dimanche, 20 janvier 2019
 

Mali : Non à l’intervention militaire

L’accord que vient de signer le capitaine Amadou Sanogo chef de la junte qui s’était emparé du pouvoir il y a trois semaines, avec les représentants de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a restauré ce que les chancelleries occidentales appellent l’ordre constitutionnel.

Amadou Toumani Touré (ATT) le président qui fut déposé par les putschistes ne reviendra pas au pouvoir, trop décrié à l’intérieur du pays et jugé incapable par les puissances occidentales, il démissionne de son poste. Il sera remplacé par Dioncounda Traoré le président de l’Assemblée Nationale du Mali, les élections présidentielles qui devaient se tenir dans une quarantaine de jours sont repoussées. Au terme de l’accord une indemnisation aux familles victimes de la guerre sera versée, et une garantie d’immunité pour les acteurs du coup d’Etat est donnée Cet accord surtout, met fin à l’embargo qu’avait décrété la CEDEAO et qui aurait eu des conséquences extrêmement néfastes pour la population qui vit dans un pays totalement enclavé.

La situation au nord Mali.

Quasiment dans le même temps, les rebelles touarègues regroupés dans le MNLA (Mouvement National pour la Libération de l’Azawad) déclarait mettre un terme à ses opérations militaires du fait que l’entièreté du territoire revendiqué était libéré et déclarait l’indépendance de l’Azawad.

Mais le MNLA n’est pas le seul à agir militairement dans la région. D’autres groupes notamment islamistes existent comme Ansar Din, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), AQMI. A cela s’ajoute des bandes armées de trafiquants dans de nombreux domaines. Tout cela donne une situation chaotique. La presse sans pouvoir le vérifier, s’est fait écho de la présence des dirigeants d’AQMI dans la ville de Tombouctou. A Gao et à Kidal beaucoup de témoignages font état de pillages, mais aussi d’exactions et de viols sur les femmes et les jeunes filles par des gens en armes, sans qu’il soit possible de les identifier clairement.

Le MNLA à plusieurs reprises a déclaré qu’en aucun cas il ne profiterait de sa supériorité militaire pour aller au-delà de la frontière qu’il s’est fixé et qu’il est prêt à participer à la lutte contre le terrorisme mais cette organisation qui vient de connaître une scission semble dépassée par les différents groupes islamistes qui ne cachent pas leur volonté de continuer leur progression.

L’intervention militaire qui se prépare.

La CEDEAO a affirmé sa volonté d’intervenir militairement. Cette organisation régionale, si elle est africaine, ne doit pas faire illusion sur son indépendance. La plupart des dirigeants comme l’ivoirien Alassane Ouattara ou le burkinabé Blaise Compaoré sont des obligés de la France idem pour le Nigérian Goodluck Jonathan vis-à-vis des Etats-Unis. D’ailleurs lors de la réunion des chefs d’Etat major de la CEDEAO qui s’est tenue le 29 mars à Abidjan étaient présents des conseillers militaires français et états-uniens.

Pendant que la France par l’intermédiaire de son ministre des affaires étrangères Alain Juppé assurait le service diplomatique en faisant voter au Conseil de Sécurité de l’ONU une déclaration permettant cette intervention.

Sur RFI Juppé assurait du soutien de la France en mettant à disposition son soutien logistique pour les 3000 soldats prévus par la CEDEAO. Une fois de plus, les problèmes politiques vont se régler par la voie des armes avec les conséquences désastreuses pour les populations civiles qui sont déjà en prise avec une crise alimentaire.

La situation du Mali est avant tout la conséquence des diktats imposés par les organismes du capitalisme international, FMI et Banque Mondiale qui, dans les années 90, ont imposé un ajustement structurel dont les nombreuses coupes sombres dans les dépenses publiques ont abouti à un affaiblissement considérable de l’Etat, des privatisations à outrance des principales entreprises qui ont détruits le tissu économique et sociale du pays. L’intervention militaire de la CEDEAO sera une occasion inespérée pour les Etats-Unis et la France de se positionner plus fortement dans la région. Déjà des troupes opérationnelles françaises sont basées au Burkina et des conseillers militaires sont présents en Mauritanie.

Paul Martial

2 commentaires
  • Mali : Non à l’intervention militaire 12 avril 2012 15:45, par bakhay

    Au fait, nous africains sommes condamnés dans cette situation au Nord mali. En effet, les Etats africains n’étant pas unis , et pire le Mali incapable d’assurer la sécurité de tout le pays à l’instar de la RDC , nous ne pouvons que compter sur les forces étrangères en l’occurrence la France et les Etats Unis . Écouter ! Discuter sur comment réussir cette interversion ? sinon comment envisagerez-vous la libération du mali, c’est à dire l’unité nationale !
    moins que vous acceptiez une alliance nationale avec le mouvement de l’AZAWAT !

  • Mali : Non à l’intervention militaire 12 avril 2012 15:57, par bakhay

    Nous pensons qu’il serait raisonnable de négocier avec le MNLA , pour éviter une intervention au mali. En effet, les grands parents des membres de ce mouvement sont originaire de cette région. Où voulez-vous qu’ils aillent ?
    ils sont revenus sur leur terres d’origines après la chute de Kadhafi . Très souvent on dit que de deux maux,il faut choisir le moindre, le MNLA dit ne pas être une branche armée, pourquoi ne pas faire alliance dans l’objectif de chasser les autres occupants irresponsables et indésirables que sont ces trafiquants et ces mouvements jihadistes ! Nous pouvons empêcher cette intervention en prenant la voie de la sagesse , c’est à dire celle que nous venons en sus de décrire ! Une chose est au moins sur , intervention on sans intervention le nord mali ressemblera à un deuxième Afghanistan ! suis désolé et plein de douleur à la gorge de voire ce beau pays qu’est le mali, dont l’histoire ma toujours fasciné devenir un far west où le risque de n’y revenir vivant est trop certain .

 
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