédération Paysanne du Faso

 
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