lundi, 11 décembre 2017
 

Protéger et assurer la victoire populaire au Burkina

Pilier de la Françafrique, Blaise Compaoré a été pacifiquement chassé par la rue.

Nous saluons le courage du peuple du Burkina, et la mémoire de ceux qui sont tombées pour cette libération.

À l’instar de ce qu’il fit aux premières lueurs de l’indépendance contre le régime ubuesque de Yameogo, le Peuple du Burkina, sorti de sa torpeur par le tripatouillage de l’article 37 de la constitution a gonflé les rangs de ceux et celles qui ont résisté 27 ans durant contre le régime Compaoré et la françafrique.

La magistrature, les élus et l’armée doivent choisir de façon imminente leur camp contre le régime françafrique aux abois. L’impunité qui n’a que trop perduré et la cooptation des forces vives de la nation par le pouvoir de Ouaga arrivent à son terme. Le régime et ses sbires cherchent à se tapir dans des niches cossues de régimes alliés de la sous région, qu’il a lui même aidé à s’installer. Pièce maitresse de la Françafrique de l’OTAN et de l’Africom, le régime Compaoré a longtemps déstabilisé tous les pays et les forces sociales de la sous région. Il a permis d’y déposséder et brader les ressources naturelles et enrichir des pans entiers de pouvoirs oligarchiques dans le monde. Ce régime terrassé garde une grande capacité de nuisance.

Depuis 27 ans, la sève féconde de Thomas Sankara, impunément assassiné avec une dizaine de personnes par le régime Compaoré, irradie la résistance au Burkina et dans le monde. Après 18 ans de vaines procédures juridiques, une portion de la magistrature du Burkina osera, nous l’espérons, donner raison à la lutte contre l’impunité. La Campagne internationale justice pour Sankara escomptant traduire dans les faits la décision historique du Comité des droits de l’homme, est toujours pendante dans la requête en assignation et exhumation de la tombe de Sankara. Nous demandons à toutes les forces vives du Liberia, de Sierra Leone, du Togo, de Côte d’Ivoire, de la France et des États Unis de redoubler d’ardeur pour ouvrir les archives et délier les langues. Il faut tourner une fois pour toute la page de l’impunité.

Aujourd’hui les militaires, qui n’ont que trop perturbé la vie politique de ce pays, doivent céder le pouvoir à l’ordre politique et civique. L’armée et ses composantes se disputent une transition qui doit non seulement se dérouler de façon pacifique, mais au plus tôt permettre l’organisation d’élections libres et transparentes. Les forces de la résistance doivent rester unies pour atteindre cet objectif. Les forces sankaristes doivent s’unir pour veiller à ce que la transition accouche d’une ère traduisant fidèlement les aspirations démocratiques et populaires.

Coordination, CIJS

Campagne Internationale Justice pour Sankara

 
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