lundi, 17 juin 2019
 

MALI : 70 jours de grève des cheminots et déjà 5 morts

Depuis le 18 décembre, des dizaines de cheminots maliens ont lancé une action de grève de la faim pour réclamer le paiement de neuf mois de salaires. La situation est dramatique : 5 grévistes sont décédés ainsi que des nouveaux nés et des épouses de cheminots, faute de soins parce que les cheminots n’ont plus rien. Plusieurs familles ont été expulsées de leur logement : elles ne pouvaient plus payer de loyer, faute de revenu depuis des mois. D’autres cheminots en grève de la faim sont hospitalisés dans des états graves.

Au Mali et au Sénégal, la privatisation du chemin de fer a été une catastrophe. L’abandon de la ligne Dakar/Bamako a eu des conséquences dramatiques pour tous les villages alors laissés à l’abandon. Les gouvernements sénégalais et maliens, qui avaient décidé la privatisation, ont résilié la convention avec Advens en 2015. Il y avait 22 locomotives en 2003, en 2015 il n’en restait que 3. L’ensemble des infrastructures a souffert d’un énorme déficit d’entretien ; ne parlons même pas de rénovation et modernisation ! Depuis 2015, bien des problèmes demeurent et de vastes territoires se trouvent isolés du reste du pays.

Un engagement a été pris par les ministres des transports des deux pays, le 7 décembre 2015 : « Les Etats du Mali et du Sénégal informent que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour assurer la continuité des activités sur la ligne ferroviaire Dakar-Bamako. De même, les mesures adéquates ont été prises pour préserver les emplois des travailleurs et payer régulièrement les salaires pendant toute la phase transitoire. »

Si cela se passe correctement du côté sénégalais, il n’en n’est pas de même au Mali. Malgré les interventions répétées du syndicat SYTRAIL/UNTM, le gouvernement n’a tenu aucun engagement. Nous formulons le vœu que conférence de presse organisée le 21 février par SOS Les Cheminots Meurent à Petit feu trouvera un écho rapidement auprès des autorités maliennes même si les engagements de 2013 sur la relance du ferroviaire et 2017 sur un financement Banque Mondiale n’ont pas été suivi d’effets. Ce sont désormais 400 familles de cheminots qui sont en péril grave.

Le Parti de Gauche exprime sa pleine solidarité avec les cheminots maliens, avec les familles endeuillées, les personnes hospitalisées, et toutes celles et tous ceux qui mènent ce combat courageux pour la relance du chemin de fer malien. En urgence, il faut assurer le paiement des arriérés de salaire.

Le Parti de Gauche réaffirme sa conviction que le ferroviaire est d’une importance capitale pour la structuration du développement de l’Afrique, comme c’est d’ailleurs le cas en Ethiopie actuellement. Ne pas remettre en exploitation la ligne Bamako–Kayes est préjudiciable pour le Mali ainsi que pour le Sénégal. Le gouvernement français serait bien inspiré d’aider en coopération le redémarrage de cette ligne.

Pierre Boutry

pour la Commission Afrique du Parti de Gauche

 
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