samedi, 23 juin 2018
 

Déclaration du conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG) relative à l’élection présidentielle du 27 juin 2010.

La tenue d’une élection présidentielle démocratique, libre et transparente constitue pour le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) une des conditions indispensables pour rétablir la paix et sortir du cycle de crises récurrentes que connait la Guinée.

Ainsi, le CNOSCG s’est résolument investi dans :

• L’implication des citoyens guinéens dans la tenue des élections

• Le contrôle de la validité des scrutins et de leurs résultats

• Le partage avec les populations, les institutions et les partenaires du rapport du déroulement des scrutins tel qu’il a été perçu et analysé par des acteurs indépendants.

La société civile guinéenne a donc décidé de faire entendre une voix indépendante sur le déroulement de l’élection. Le CNOSCG a mis en place un dispositif d’observation permettant de disposer d’un regard objectif et critique sur le processus et le scrutin, s’appuyant sur 964 observateurs déployés sur le territoire national.

Le jour du scrutin, les faits constatés révèlent :

- Une ouverture régulière des bureaux de vote avec des retards constatés dans quelques endroits ;

- Une forte affluence des électeurs dans les bureaux de vote ;

- La présence des représentants des candidats dans les bureaux de vote ;

- La neutralité de l’administration publique ;

- L’éloignement de certains bureaux de vote par rapport aux habitations dans quelques localités de l’intérieur.

Cependant, les informations recueillies auprès des observateurs de la société civile révèlent :

1. Quelques cas de Tentatives de fraude

Commune de Ratoma

- Les enveloppes des bureaux de vote N° 440 – 441 – 442 - 443 – 438 – 439 – 346 – 347 ont été ouvertes selon le constat de la commission de centralisation de Ratoma.

- Le PV du bureau de vote N° 7 ne contenait que la signature du président du bureau de vote.

- Koloma 1, dans le bureau de vote N° 174, tentative du chef de quartier à faire voter des électeurs à plusieurs reprises.

- Nongo, tentative d’un autre chef de quartier de faire voter 63 personnes à l’aide de cartes d’électeurs non délivrés aux titulaires.

Commune de Matoto

- Dabondy, dans le bureau de vote N° 116, il a été constaté un écart de 98 voix entre le suffrage exprimé lors du dépouillement et celui retrouvé au moment de la centralisation des résultats (666 au dépouillement et 568 à la centralisation).

- Enta-Marché, dans le bureau de vote 376, deux (2) résultats différents pour le même bureau de vote ont été transmis à la commission de centralisation.

- Sangoyah-Mosquée, tentative de vote par dérogation dans deux bureaux de vote différents.

KANKAN

- Farako 2, dans le bureau de vote N°99, un militant d’un parti politique a été renvoyé des abords du bureau de vote pour cause de propagande politique.

- Dar Es Salam, au bureau de vote N° 90, plus de votant que d’inscrit (Inscrits : 357 - votant : 957)

- Banankoroda, le bureau de vote N° 58 a été subdivisé en deux (2) bureaux de vote sans se référer à la CESPI. Les personnes affectées au second bureau de vote n’avaient reçu aucune formation préalable.

FARANAH

- bureau N° 171 : Tentative d’un chef de quartier de faire voter plusieurs personnes en se servant de cartes d’électeurs non retirées par leurs titulaires.

N’ZEREKORE

- Tentative d’utilisation de cartes d’électeurs falsifiées.

Les tentatives de fraude que nous rapportons ici ont été toutes déjouées grâce à la vigilance des organisateurs du scrutin et de la population elle-même.

2. Quelques Retards dans la centralisation des résultats

La centralisation des résultats a accusé un certain retard pour plusieurs raisons :

- Protestation des membres des bureaux de vote pour insuffisance de la prime accordée est insignifiante mais aussi toute la journée ils n’ont reçu d’approvisionnement en nourriture. Certains avaient refusé de rendre leurs résultats au départ (Kaloum, Coyah)

- Certains CECI n’ont pas pris toutes les dispositions pour assurer le ramassage des résultats des bureaux de vote de leurs circonscriptions électorales. Les membres de bureaux de vote ont été obligés d’acheminer eux-mêmes les résultats par leurs propres moyens (Matoto).

- Un accident de la circulation a retardé l’acheminement des résultats en provenance de la CRD de Béléya pour le centre de centralisation de Faranah.

3. Insuffisance techniques et organisationnelles

- Méconnaissance des opérations de vote et de l’utilisation du matériel électoral.

- Ouverture tardive des bureaux de vote pour cause de méconnaissance de la procédure par certains membres du bureau de vote ou à cause du manque de certains matériels de vote.

- Coyah/ Batiya : Fermeture tardive de certains bureaux de vote (jusqu’à 5h du matin ; deux bureaux de vote mis ensemble).

- Labé : Elimination des bulletins cochés sur le logo ou la photo du candidat.

- Matoto : Des urnes qui ne contiennent pas tous les bulletins de vote ;

- Coyah : Détournement du restant du matériel de vote par les membres du bureau de vote.

Malgré ces quelques insuffisances le CNOSCG se félicite du bon déroulement de l’élection présidentielle. Le CNOSCG, dans cette phase sensible et décisive, en appelle aux citoyens et à la classe politique de faire preuve de retenue et de responsabilité en attendant la publication officielle des résultats.

Le CNOSCG exhorte la CENI à respecter son devoir de sécuriser l’ensemble du processus et de veiller à ce qu’il n’y ait aucune tentative de manipulation du vote exprimé par les citoyens.

Ensemble pour un changement dans la paix.

Conakry, le 29 juin 2010

 
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