lundi, 24 septembre 2018
 

Electricité en Guinée : les reproches d’un syndicat contre le gouvernement...

CONAKRY- Le collège syndical de la société d’électricité de Guinée (EDG) a vivement critiqué ce mardi à Coléah , le projet de gestion que le gouvernement guinéen veut entreprendre au sein de cette société étatique chargée de la gestion et de la distribution du courant électrique en Guinée, a appris Africaguinee.com.

Le collège syndical de l’EDG juge défavorable cette action de privatisation que le gouvernement serait en train de préparer. Alors que le gouvernement guinéen avec le soutien de la société Financière Internationale (SFI) comme conseiller principal ; est en voie de lancer un appel d’offres international pour le recrutement d’un operateur privé pour diriger l’EDG dans le cadre du contrat de gestion. Mais le syndicat d’EDG n’entend pas de cette oreille. Il s’oppose catégoriquement au contrat de gestion proposé par le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique. Il recommande le contrat de service.

Pour eux, le contrat de gestion n’apportera rien à la Guinée, contrairement au contrat de service où la gestion serait selon le syndicat, partagée entre les partenaires et la Guinée.

Dans son intervention, le secrétaire administratif d’EDG, Madiou Diallo a déclaré que cet exercice est entrepris sans avoir fait une analyse préalable approfondie d’échec des précédentes tentatives de 1990 et 1994. Cette initiative est la troisième tentative de structuration et d’introduction du partenariat Public Privé dans le secteur de l’électricité en Guinée, déclare-t-il.

Face à la non implication du personnel et des partenaires sociaux de l’entreprise à la conception et à la mise en place du processus de reforme dont-ils sont les acteurs clés ; le secrétaire administratif a affirmé que les cadres de l’EDG et le syndicat ne veulent pas s’engager dans ce processus de reforme qui n’a pas été discuté et choisi de manière ouverte et transparente garantissant les chances de succès.

« On ne va pas cautionner l’achat par un petit groupe de personnes prétendant parler au nom de l’Etat. Ce petit groupe a fait croire à tout le monde y compris le président de la république, que le financement par la Banque Mondiale de 50 millions de dollars est conditionné à l’acceptation obligatoire du contrat de gestion », dénonce-t-il, ajoutant que les problèmes qui assaillent l’entreprise sont des problèmes de réseau.

Madiou Diallo assène : « nous avons clairement et ferment exprimé notre opposition au contrat de gestion à monsieur le ministre de l’énergie et de l’hydraulique et à son excellence monsieur le Président de la République. L’élément déterminant dans le redressement d’EDG est l’engagement ferme et pressant de l’Etat en matière d’investissements, d’étude tarifaire et de lutte contre la fraude de façon générale » dit-il.

Pour Laye Kouyaté, chargé de communication de l’EDG, ce qu’il faut pour sortir l’EDG dans cette problématique actuelle est l’appui des partenaires, dans la mise en œuvre d’une solution, qu’ils auront choisie d’une façon responsable et transparente.

Pour terminer, tirant les leçons des échecs lamentables du passé, qui ont soldé les précédentes expériences de contrat de gestion et d’affermage, laye Kouyaté soutient que, le syndicat et l’ensemble des travailleurs d’EDG recommandent le contrat de service en lieu et place le contrat de gestion, qui permettra de minimiser les risques d’échec. Il faut que l’électricité de guinée quitte le thermique pour l’hydraulique afin de soulager les guinéens ; a-t-il conclu.

Fatoumata Keïta & BAH Aissatou

Source : http://www.africaguinee.com

 
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