mercredi, 20 septembre 2017
 

La situation du Mali d’aujourd’hui

Amadou Seydou Traore , écrivain et editeur a Bamako,militant marxiste malien, fut après l’indépendance, jeune compagnon du dirigeant progressiste Modibo Keita, et déporte avec lui après le coup d’état militaire qui le renversa avec la connivence de l’Occident.

Le Collectif communiste Polex l’avait invité pour participer à un débat à la fête de l’Humanite, en précisant par lettre à l’ambassade de France au Mali que nous prenions en charge son séjour et le coût de son voyage ( environ 700 euros ,une somme énorme pour un retraité malien, qui n’émarge pas a la corruption fréquente à Bamako parmi les politiciens.

Vers la mi-août, notre camarade nous fit savoir que tout citoyen malien désireux d’obtenir un visa pour un séjour limite en France, devait déposer sa demande dans une banque ( ! ), avec une provision non récupérable en cas de refus d’une somme équivalant à une centaine d’euros( plusieurs mois de salaire malien ). La réponse, et un rendez- vous au Consulat de France, ne viennent parfois que plusieurs mois après.

Pour faciliter sa démarche, il a demande alors au Ministère des Affaires Étrangères du Mali d’intervenir.

Le 11 Septembre, il nous transmettait le message suivant : "Ce matin, j’ai passé 4 heures devant le Consulat de France. Le Ministère des affaires étrangères du Mali m’affirmait qu’il était en contact avec le Consulat français .C’est à croire que les autorités maliennes ne jouissent d’aucun crédit. Je ne suis pas surpris. C’est une position de la France officielle aux antipodes de la France réelle que vous incarnez !"

Ainsi, cet intellectuel progressiste de plus de 80 ans n’a pas eu le visa nécessaire pour se rendre en France quelques jours, alors que les autorités françaises n’ont jamais réussi (?) a empêcher plusieurs centaines de Français Islamistes d’aller rejoindre les insurges intégristes qui combattent en Syrie le gouvernement légal. Cela éclaire la prestation du Président Hollande ,qui est retourné jouer à Bamako le missionnaire de la "démocratie" a l’occidentale à l’occasion de l’intronisation du président malien IBK, socialiste comme lui, et de son premier ministre, un banquier fidèle aux recettes du Fonds Monétaire International.

Désole de ne pouvoir venir à la fête de l’Humanite, Amadou Seydou Traore nous a transmis une analyse de la situation dans son pays : Vous pouvez la lire ici.

FRANCIS ARZALIER

Pour comprendre la situation du Mali d’aujourd’hui il est indispensable de remonter au coup d’état du 19 novembre 1968. En effet, c’est à partir de cette date que le peuple du Mali a vu s’installer au pouvoir des personnes qui n’avaient que leur culot comme argument : « qui ose, gagne ! » était leur slogan.

Et jour après jour, année après année, ils ont œuvré à convaincre le peuple :

- 1. que l’on peut réussir sans s’instruire et sans travailler ; il suffit de faire de sa conscience un escabeau et de se livrer à tout ce qui permet de gagner de l’argent par les moyens les plus condamnables ;
- 2. que la vie se résume au plaisir et au loisir ; il faut s’y adonner avec frénésie. C’est l’époque de la prolifération des « grins », des clubs, des boites de nuit, des modes vestimentaires extravagantes, des chansons dévergondées, etc.
- 3. que le fonctionnaire surtout quand il est haut placé peut et doit s’en mettre plein la poche.
- 4. que l’uniforme militaire suffit pour avoir tous les passe-droits ; 5. que les normes sociétales peuvent être publiquement et impunément violées ;
- 6. que toutes les organisations conscientes sont muselées (partis, syndicats, etc,)
- 7. que la dictature au fur et à mesure qu’elle se renforçait, rompit la communication intergénérationnelle privant la jeunesse de toute possibilité de prise de conscience.

Ce pouvoir a régné sans partage pendant 23 ans sur le Mali. Il a procédé à la liquidation de toutes les valeurs sociétales du pays tout en prônant le contraire au point que l’un des membres de la junte, le Colonel Youssouf Traoré a pu qualifier le régime de « 23 ans de mensonges ».

Ce fut véritablement un régime de liquidation nationale qui a eu une influence catastrophique sur tous les aspects de la vie du peuple malien ; un peuple pourtant héritier d’une vieille et solide culture.

Aucun secteur de la vie nationale n’a échappé à son action néfaste : de l’armée à l’école malienne, des sociétés et entreprises d’état au commerce, de la justice à la santé, de la culture au sport, etc.

Au delà des destructions, prédations et liquidations matérielles dans tous les domaines, il est l’auteur principal du démantèlement de l’Homme Malien dans ses valeurs morales et patriotiques.

La paresse, l’inconscience professionnelle, les tricheries, l’effronterie, le dévergondage, le vol, les détournements de deniers publics, les passe-droits, l’indifférence du pouvoir devant les souffrances du peuple, la violence gratuite dans les rapports interpersonnels, l’incivisme, l’effondrement du système éducatif et des Sociétés d’État, l’étouffement du sentiment patriotique et tant d’autres tares sociales dont souffre le Mali d’aujourd’hui, furent sinon enfantées mais assurément aggravées en cette trop longue saison kaki.

L’attentisme, le parasitisme, la propension à tout espérer de l’aide, l’irresponsabilité ont été érigés en lois de l’existence chez le Malien moyen.

Prenons l’exemple de la question de l’armée. C’est sous ce régime que : 1. 10 jours après leur coup d’état, les lieutenants du 19 novembre 1968 ont dissout l’état-major général et mis à la retraite 11 commandants et colonels, décapitant ainsi l’armée.

2. le désordre et l’indiscipline ont été installés dans l’armée par ces putschistes qui n’avaient d’égard pour aucun principe.

3. Le Comite Militaire de Libération Nationale (CMLN) a tué dans les bagnes de Kidal et de Taoudénit plus de 75 officiers parmi les plus valables (groupe Diby Silas Diarra, etc.), sans compter les sous-officiers et soldats.

4. Le CMLN a empêché la formation militaire par crainte de putsch (on peut compter sur les doigts d’une main le nombre de manœuvres militaires en 23 ans)

5. Le CMLN a liquidé la flotte aérienne après avoir employé des avions militaires pour transporter des plats de riz commandés à Dakar pour éblouir ses invités du dimanche à Bamako ou pour aller essayer des robes de ses « dames » dans des ateliers de couture à Abidjan.

6. Le CMLN a négligé la maintenance des blindés et de la DCA. Au contraire les engins ont été cannibalisés et on retrouve encore aujourd’hui des dynamos et d’autres organes de chars dans des ateliers civils de soudure.

7. Les dirigeants du CMLN ont créé l’inflation des grades sans référence, en procédant à des nominations scandaleuses dont ils étaient les principaux bénéficiaires. Eux-mêmes dans un délire d’accaparement, se sont propulsés de lieutenants à colonels. Moussa Traore lui, s’est emparé en plus, de galons de général de brigade et de général d’armée. Et les avantages acquis de cette manière perdurent en salaires, pensions et autres.

8. Le CMLN a fermé l’unité de méharistes spécialement adaptée au combat en zone saharienne et vendu tous les dromadaires de l’armée.

9. Le CMLN a plongé les casernes dans un état de total délabrement. Les soldats mariés étaient obliges d’y construire de véritables gourbis faits de banco, de paille, de tôle ondulée et de cartons.

10. Le CMLN a introduit l’affairisme dans l’Armée et dans les Services de Sécurité en permettant tout aux militaires, policiers et gendarmes qu’il avait propulsés chefs d’arrondissements, Commandants de cercles, Gouverneurs, Diplomates, Ministres, Directeurs généraux de services ou d’entreprises d’Etat et qui sont devenus plutôt commerçants, entrepreneurs, hôteliers, etc.)

11. Le CMLN a instauré la délinquance et la corruption (vente de carburant stratégique et de pièces détachées, scandales dans l’Intendance et dans les différents corps, etc).

12. Les dirigeants du CMLN ont construit des « villas de la sécheresse » en 1972-1973 en vendant les dons reçus de l’Extérieur au lieu de les acheminer vers les populations qui mouraient de faim dans le Nord du Mali.

Samba Sangaré, rescapé du bagne a écrit dans « Le bagne-mouroir de Taoudénit » Si dans l’ensemble l’avènement des militaires au pouvoir par C.M.L.N. interposé a été une catastrophe, l’armée plus que tout autre corps socioprofessionnel en a payé le plus lourd tribut. Régulièrement elle a subi des purges sévères. Ses éléments, parfois les meilleurs, ont été envoyés par vagues successives dans les endroits les plus austères aux confins du Sahara, pour raison de complots ou tentative de coup d’Etat plus ou moins avérés.

Ce sont là quelques uns des actes majeurs qui ont porté un coup fatal à l’armée malienne.

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, tous les secteurs de la vie nationale ont subi le même genre de gros dégâts. C’est pourquoi toute analyse de la situation du Mali doit commencer par là, car ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence des destructions opérées au long des 45 dernières années par trois régimes (Moussa, Alpha et ATT) dont le premier est l’initiateur, les deux autres, des continuateurs pour l’essentiel. A l’évidence les rapports étroits qui ont toujours unis les trois hommes et les avantages qu’ils se sont mutuellement accordés s’expliquent surtout par le fait qu’ils ont le même point de vue. C’est là que réside l’explication des conditions luxueuses de logement et des libéralités accordées à Moussa Traore, un homme condamné à mort deux fois.

Problème du Nord Mali

Pour comprendre la genèse des évènements qui ont agité le Nord de notre pays, il faut savoir qu’il existe deux forces centrifuges : l’une d’origine externe et de nature impérialiste, la seconde interne et de caractère racial, quoique des alliances puissent les souder provisoirement même si, objectivement, des contradictions les divisent.

Le fait est que, malgré l’hostilité et l’opposition de plusieurs parlementaires d’Afrique du Nord et de l’Afrique Sud Saharienne, l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) fut créée par la loi française n° 057-7-27 de 10 Janvier 1957 parue dans le Journal Officiel de la République Française du 12 Janvier 1957. Le but officiellement proclamé était de « promouvoir toute mesure propre à améliorer le niveau de vie des populations et à assurer leur promotion économique et sociale dans le cadre d’une évolution qui devra tenir compte de leurs traditions »

Et Max Lejeune alors Ministre français, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie, déclarait : « Dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l’URSS la 3è puissance énergétique mondiale ». Et c’était bien là le véritable mobile de la création de l’OCRS qui a causé entre 1958 et 1960, une véritable fièvre dans les milieux capitalistes et gouvernementaux français.

Le projet OCRS échoua parce que le Gouvernement de la République Soudanaise dirigé par l’USRDA, s’opposa fermement à cette tentative d’atteinte à notre intégrité territoriale, et parce qu’il fut rejeté par la plupart des chefs de tribus et de fractions. Cette folle entreprise a donc été enterrée à l’installation du premier Conseil de Gouvernement de la République Soudanaise, en présence du Haut Commissaire de la France et de l’Inspecteur des Colonies : la partie soudanaise était représentée par le Vice-Président du gouvernement, Jean-Marie Koné et le Ministre de l’intérieur Mamadou Madeira Keita. Le projet d’amputation du territoire soudanais au profit de l’OCRS, fut retiré devant l’opposition ferme de la partie soudanaise.

L’année suivante, en 1958, en présence du Gouverneur Général des colonies Messmer en visite chez nous, le conseiller territorial de Goundam, Mohamed El Mehdi, chef général des Kel Antassar revendiquait l’indépendance de la zone saharienne qu’il voulait faire ériger en soi-disant « République des Lithamés » pour « soustraire les nomades blancs à la domination de leurs anciens esclaves noirs ». Le Gouverneur général Messmer envisageait favorablement la requête.

Le chef Kel Antassar persista dans sa volonté de sécession définitive qui aboutit, à la rébellion qui se manifesta dans l’Adrar des Iforhas et fut jugulée en 1964. Un noyau résiduel sécessionniste a persisté longtemps après et a trouvé refuge au Maghreb. Mais il reste que parmi les tribus touareg, le mouvement de rébellion n’ait touché ni les Ouilliminden de Ménaka, ni les Kel-Bourem, les Irreguenaten et les Iguadarane de Gourma Rharous, ni les Kel Temoulaït et les Tillémédès de Tombouctou, ni les Tingueréguif de Goundam et de Diré. Il en serait de même des tribus arabes des Kunta, des Tormoz et des Idreylouba et enfin parmi les Kel Tamashek des Deg Hawalane, des Kel Haoussa et des Kel Essouk.

La première rébellion, celle de 1963-1964 a été réglée par l’emploi simultané de solutions militaires et politiques. Sous la direction de l’USRDA, les notables et patriotes Tamasheq de l’époque ont amené plus de révoltés à rendre leurs armes aux autorités civiles et militaires que ne l’a fait l’armée malienne. Ce n’était pas un arrangement ; c’était un règlement. Comme le disait le Président Modibo Keita, « les problèmes, il faut les régler, car à force d’arrangements, on finit par déranger la République elle-même ». La solution a été tellement efficace que plus aucun des rebelles de cette époque n’a repris les armes. Ceux qui, 27 ans après se sont manifestés en 1989 n’ont rien à voir avec la première rébellion. . C’est ce qui transparait dans l’interview que le Président Modibo a accordée à des journalistes Algériens en aout 1964. Apres avoir précisé que le mouvement de rébellion de 1963 était « circonscrit dans le seul cercle de Kidal », le Président Modibo Keita a déclaré : « Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes françaises en raison de difficultés que la France avait rencontrées (alors que la République du Mali était le Soudan français)…pour intégrer ces populations accrochées à leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

Le deuxième élément, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été soumis à une administration militaire, et que certains officiers Français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective de constituer un état saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le nord des pays situés au sud de l’Algérie, avaient tenté de créer un sentiment anti-Noir dans cette région.

En effet, on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des « Blancs » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.

Le troisième facteur qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux. Enfin le quatrième point, c’est que ces populations nomades, précisément celles de l’Adrar des Iforhas, vivaient en marge de la société malienne et n’étaient pas accessibles à notre option d’une Nation malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute Volta (actuel Burkina Faso), la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.

D’autre part, l’exercice et l’édification économique du jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or les nomades de cette région avaient été habitués à vivre en dehors de toute réglementation ; c’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. … La République du Mali a mis un terme au système de servage, liquidé la féodalité… Les membres des conseils de fractions et de tribus étant élus par l’ensemble de la population de la fraction ou de la tribu, le chef de la fraction ou de la tribu ne peut rien décider sans qu’au préalable il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la fraction ou de la tribu…

Le dernier chef rebelle a été abattu en juillet dernier (1964)… pratiquement le mouvement a été liquidé et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.

Nous devons dire également que notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aidé nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésité à voisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles.

Il est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à l’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dans cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, le Parti, par les tournées de ses responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquidé »

Le régime CMLN-UDPM, tout en assurant la promotion personnelle de cadres nomades véreux, raviva l’opposition sédentaires et nomades jadis encouragée par le colonialisme, et la cristallisa en procédant à la surreprésentation des populations nomades au détriment de leurs compatriotes sédentaires,

S’agissant des solutions qui ont été choisies à partir de 1989, n’oublions pas que c’est le régime de Moussa Traoré qui a initié les négociations de Tamanrasset avec l’Algérie comme médiateur. Ce sont les décisions issues de ces négociations (programmes spéciaux de développement pour le Nord exclusivement, intégrations sauvages de prétendus combattants rebelles avec des grades fantaisistes, dans l’armée, la sécurité, la douane, l’administration et dans les hautes Institutions de l’état, versement de fonds importants a des soi-disant notabilités nomades chargées de traiter avec les preneurs d’otages, retrait de l’administration et des forces armées maliennes de tout le Nord, etc.) qui sont à l’origine de tous les accords qui ont suivi et qui sont autant de dérives ayant nourri les forces qui sèment la désolation aujourd’hui à Kidal, à Gao, à Tombouctou et ailleurs au Mali. Ni Alpha ni ATT n’ont été des initiateurs de cette solution. Ils n’en sont que des continuateurs plus excessifs par démagogie ou par naïveté.

C’est pourquoi la thèse qui consiste à limiter les dégâts aux seules 20 dernières années est inacceptable. Et dire que si Moussa était là, les choses se passeraient autrement est faux. Avec 22 ans de destructions ajoutées aux 23 ans qui ont provoqué la révolution de Mars 1991, le Mali serait dans un état de délabrement plus prononcé qu’aujourd’hui. Il faut d’ailleurs souligner que ce sont les anciens cadres militaires et civils du CMLN et de l’UDPM recyclés dans l’ADEMA, dans le Mouvement Citoyen et dans le PDES après avoir noyauté le mouvement du 26 mars 1991, qui ont poursuivi leur tâche néfaste au détriment des intérêts du peuple y compris par rapport à la rébellion.

L’acharnement à circonscrire le mal dans les 20 dernières années n’est en réalité, que la manifestation de la volonté de couvrir les crimes des 23 années qui les ont précédées avec en plus le secret désir de blanchir le régime de Moussa afin d’ouvrir un boulevard pour ses continuateurs. C’est une vaine tentative.

Aujourd’hui une certaine presse internationale et des organisations étrangères se disant préoccupées de droits de l’Homme parlent d’exactions contre des Tamasheq et des Maures. Où étaient-elles pendant toutes les rebellions qui ont fait tant de victimes innocentes au Mali depuis plus d’un demi-siècle ? Pourquoi n’ont-elles jamais réagi quand les rebelles commettaient leurs crimes contre les populations civiles et l’administration maliennes en 1963, 1989, 1996, 2006, 2012 et 2013 ? L’initiative de prendre des armes et de déclencher la guerre dans un pays n’est-t-elle pas en soi un crime contre l’humanité ?

Au Mali il y a de nombreuses ethnies : Sonrhaï, Dogon, Toucouleur, Touareg, Dafihng, Bamanan, Minianka, Arabe, Senoufo, Bwa, Maures, Shèmu, Mossi, Diakanke, Soninké, Mandeka, Khasonke, Kakolo, Bellah, Bozo, Somono, Samogo, Gana, Peuhl, etc. Elles ont toujours vécu ensemble dans la paix, l’harmonie la plus totale, l’amitié et la fraternité.

Dans son ouvrage intitulé « Afrique Noire Occidentale et centrale » l’historien Français Jean Suret-Canale écrit à la page 130 : « Voilà pourquoi Ibn Batouta pouvait encore écrire au XIVe siècle à propos de l’Empire du Mali : « Dans toute l’étendue du pays il règne une sécurité parfaite ; on peut y demeurer et voyager sans craindre le vol ou la rapine. »

C’est la qualité des rapports entre les populations du Mali et leur unité de volonté qui ont permis la réalisation de la victoire sur le colonialisme en 1960. Interrogés par la direction de l’USRDA à la veille du Congrès du 22 septembre 1960 sur leur avis quant à la proclamation de l’indépendance, les notables Tamasheq ont répondu : « Vous comme nous, nous nous sommes toujours battus contre l’occupation coloniale. Nous avons toujours vécu ensemble sur cette terre qui nous est commune ; mais, c’est à vous qu’on doit poser cette question car nous au Nord ici, nous n’avons jamais accepté la colonisation ; vous qui vous habillez comme les Toubabs (Européens), vous qui parlez leur langue, qui mangez comme eux, qui habitez des maisons comme les leurs, c’est à vous qu’on doit demander si vraiment vous êtes prêts à aller à l’indépendance ! Retournez à Bamako et dites-leur que nous sommes plus pressés qu’eux. »

L’adoption de la devise « Un peuple, Un But, Une Foi » vise à traduire la réalité de la densité des liens entre tous les Maliens. Le « sanankouya » (cousinage) existe entre toutes les ethnies et les classes d’âge, consacrant la bonne humeur et l’interdiction de se nuire les uns les autres. Depuis 1960, quelle ethnie ou tribu noire a pris les armes contre les autres pour quelque revendication que ce soit ?

C’est seulement parmi les Tamasheq que se sont formés des groupes qui ont osé prendre les armes contre le pays entier. Et pas qu’une fois. La première fois en 1963, une autre fois en 1989, une troisième fois en 1996, encore en 2006 et cette fois-ci en 2012.

Chaque fois, tout le reste du Mali ne fait que les subir, alors qu’ils sont minoritaires même au sein de leur communauté qui, elle-même, est entièrement prise en charge par le travail des autres Maliens.

Comment s’étonner alors, que le peuple souverain y compris les Tamasheq patriotes qui sont la majorité, réagisse fermement ? A l’égard de celui qui pointe son arme contre le drapeau, le pays et le peuple en formulant des exigences outrancières, quoi faire d’autre que d’appliquer l’injonction de l’Hymne national qui dit : « Si l’ennemi découvre son front, Au-dedans ou au dehors, Debout sur les remparts, Nous sommes résolus de mourir ! »

Il n’y a pas d’autre alternative. Quel pouvoir légitime accepte que des groupuscules terroristes sévissent librement sur son territoire au nom de quel principe de droit de l’homme ? Comment se passent les choses : en France avec les séparatistes Corses, en Espagne avec les Basques, en Bolivie avec les FARC ? L’historien Mamadou DJIBO » écrit : « malgré les spécificités identitaires revendiquées par les Basques, les Corses et les Bretons, nul ne songe à remettre en cause l’existence d’une nation française qui elle, englobe en plus des Français de souche, les Noirs et les Métis des Antilles ainsi que les Canaques de la Nouvelle Calédonie et les Comoriens de Mayotte ». (Cf. Rébellion touareg et question saharienne au Niger)

Le Mali se défend et défend les mêmes valeurs que les pays où résident les donneurs de leçons au mépris de la dignité et de la souveraineté de notre peuple.

Les problèmes qu’affrontent les régions Nord du Mali ne sauraient être réduits à un simple exercice d’approfondissement de la démocratie par la voie d’une décentralisation administrative et politique.

Il s’agit de donner des réponses cohérentes à des questions aussi graves que la volonté de sécession de quelques groupes racistes soumis à des nébuleuses terroristes, de protection d’intérêts économiques et stratégiques vitaux de la Nation, de risques éventuels d’unifications à bases raciales permettant à des puissances Étrangères d’accaparer des portions de notre territoire national. Il s’agit de lutte pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Mali, de lutte contre des narco-trafiquants, des jihadistes intolérants et des terroristes de tout poil.

Et cela ne fut compris ni par le régime de Moussa Traoré, ni par les autorités de la IIIème République, préoccupés qu’ils étaient, d’obéir à la volonté de l’Étranger pour paraître comme de bons élèves, plutôt que de sauvegarder les intérêts vitaux du peuple Malien.

La situation à laquelle nous faisons face, est complexe ; elle est profonde ; elle n’a que trop duré. Il ne faut pas avoir l’illusion de pouvoir la régler facilement et rapidement. Il est nécessaire donc d’adopter de bonnes solutions, se préparer à une lutte longue, dure, multiforme, agir avec constance et dextérité.

La victoire est possible. Mais elle exige une bonne organisation du peuple, sous la direction d’une bonne équipe de Patriotes convaincus, bénéficiant de la coopération de nos frères Africains et de nos nombreux amis à travers le Monde.

LES ELECTIONS N’EtaienT PAS LA PRIORITE !

Il a été demandé au Mali d’organiser des élections le 28 juillet 2013. C’était la volonté de la France, plusieurs fois affirmée et réaffirmée avec force. Le Président Français a été jusqu’à dire qu’il était « intraitable » sur la question des élections au Mali. Répondaient en écho les voix des USA et de plusieurs Etats occidentaux comme si la seule organisation d’élections était la panacée de tous les problèmes du Mali.

Plus grave, cette volonté a été accueillie favorablement et même avec enthousiasme par la plupart de nos dirigeants politiques. Et sans examen ni réticence, tous, Maliens et Etrangers ont refusé même d’évoquer la situation du pays, l’état de ses institutions, les conditions concrètes de vie des populations aussi bien celles restées sur place que les refugiés et les déplacés.

Mettant résolument le cap sur les élections, ils ont fait comme si la guerre n’a même pas eu lieu à plus forte raison, le fait qu’elle se poursuive sans que personne ne puisse en prédire la fin. Les incidents, les provocations, les accrochages armés dont le MNLA ponctue la situation avec semble-t-il la protection de Serval et de la Minusma pour entretenir la tension en vue de reproduire le processus que vit la République Démocratique du Congo depuis 1960 dit long sur ce qui nous menace.

Mieux, on a envisagé ces élections sur la même base que celles qui devaient avoir lieu en avril 2012 : avec le même fichier, les mêmes organisateurs, les mêmes genres de candidats, le même code électoral ; bref on a fait comme s’il s’agissait de reprendre un match électoral qui n’aura été suspendu que pour une mi-temps d’une petite année banale, sans plus. On a fait comme si le Mali n’a rencontré aucune difficulté de Mars 2012 à Juillet 2013. On a considéré que rien n’a bougé et rien ne s’est passé qui mérite attention.

Donc le troupeau électoral Malien a été conduit à l’abreuvoir des élections avec la bénédiction de ceux qui sont responsables de la catastrophe actuelle et ainsi, tout est supposé réglé. Devant cette perspective fondée sur un profond mépris à l’égard du peuple Malien, devant ce diktat néocolonial inadmissible, devant cette entreprise lourde de dangers, il était nécessaire de sonner l’alarme, de mobiliser l’opinion, d’engager l’action en vue de l’empêcher.

En effet, comment envisager des élections avant de s’enquérir de l’opinion du peuple souverain du Mali ? Organiser des élections dans la situation que connait le pays, c’est tout simplement consacrer la division du Mali comme l’exige le MNLA ; c’est aller au-devant des revendications des séparatistes, de ceux qui ont entrepris de porter atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale.

Disons-le haut et fort ! Contrairement à l’idée que s’en font les dirigeants occidentaux et leurs affidés de la CEDEAO, le Mali, n’est pas un malade grabataire en état de coma profond et dont l’avis ne compte pas quant aux soins qu’on lui administre. Ils doivent se départir de cette idée et reconsidérer leur démarche qui ne les a conduits jusque là, qu’à poser des actes contraires à tout esprit de respect et de considération pour le peuple Malien. En effet, depuis le 22 mars 2012 ils ont, sans hésiter :
- 1. Nommé un premier Ministre avec pleins pouvoirs
- 2. Nommé un premier Ministre de Transition
- 3. Nommé un Président par intérim depuis la Cote d’Ivoire à l’insu des Maliens
- 4. Permis à d’ANCIENS députés de proroger indéfiniment eux-mêmes leur mandat
- 5. Institué des « Commissions » auprès de la Présidence en violation de la Constitution car jamais il n’a été prévu de telles possibilités.
- 6. Décidé d’engager un dialogue avec des rebelles sécessionnistes, selon leur entendement en violant les mandats d’arrêt internationaux lancés contre eux par le Mali et la CPI. Etc. etc.

Tout ceci, en violation de la Constitution qu’on prétend respecter et sans aucun égard pour le peuple qui pourtant, est seul souverain. C’est à lui qu’il faut se référer et seulement à lui, pour toute décision relevant de la souveraineté.

Donc aujourd’hui une autre démarche s’impose. C’est de retourner devant le Peuple malien avec respect et lui demander son avis sur le sort qu’il se souhaite et sur les voies et moyens d’y parvenir. Car, pour se donner la chance d’avoir les bonnes réponses, il est nécessaire de poser les bonnes questions à qui de droit : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Qu’avons-nous fait en bien, en mal ? Où en sommes-nous au plan sécuritaire, politique, économique, social, culturel et cultuel, etc. ? Que devons-nous faire ? Pourquoi ? Comment ? Quand et ou ? A qui confier les tâches ? Quelle forme de gouvernance adopter ? Selon quel processus ?

Aucun expert national ou international, aucune sommité scientifique, aucun club savant, aucune secte mystique ne saurait y répondre efficacement à la place du Peuple Malien et pour son bien. La seule voie qui vaille, c’est celle qui a été pratiquée pour sauver le Mali de SOUNDIATA à travers l’Assemblée de Kurukanfuga, c’est celle qui a été adoptée pour faire renaître des cendres fumantes du colonialisme le Mali du 22 septembre 1960, c’est celle qui s’est imposée après le 26 mars 1991 à travers la Conférence Nationale souveraine, c’est celle qu’on aurait du emprunter dès lendemain du 22 mars 2012.

Rien ni personne ne peut se substituer au Peuple ; rien ne vaut l’intelligence collective du peuple. Être démocrate, c’est d’abord et avant tout, se convaincre de cela.

Voici pourquoi la réunion d’assises démocratiques de concertation pour l’élaboration d’une stratégie, et éventuellement d’une nouvelle Constitution à soumettre au Référendum populaire est incontournable.

C’est ce que tous les peuples font après une secousse importante : guerre, catastrophe naturelle de grande dimension, révolutions populaires, coup d’état pour rétablir la démocratie, etc.

Les Assises Nationales sont aujourd’hui la priorité des priorités. Ce sont elles qui doivent répondre aux questions évoquées plus haut. Donc l’ordre logique des choses se présente comme suit :

1. Les Assises Nationales (quel que soit le nom qu’on leur donne : Conférence Nationale souveraine Congrès du Peuple Malien Concertations nationales Forum du Peuple Assemblée Constituante Assemblée générale du peuple Etc. etc.

2. Le Référendum Constitutionnel

3. Les Elections

A notre humble avis, c’est la seule démarche logique, démocratique, respectueuse de notre histoire et de notre culture multiséculaires.

Si par paresse intellectuelle, par opportunisme vis-à-vis des puissances occidentales, par lassitude, par psittacisme ou par désir fou d’accession au pouvoir, nous acceptons d’inverser l’ordre des choses et imposer à notre peuple, une marche arrière suicidaire, nous en répondrons devant l’Histoire. Or les jugements de l’Histoire sont sans appel !

Le Mali est une démocratie à refonder

Le 16 août 2008 l’Association « Repères » a organisé une conférence au Centre DJOLIBA à Bamako. Le sujet en était : « le Mali une démocratie à refonder ». Entre autres propositions faites lors de cette conférence il y avait :
- 1. la suppression du poste de premier ministre ;
- 2. la réduction du nombre des Institutions par la suppression du Haut Conseil des Collectivités, du Conseil économique, social et culturel, de la Médiature, etc.
- 3. L’obligation pour le Président de la République de soumettre les nominations des Ministres et des plus Hauts cadres civils et militaires à l’examen de l’Assemblée Nationale ;
- 4. la révision de la Constitution pour faire des langues nationales des langues officielles au même titre que le français ;
- 5. la suppression du Bureau du Vérificateur Général et le renforcement de l’indépendance et des prérogatives du Contrôle Général des Services Publics ;
- 6. la suppression de la CASCA ;
- 7. le passage au système de l’inscription volontaire sur les listes électorales avec présentation d’une pièce d’identification ;
- 8. l’informatisation du fichier électoral ;
- 9. l’adoption du mode de scrutin proportionnel pour les élections communales et législatives ;
- 10. La suppression de la multitude de structures intervenant dans le processus électoral (DGE, CENI, Cour Constitutionnelle, Administration Territoriale, etc.) et la réduction des coûts exorbitants des consultations électorales en confiant l’ensemble des opérations à l’Administration Territoriale et en responsabilisant les partis politiques pour exercer un contrôle adéquat ;
- 11. l’institution d’un seuil au-dessous duquel le vote est annulé et repris ;
- 12. la suppression du financement public des partis ;
- 13. la fixation de critères pour la reconnaissance officielle des partis : a. -notamment l’implantation suffisante dans chacune des régions administratives, b. la publication du programme et du projet de société dans au moins trois langues nationales ; c. la limitation du nombre de mandats pour un chef de parti : exemple trois mandats de quatre ans maximum ;
- 14. la reconnaissance du droit d’accès de l’opposition aux médias publics pour apporter la contradiction au pouvoir en place sur les sujets d’intérêt national.

À la lumière des concertations possibles, souhaitables, nécessaires même, toutes ces propositions et d’autres sont susceptibles d’être gérées au bénéfice de la démocratie malienne.

Selon Jack Lang, « La démocratie française est à bout de souffle. Elle est asphyxiée. Elle crève d’un mal qui n’est pas nouveau mais qui, rarement dans notre histoire, n’avait été aussi profond : l’absence d’équilibre des pouvoirs. Un comble au pays de Montesquieu ». Il dit de la forme de régime présidentiel français « on ne peut en même temps accepter cette anomalie mondiale : un Président, irresponsable, pénalement, juridiquement et politiquement. ».

Et Arnaud Montebourg renchérit : « la Vème République a installé un système dangereux car à la fois autoritaire et impuissant. Pas de lieu de débat, pas de lieu de compromis, l’irresponsabilité à tous les étages et l’impossibilité pour les citoyens de se faire entendre. Tout cela nourrit la démagogie et le populisme. La gauche doit proposer la République nouvelle. »

Les régimes présidentiels du Mali et de la plupart des pays francophones d’Afrique n’en sont qu’une pâle photocopie. Le Professeur Mamadou Koulibaly ancien Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire jusqu’au drame post électoral de 2011 a écrit : « Le régime parlementaire, découvert par les anglais il y a plus de trois siècles, s’est plus facilement exporté et a eu plus de succès dans les pays pauvres et en développement institutionnel. C’est le modèle de gouvernement de Westminster découvert en Grande Bretagne qui a remarquablement passé l’épreuve du temps et des latitudes.

« Les pays, à populations hétérogènes, pauvres, sortant de la colonisation, éloignés de la culture occidentale et sous tensions politiques, ont eu très souvent à adopter ce modèle pour assurer une relative stabilité et un progrès effectif. Cela a été le cas de l’Inde depuis 1947 et du Japon depuis 1945.

« Ce modèle est clair, simple et il établit une entente totale entre le gouvernement et la majorité parlementaire. Le pouvoir d’État est simplement exercé par le leader ou le dirigeant du parti qui dégage la majorité au parlement. Tant que la politique menée par le gouvernement est conforme au programme sur lequel la majorité a été élue, tout se passe bien.

Le préalable à tout changement digne de ce nom, consiste donc à réaliser que l’Afrique est victime et complice de son sous-développement. Cela par le biais de l’acculturation de la plupart de ses cadres. Or l’acculturation est « un processus de mutation, de négation de soi, de désertification culturelle ». Et comme le dit si bien un de nos éminents chercheurs, "s’il est vrai que le vrai désert dévore la nature, le désert culturel dévore l’homme". Si bien que nous avons beaucoup de lettrés mais peu d’hommes de culture. Nous avons tellement pris de l’autre côté que finalement c’est nous qui sommes pris.

C’est pourquoi au Mali, nous devons élaborer, une nouvelle Constitution vraiment adaptée à notre pays et à notre peuple. Commençons par remettre en cause les emprunts constitutionnels étrangers et nocifs qui ont été fourrés dans la Constitution de 1992. Ayons le regard critique nécessaire pour détecter les tares et les insuffisances de la Constitution actuelle, d’essence gaulliste.

Préoccupons-nous davantage de satisfaire notre peuple que de faire plaisir aux pouvoirs et aux idéologues occidentaux. Débarrassons-nous des Institutions formelles sans utilité pratique et soumettons au Peuple un projet de Constitution conforme à ses besoins réels et à ses aspirations les plus profondes.

L’enjeu n’est pas au-dessus des capacités du Grand Peuple Malien qui a toujours su relever les défis historiques, transcender les difficultés et écrire en lettres d’or, avec son cœur généreux et son cerveau, les pages glorieuses qui font notre fierté et l’admiration du Monde. La victoire est à notre portée. Elle aura valeur d’exemple pour nos frères Africains qui souffrent des dérives électorales. Gagnons-la pour le Mali et pour l’Afrique, dans la cohésion la plus totale, en toute fraternité, dans la paix, dans le respect de nos valeurs culturelles et dans la démocratie.

Donc au lieu de faire du suivisme, en nous engouffrant dans la voie dictée par d’autres pour des motifs que nous ignorons, examinons froidement la situation et prenons résolument le bon cap. Mettons les élections à la place qui sied dans le processus logique de rédemption de notre cher Mali. Il faut donc sortir de la Constitution actuelle qui n’est que le « copier-coller » de la Constitution gaulliste française de 1958, laquelle provoque partout en Afrique des conflits sanglants, des divisions ethniques, des destructions, des dégâts de toutes sortes. Il faut abandonner cette Constitution étrangère à notre culture, cette constitution « délinquennogène », inutilement coûteuse, antidémocratique, qui menace la paix sociale, par les dérives qu’elle engendre comme « les nuages secrètent la pluie ».

Pour cela, vérifions minutieusement les Institutions, les structures, les textes, et les tâches qui s’imposent aux joutes électorales. Érigeons les garde-fous indispensables pour canaliser le processus électoral et protéger les populations contre les cascadeurs en politique.

Souvenons-nous que ce sont les mêmes causes qui produisent les mêmes effets. Et en conséquence, éliminons les mauvaises causes de notre malheur. Et rien ne pourra nous en protéger mieux que l’examen critique et sans complaisance de notre parcours national dans tous ses aspects.

Ne récidivons pas ! Corrigeons ensemble et avançons résolument vers le progrès dans une harmonie nationale fondée sur le socle de la vérité au service de l’engagement patriotique.

Un Peuple, Un but, Une Foi ! Vive le Mali Eternel !

Amadou Seydou TRAORE Libraire Editeur

 
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