jeudi, 23 novembre 2017
 

Le CADTM dénonce l’imposture de l’aide internationale pour le Mali

Ce mercredi 5 février se tient à Bruxelles une nouvelle rencontre internationale des « donateurs » pour la reconstruction et le développement du Mali. L’objectif est d’assurer le suivi de l’ « aide » de 3,25 milliards d’euros annoncée en mai 2013 par 80 pays et les 28 organisations internationales.

Pour le CADTM, cette « aide » est une supercherie pour au moins trois raisons.

Primo, elle est composée de nombreux prêts qui vont alourdir la dette malienne. À titre d’exemples, 36% de l’ « aide » promise par la France constitue des prêts. Pour la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (BID) ces prêts représentent respectivement 87 %, 78% et 88% de leurs contributions. Enfin, concernant la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et le FMI

Secundo, cette « aide » inclut des montants qui avaient déjà été annoncés avant la mutinerie du 22 mars 2012.

Tertio, les conditions attachées à ces prêts violent la souveraineté et le droit au développement du peuple malien. En effet, pour obtenir l’intégralité du prêt de 46 millions de dollars du FMI, le gouvernement malien s’est engagé en décembre 2013 à mettre en œuvre un programme d’ajustement structurel pendant 3 ans (2014-2016) sous la supervision du FMI qui en évaluera son application tous les 6 mois. Ce programme fait du remboursement de la dette extérieure du Mali la priorité absolue du nouveau Gouvernement. Pour pouvoir la rembourser, il doit notamment améliorer le « climat des affaires » ; autrement dit privatiser, libéraliser les secteurs stratégiques comme l’eau, l’énergie...

Pour Sékou Diarra (président de la CAD-Mali, une coalition représentant 103 organisations de la société civile malienne, membre du réseau CADTM),

« cette aide internationale est une imposture qui vise à maintenir le pays dans l’esclavage de la dette ».

La CADTM exige :

- •que l’aide soit composée uniquement de dons et qu’elle ne soit assortie d’aucune conditionnalité ;
- •la suspension immédiate du paiement de la dette malienne et du programme conclu avec le FMI ;
- •l’annulation de toutes les dettes illégitimes du Mali. Seul un audit citoyen permettra d’établir la légitimité des prêts, processus déjà enclenché par la CAD-Mali.

Contacts presse :

Sekou Diarra (président de la CAD-Mali, membre du réseau CADTM) ; 00223 76 42 36 64 / sekoudiarra59@gmail.com

Mimoun Rahmani (membre d’ATTAC-CADTM Maroc - CADTM Afrique) ; 00212 66 32 18 969 / rahmani.mimoun@gmail.com ;

Renaud Vivien (co-secrétaire général du CADTM Belgique) ; 00223 97 53 49 38 / renaud@cadtm.org

 
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