vendredi, 18 octobre 2019
 

Côte d’Ivoire : Une journée avec les balayeuses d’Abidjan

Vêtue de blouses vertes ou oranges, les balayeuses d’Abidjan ont la lourde charge de rendre matin et soir les rues de la capitale Ivoirienne propres. Pion essentiel de l’opération pays propre initiée par les nouvelles autorités Ivoiriennes depuis le moi de mai, elles travaillent dans des conditions assez difficiles à la merci des automobilistes souvent imprudents et elles sont obligées d’acheter elles-mêmes leur propre matériel de travail. Chaque femme débourse en moyenne 500 francs par semaine pour l’achat de deux balais indispensables à son activité, un cache-nez à 700 f et est tenue de remplacer son sceau à 1000 francs l’unité pour le ramassage lorsque le besoin se fait sentir. Cela ne poserait aucun problème si ces femmes étaient bien payés malheureusement les arriérées de salaire s’accumulent au fil des mois. 3 mois, 4, 5 ou même 6 dans certaines entreprises ! « Les agents recruteurs sont arrivés et après avoir écrit nos noms sur une feuille ils nous ont donné la garantie que nous serons payé à 3000 f par jour. Puis ils sont passés à 2500 puis 2000 ! Après trois moi de travail nous n’avons pas reçu un seul centime. Nos patrons nous disent que l’Etat n’a pas encore versé notre argent » affirme Djénébou.

Celles que ces femmes appellent patrons ne sont que des intermédiaires chargés de la supervision des activités de nettoyage et du recrutement. Kouassi Monique est l’une des rares que nous retrouvons sur le terrain et elle ne cache pas les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées mais pour défendre certainement les intérêts de son entreprise elle insiste sur le fait que les femmes seront payé dans les jours qui viennent et même soignées. En attendant que les véritables propriétaires ne se montrent pour assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs employés les drames sur le bitume s’enchainent au quotidien. « Une de nos collègues a été fauché par une voiture. Elle a été conduite à l’hôpital par les pompiers. Les patrons sont venus la voir mais ne l’ont pas pris en charge : elle a dû se soigner elle-même » nous explique Adja. Les femmes sont livrées à elles-mêmes et elles ignorent pour la plupart où se situe le siège des entreprises qui sont sensées les embaucher.

Grâce à des numéros griffonnés sur un bout de papier par nos balayeuses nous avons pu joindre deux entreprises qui n’ont pas pu justifier leur existence légale. D’autres responsables n’ont pas souhaité répondre à nos questions faute d’une autorisation de leur hiérarchie. Avec des entreprises fantômes qui pullulent dans le domaine des travaux de nettoyage les balayeuses d’Abidjan ont peut le dire sont des victimes qui auront du mal à se faire entendre à plus forte raison toucher l’intégralité de leurs salaires.

Pour écouter le reportage : http://youtu.be/SJ9NwbYjCL4

SUY Kahofi

Source : http://eburnietoday.mondoblog.org

 
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