vendredi, 24 novembre 2017
 

Rencontre fructueuse entre l’UNIR/PS (Burkina Faso) et le NPA (France)

Pour la deuxième fois une délégation du groupe de travail « Afriques » (GTA) du NPA a rencontré un représentant de l’UNIR/PS (l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste) du Burkina Faso.

Cette organisation qui est née en mars 2009 est le fruit de l’unification de plusieurs organisations sankaristes l’UNIR/MS, la CPS (Convention Panafricaine Sankariste) une partie du FFS (Front des forces sociales) et des indépendants. Elle se réclame de l’action de Thomas Sankara qui reste une référence sur le continent africain. Il a entrepris une politique indépendante des puissances impérialistes en se basant sur les organisations populaires, et a développé une politique d’autosuffisance. Avec la bénédiction de la France, il fut renversé et assassiné. L’UNIR/PS est la principale organisation de l’opposition avec une représentation parlementaire de cinq députés et de dizaines d’élu-e-s dans les municipalités. D’autres organisations de l’opposition siègent aussi à l’Assemblée Nationale, notamment le PDS (Parti pour la Démocratie et le Socialisme), Metba Faso (Metba en mooré veut dire bâtisseur et Faso en en dioula signifie patrie ou république) le FFS (Front des Forces Socialistes) se réclamant elle aussi du sankarisme. La question de l’unification de celle-ci et de sa capacité à présenter une réponse alternative au gouvernement de Blaise Compaoré est d’ailleurs un débat qui traverse l’ensemble de l’opposition. Après avoir dirigé le coup d’Etat contre Thomas Sankara, Blaise Compaoré s’est installé au pouvoir depuis maintenant 24 ans. Ainsi au fil du temps, il est devenu une pièce maîtresse dans le dispositif de l’impérialisme français, jouant à tour de rôle le pyromane et le pompier dans la crise ivoirienne, intervenant aussi comme médiateur en Guinée. Toujours aux ordres de Paris il a accepté sans sourciller le stationnement des troupes françaises, plus d’un millier de soldats, dans la lutte contre Al Qaeda au Maghreb Islamique ainsi que les injonctions du FMI et de la Banque Mondiale et devient également terre d’accueil des OGM malgré l’opposition des paysans. Compaoré a bien compris que servir docilement l’impérialisme français, au détriment de son propre pays, est le gage de sa longévité au pouvoir, même si l’implication de son frère dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, journaliste respecté dont les enquêtes d’investigation sur la corruption gouvernementale était très populaire, provoquera une immense mobilisation populaire qui a failli le renverser. Les élections présidentielles de novembre 2010 présentent une particularité pour un pays de 16 millions d’habitants dont trois seulement sont sur les listes électorales et la moitié seulement pourront voter car titulaire d’une carte d’identité. Ainsi des millions de personnes sont, de fait, écartées du droit de vote. En parallèle de la campagne électorale, le CDP (Convention pour la Démocratie et le Progrès) parti présidentielle, fait de l’agitation autour de l’abrogation de l’article 37 qui permettrait au président en place de se porter de nouveau candidat en 2015. L’UNIR/PS a décidé de présenter Bénéwendé Stanislas Sankara (il n’y a pas de lien de parenté avec Thomas Sankara) à ces élections présidentielle. Avocat, il assurera la défense des salariés licenciés des entreprises privatisées, sera aussi l’avocat du collectif Norbert Zongo et participe activement à la campagne internationale « justice pour Thomas Sankara ». L’UNIR/PS se positionne sur un programme de défense des acquis sociaux des populations frappées de plein fouet par la crise alimentaire. En effet, entre 2007 et 2008, le riz a augmenté de 34% et l’huile, toujours sur cette même période, de 132 % ! Mais aussi par la vague de privatisation qui a enrichi le clan du pouvoir en provoquant des milliers de licenciements, en augmentant les prix pour les consommateurs et pour des prestations rendues dégradés. Nos deux organisations sont tombées d’accord sur l’importance de continuer et d’approfondir nos relations, d’autant que l’implication de l’impérialisme français, tant au niveau économique, politique et militaire sont importantes au Burkina Faso. Un large accord s’est dessiné sur l’importance que les forces de la gauche radicale en Afrique puissent se rencontrer, partager les expériences de lutte, réfléchir ensemble sur les alternatives à construire face à la domination impérialiste et engager les luttes à l’échelle continentale. L’échéance du forum social qui se déroule à Dakar en février 2011 sera, sans conteste, une importante étape vers cet objectif.

Le groupe de travail « Afriques » (GTA) du NPA

 
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