mardi, 26 septembre 2017
 

L’Aeem sur pied de guerre : Situation explosive dans les universités de Bamako

La tension ne retombe pas entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et la coordination nationale de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Après une courte trêve, l’AEEM vient de relancer le cahier des revendications.

Deux points étaient à l’ordre du jour : l’inscription des étudiants omis sans aucune pénalité, l’adoption de mesures d’accompagnement pour les 4000 étudiants exclus de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako et à la Faculté des lettres et de langues.

Selon le secrétaire aux revendications du bureau de la coordination, Abdoul Salam Togola, suite à la réforme engagée par le gouvernement en 2011 de scinder l’université de Bamako en 4 entités, l’USJPB a vu le jour avec la fusion de l’ex-Faculté des sciences juridiques et politiques et l’ex-CESB. Les étudiants ont été repartis entre les Facultés de droit public et privé.

A l’ouverture des classes au titre de l’année universitaire 2011/2012, le rectorat a instruit aux étudiants de l’ex-CESB inscrits dans leurs facultés respectives de ne plus s’inscrire. Mais il a été exigé à ceux qui n’étaient pas en règle de s’inscrire avec une pénalité de 26 000 F CFA. A la suite des opérations, beaucoup d’étudiants ont été informés qu’ils ne peuvent plus s’inscrire, mais qu’ils pouvaient se faire enregistrer. Cette mesure a occasionné des milliers d’omissions au sein des 2 facultés.

Pour une issue favorable, le comité AEEM a multiplié les rencontres avec le rectorat. Ce qu’a permis la mise en place d’une commission de crise. Les intéressés ont payé 26 000 F CFA comme frais d’inscription au titre de l’année universitaire de 2011-2012.

Pour la rentrée 2012-2013, tous les étudiants ont eu la possibilité de s’inscrire. Mais après la proclamation des résultats, plus de 3000 ont été omis sur la liste. L’argument avancé par l’administration est que les omis n’étaient pas enregistrés sur l’Artémise. Un logiciel de centralisation des dossiers des étudiants. Or, ce que l’administration feint d’ignorer, c’est que les intéressés se sont acquittés de leur devoir d’inscription et disposent de leur récépissé de versement.

Pour le secrétaire aux revendications, Abdoul Salam Togola, l’actuel recteur a tout gâché. « Nous en avons assez de lui. Rien ne marche dans cette université. Nos conditions de travail sont désastreuses« , s’insurge M. Togola.

Le secrétaire à la communication, Abdoulaye Maïga, enfonce le clou : « Les reproches que nous faisons sont fondés. Les universités vont mal, très mal. Nous ne pouvons pas cautionner cette attitude au recteur Salif Berthé, mais nous restons toujours dans la légalité pour revendiquer« .

A la Faculté des lettres, la coordination estime que le doyen Bougoutiè Coulibaly manifeste un manque de volonté politique. « Je m’interroge réellement sur la bonne foi de Bougoutiè. Les résultats publiés par les lettres ont exclu 1674 étudiants. Et la plupart d’entre eux se trouvent en 3e et 4e année. Face à cette situation, nous avons demandé de leur accorder des dérogations afin qu’ils puissent achever le cycle. Mais, il n’a pas accordé« , souligne le secrétaire aux revendications. Avant d’ajouter que les moyens d’action de l’AEEM restent les assemblées générales périodiques et les grèves jusqu’à la satisfaction des points soulevés.

Bréhima Sogoba

Source : http://maliactu.net

 
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