jeudi, 19 septembre 2019
 

Ségolène Royal et le Burkina comme Michèle Alliot Marie et la Tunisie

Ségolène Royale a-t-elle oublié le ridicule dans lequel a sombré Michèle Alliot Marie à propos des évènements de Tunisie ? Lorsqu’elle s’était proposé d’apporter l’expérience française à la répression du peuple tunisien ? Ce qui lui a valu de disparaitre (pour combien de temps ?) d’abord du gouvernement, puis de la vie politique française.

Les comptes rendus du séjour de Ségolène Royale ne dise pas si elle a été invitée à la somptueuse résidence personnelle de Blaise Compaoré, qui possède parait-il un zoo personnel, comme Michelle Alliot Marie l’avait été en Tunisie, si on lui a proposé de passer ses vacances au Burkina…

Ainsi donc Madame Ségolène Royal a salué "la sagesse, l’expérience, la volonté toujours renouvelée, et les ambitions" du Président du Faso de toujours faire avancer son pays, la sous-région et l’Afrique et d’ajouter : « Le Burkina peut compter sur moi dans sa volonté de redorer son image à l’étranger »

Présente en novembre 2011 à l’occasion réunion l’Assemblée générale de l’AIRF (Association Internationale des Régions Francophones) elle a rencontré Blaise Compaoré le 25 novembre. Les comptes rendus du séjour de Ségolène Royale ne dise pas si elle a été invitée à la somptueuse résidence personnelle de Blaise Compaoré, qui possède parait-il un zoo personnel, si on lui a proposé de passer ses vacances au Burkina, comme le faisait régulièrement Michelle Alliot Marie en Tunisie au frais du peuple tunisien …

Par contre Madame Ségolène Royal s’est répandue dans des déclarations élogieuses . Elle a salué "la sagesse, l’expérience, la volonté toujours renouvelée, et les ambitions" du Président du Faso de toujours faire avancer son pays, la sous-région et l’Afrique et d’ajouter : « Le Burkina peut compter sur moi dans sa volonté de redorer son image à l’étranger »

Ne connait-elle donc pas le passé de Blaise Compaoré et la situation actuelle du Burkina Faso, ou bien, bien qu’informée, est-elle plus obsédée par sa carrière internationale… Nous nous permettons donc de lui rafraichir la mémoire sur ce sinistre personnage qui risque bien de connaitre le sort de Ben Ali ou de Moubarak…

Blaise Compaoré (avec Khadafi) a en effet aidé Charles Taylor et ses amis à préparer l’assaut contre le Libéria fin 1989. Des troupes du Burkina ont même été engagées sur le terrain. Un conflit qui allait durer jusqu’en novembre 2000 après s’être étendu en Sierra Leone, « Le résultat de cet exercice criminel a été le meurtre, le viol et la mutilation de 500.000 personnes en Sierra Leone et de près de 600.000 au Liberia » affirmait M. Crane ancien procureur du Tribunal spécial des Nations unies pour la Sierra Leone (TSSL)( United States Department of State (Washington, DC) 11 Avril 2006) . Il poursuivait : « Charles Taylor était « la pièce maîtresse d’un plan géopolitique de dix ans » mis en oeuvre à la fin des années 80 par le Libyen Mouamar Kadhafi. Il s’agissait de recruter des individus qui fomenteraient la rébellion, s’empareraient du pouvoir dans leur pays et deviendraient des pions de Kadhafi qui, ainsi, aurait les mains libres en Afrique de l’Ouest. « Nous avons des preuves incontestables de cela. » Parmi les individus ainsi recrutés se trouvaient Foday Sankoh, ancien chef du RUF (Front révolutionnaire uni) ; Blaise Compaore, actuel président du Burkina Faso ».

Depuis Blaise Compaoré a largement dépassé le record de longévité au pouvoir. Voilà Déjà 25 ans qu’il s’est emparé du pouvoir en participant à l’assassinat de Thomas Sankara, tuant l’espoir de tout un continent. Thomas Sankara est devenu depuis le modèle de la jeunesse africaine. A titre de comparaison, seul Louis XV en France a dépassé une telle longévité au pouvoir. Belle référence !

Le soutien de Blaise Compaoré est-il donc si important ? C’est vrai qu’il est désormais le chouchou des pays occidentaux. En plus, il vient d’être accusé par Robert Bourgui, d’avoir avec son ami Salif Diallo, de retour au pays, passé des valises d’argent pour certains hommes politiques français… Des fois qu’on ait besoin d’argent…

Signalons en passant que le Commissaire européen en charge du Développement, le Letton Andris Piebalgs, a chanté à peu près la même musique devant la presse burkinabè a changé à peu près la même musique : « Dans notre revue à mi-parcours, le Burkina a reçu la note la plus élevée de tous les pays et nous pourrons augmenter l’enveloppe de la coopération à 20%, soit un montant de 100 millions d’euros. », a conclu le Commissaire européen. »

On apprend par ailleurs qu’il avait été question d’annuler la réunion l’Assemblée générale de l’AIRF (Association Internationale des Régions Francophones) pour laquelle Ségolène Royale s’était déplacée : « Nous avons d’ailleurs été remerciés pour avoir maintenu la tenue de l’Assemblée générale de l’AIRF à Ouagadougou parce que les gens croyaient qu’on l’aurait annulée ou délocalisée à cause des troubles sociopolitiques que le Burkina a connus. J’ai absolument refusé d’annuler la rencontre sous prétexte qu’il y avait eu des problèmes qui, du reste, avaient été surmontés. Par cette réunion internationale, le Burkina a pu profiter de cette tribune très positive pour redorer son image. » Merci Ségolène. à charge de revanche ?

Ainsi donc, certains n’avaient pas oublié les troublés du printemps dernier et voulaient déplacer la réunion dans un autre pays et c’est donc Ségolène Royale qui insister pour qu’elle se tienne au Burkina, « sous prétexte que les problèmes sociaux ont été réglés ».

Sans soute va-t-elle rester sourde à ces rappels mais ses électeurs peut-être pas. Il est bon en tout cas que nous leur rappelions quel homme elle est venue soutenir.

Ségolène se présente comme pionnière de la démocratie participative, mais quand elle part au Burkina elle ne prend visiblement pas le pouls de ce pays. Mieux selon, renseignements pris, elle n’a même pris le temps de rencontrer l’opposition… Ce qui aurait été tout de même un signe positif de sa part et du parti socialiste, en tout cas pris comme tel par le peuple burkinabè qui n’en peu plus de Blaise Compaoré, et de son régime… et qui le montrera probablement très bientôt. Cela lui aurait évité de dire que les problèmes sociaux sont réglés. Mme Ségolène Royale n’a donc pas compris que si la révolte a éclaté après la mort d’un lycéen, et qu’elle s’est propagée comme un flambée de poudre, c’est bien parce que la crise de pays est profonde… Sociale bien sur, comme en témoigne les nombreux conflits sociaux, mais aussi les manifestations d’élèves et d’étudiants récurrente, y compris encore ces derniers jours.

C’est bien le régime que la révolte a dénoncé, les jeunes brulant les mairies, les commissariats, les résidences des sommités du régime… Et nous ne parlons pas des mutineries des militaires, pillant à qui mieux mieux, révélant une profonde déliquescence de l’armée, et donc de l’Etat.

Certes les syndicats ont tiré quelques acquis ce cette révolte. Pour sortir de la crise le pouvoir a mis en place un toute une procédure des commissions consultatives pour des réformes politiques (CCRP). Une bonne partie des partis de l’opposition ont refusé de participer s’il n’y avait pas d’engagement au préalable de ne pas toucher à l’article 37 de la constitution qui permettrait à Blaise Compaoré de se représenter en 2015 ce qu’empêche la constitution actuelle. Or Ye Bongnessan, nommé ministre chargé des réformes politiques, président de CCRP a déclaré lui-même qu’on pourrait aller à un référendum sur cette question. Dans un pays aux scores staliniens, c’est une façon imparable de modifier la constitution et de permettre à Blaise Compaoré de rester au pouvoir alors qu’en 2015, cela fera déjà 28 ans.Voilà pour la démocratie eu Burkina.

Quand aux capacités de Blaise Compaoré à instaurer la paix, ce mythe largement répandu par les puissances occidentales est loin de correspondre à la réalité. Par exemple on ne peut pas dire que l’accord signé en Côte d’Ivoire qui a connu la crise que l’on connait ait été une grande réussite.

Mais surtout nous renvoyons aux rapports de l’ONU qui dénoncent le Burkina comme impliqué dans le trafics d’armes et de diamants lors de la guerre au Libéria. Aux récents travaux du procès spécial sur la Sierra Leone où la défense a demandé publiquement pour quelles raisons Compaoré et Kadhafi n’étaient pas sur le banc des accusés. Plus récemment d’autres rapports de l’ONU ont montré que les rebelles continuaient de recevoir des armes via la Burkina à l’approche des élections en Côte d’Ivoire.

Quant à l’engagement écologique du Burkina, Ségolène ne peut pas ne pas savoir que ce pays est le champion du coton OGM. Mieux un des ministres Laurent Sédogo, vient de déclarer le 8 décembre (source http://lefaso.net/spip.php ?article45294&rubrique2 ) : « Nous avons décidé de faire de cette filière une source de revenu pour le pays et les producteurs. Nous avons mis 6 ans à débattre sur la question. C’est après cela que nous avons approché la firme Monsento et nos scientifiques ont même été formés à la technique. Aujourd’hui, nous sommes à près de 75% de production de coton transgénique. » Mais pour l’instant, rassure le ministre, « il n’est pas question de riz ou de maïs transgéniques, même si nous travaillons sur la technique. Quand viendra le moment de poser le problème, nous reprendrons les débats. Et si les gens marquent leur accord, en tant que ministre de l’Agriculture si je suis encore là, je mettrai ces décisions en application. » Autrement dit, non seulement nous persistons dans le coton OGM, mais nous étudions la possibilité d’introduire le riz et le Maïs OGM. Vous vous vantez d’être un département agricole ? Allez donc devant les paysans et les autres électeurs leur proposer que le maïs soit OGM à 70% dans votre département et de développer la rechercher pour le blé OGM pendant qu’on y est !

Même Ségolène Royale, il n’y a pas meilleur aveugle que celle qui ne veut rien voir ! Soit vous avez mal préparé votre voyage et vous donnez raison à ceux qui vous accusent de ne pas être compétente, soit alors votre égo personnel et votre carrière personnelle passent par une reconnaissance internationale via le Burkina de Blaise Compaoré. Dans les deux cas, vous êtes déconsidérée à nos yeux, et aux yeux du peuple de gauche. Mais attention un jour Blaise Compaoré ne sera plus au pouvoir. Les citoyens feront alors l’inventaire de tous ceux qui sont venus le soutenir.

Quant au parti socialiste, il est temps qu’il sache choisir entre les héritiers de Jean Pierre Cot ou ceux de Guy Penne. Ségolène Royale semble avoir choisi. Guy Penne est décédé. L’association des amitiés France Burkina, qu’il avait créée avec des anciens ministres de la coopération du centre et de droite semble moribonde depuis, mais le voyage de Ségolène Royale semble démontrer que les réseaux françafricains sont toujours en action.

Les citations des déclarations de Ségolène royale sont issues de Source : http://www.segoleneroyal-meag.com/a...

Bernard Farguet

Source : http://www.blaisecompaore2015.info

 
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