mardi, 16 juillet 2019
 

Crise ivoirienne (1)

La Côte d’Ivoire et l’Afrique à un tournant de l’Histoire ce dimanche 28 novembre 2010

Nous Africains, du continent et de la diaspora, nous rendons-nous bien compte de l’importance que revêt l’élection en Côte d’Ivoire ? Ce qui se joue en Côte d’Ivoire à partir de ce dimanche 28 novembre 2010 est bien plus qu’une élection présidentielle. L’évènement appelle à une vigilance extrême de la part des Africains et leurs amis humanistes et démocrates à travers le monde. Il s’agit d’une étape majeure dans le long processus de libération de l’Afrique et de l’Homme Africain, « Noir », sorti de l’Histoire officielle depuis plusieurs siècles par des réseaux mercantilistes armés. C’est l’une des grandes occasions insoupçonnées pour l’Afrique de desserrer le noeud coulant que cette mafia militaro affairiste internationale détient et qu’elle pousse chaque jour un peu plus autour du cou de chaque Africain. Ce n’est plus un secret pour personne qu’en Afrique, le principal maillon - relais de cette mafia internationale est et demeure encore la Françafrique, malgré une certaine mutation en cours vers une plus grosse nébuleuse déjà surnommée Eurafrique. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire du peuple de Côte d’Ivoire, mais celle de tous les Africains. La consolidation de ce système dans un de nos pays quel qu’il soit est une menace directe sur les voisins et audelà. Dans le cas présent, les Togolais et les Burkinabés sont autant que les Ivoiriens bien placés pour savoir comment leurs différents pays servent alternativement de plateformes logistiques aux réseaux de la Françafrique contre chacun de ces pays. Faut-il encore rappeler que la principale approche de cette Françafrique repose sur la maîtrise du sommet de chaque Etat d’une Afrique taillée et morcelée à dessein ? Le sommet de l’Etat étant copté, formaté et missionné pour les intérêts de cette Françafrique. Cette stratégie a fonctionné à plein régime presque partout en Afrique, en particulier dans sa partie dite « francophone » où les peuples sans défense sont perpétuellement manipulés, écrasés et tenus en respect. Sauf pour quelques cas rarissimes parmi lesquels le peuple de Côte d’Ivoire qui, périlleusement, donne du fil à retordre au système depuis plus d’une décennie. Ce 28 novembre 2010, le peuple de Côte d’Ivoire va confier sa destinée pour les cinq prochaines années. Comme il l’a prouvé depuis plus de dix ans, il y a de quoi être rassuré qu’il ne se trompera pas entre ses propres intérêts et ceux de la mafia internationale. Aucune hésitation n’est de mise, entre d’une part la consolidation de la liberté, préalable à la créativité et au développement, et d’autre part le retour sournois à l’esclavage. L’occasion est indiquée pour dire aux chantres de la Françafrique que la diaspora africaine patriotique a l’oeil… Loin d’eux, doit être toute idée, toute tentation de créer encore de la chienlit en Côte d’Ivoire. A ce sujet, il serait malvenu que le récent et discret redéploiement de troupes françaises au Burkina Faso voisin au titre de la « lutte contre le terrorisme » soit plutôt une manoeuvre en rapport avec la Côte d’Ivoire. C’est ici également le lieu de rappeler l’échec de la manipulation ethnique de « l’ivoirité », créée à la fin des années 90 par l’ancien président Henri Konan Bédié, l’un de leur protégé devenu allié d’Alassane Ouattara en lice pour ce second tour de l’élection. L’histoire retiendra également les fiascos dramatiques que représentent le coup d’Etat de 2002, la rébellion armée, les « accords » de Marcoussis, les manipulations à l’UA et à l’ONU pour mettre le pays sous tutelle, le mitraillage de la jeunesse ivoirienne à Abidjan par les forces françaises, les services du « médiateur » Compaoré du Burkina Faso, etc. De tous ces échecs, les mentors français de ce système devraient définitivement tirer les leçons et laisser enfin le peuple de Côte d’Ivoire gérer ses affaires, sous peine de décrédibiliser et de ternir à jamais l’image de la France et du peuple français non associé à leurs obscures manoeuvres.

Vive la Côte d’Ivoire Libre,

Vive l’Afrique Indépendante !

Kofi Alouda,

Analyste géopolitique Membre de La Plateforme Panafricaine ppanafricaine@gmail.com

 
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