jeudi, 17 octobre 2019
 

Situation sociopolitique au Mali : le parti SADI dresse le bilan de l’année

Ecole fermée, flambée du prix des denrées de première nécessité, menace de famine dans 104 communes, insécurité au Nord, impréparation des élections etc.

En l’absence d’une classe politique presque inexistante face aux questions d’actualité, le parti SADI est devenu le principal et le seul mouvement de contre-pouvoir au régime Amadou Toumani Touré. Au cours d’une conférence de presse organisée ce jeudi 29 décembre dans la salle de conférence de la radio « Kayira » de Bamako, la formation politique a passé en revue les grandes préoccupations qui ont marqué l’année 2011. C’est donc sans grande surprise que le secrétaire général du parti, Oumar Mariko, a tiré un bilan négatif de l’action gouvernementale au titre de cette année qui s’achève.

Face à une école fermée

D’entrée de jeu le conférencier a fait savoir que 2011 s’achève sous mauvais espoirs, avec une école fermée depuis six mois. Pour le député SADI, cette fermeture revêt la conséquence de l’incapacité du gouvernement à remettre à notre système éducatif ses lettres de noblesse. Comme solution, le parti de l’opposition préconise « plus de responsabilité » de la part des dirigeants de l’école, en remettant les élèves étudiants au travail, satisfaire les revendications bien légitimes des enseignants, tout en tenant le langage de la vérité. « La déclaration d’ATT (lors de la présentation de vœux), que ceux qui ont les moyens n’ont qu’à envoyer leurs enfants à l’école privée, est un acte de démission inadmissible de la part d’une chef d’Etat » a déclaré le Pr. Rokia Sanogo, secrétaire à l’éducation au Comité central du parti SADI. Selon le responsable politique, il n’y pas de doute, l’Etat a privatisé l’école.

« Le seuil de l’incapacité »

L’année 2011 a été également marquée, selon le parti SADI, au plan international par la guerre en Libye et les évènements en Côte d’Ivoire. Pour le député Oumar Mariko, il s’agit de deux évènements qui nous concernent, quand on sait des milliers de nos compatriotes vivent dans ces deux pays. Malheureusement, regrette-t-il, le gouvernement a été incapable de rapatrier à temps les Maliens vivant en Côte d’Ivoire. Pire, ajoute-t-il, à la date d’aujourd’hui, on ignore le nombre de compatriotes tués, dépouillés de leurs suite aux évènements en Côte d’Ivoire. Au même moment, constate le député Oumar Mariko, les ex-combattants de l’armée libyenne, d’origine malienne, sont reçus en grande pompe au Palais de Koulouba. Pour l’élu de l’opposition, il s’agit d’une politique discriminatoire encouragée par le président ATT. « Ils sont tous des Maliens, sans distinction de race, ni de couleur. Et ils ont droit à la même protection par leur Etat » tranche-t-il.

L’un des sujets dominants de cette conférence du parti SADI, c’était aussi la menace de famine qui frappe à la porte de 104 communes du pays. Pour le parti SADI, cette crise céréalière traduit véritablement l’échec de la politique agricole adoptée par le régime. Cette politique, dénonce-t-il, se caractérise par l’expropriation des paysans de leurs terres, le manque de matériels et d’intrants agricoles, etc. Toute chose qui, déplore-t-il, a plongé l’agriculture entre les mains des détenteurs de capitaux qui exploitent les producteurs.

Vers des élections frauduleuses

L’année 2011 s’achève au moment où notre pays s’apprête à organiser les élections générales de 2012. D’ores et déjà, estime le parti SADI, il y a peu de crédit à accorder à ces élections, quand on sait que le processus d’organisation a été entaché de magouilles. « Avec une Commission électorale nationale indépendante (CENI), mise en place avec l’exclusion de l’opposition, un fichier électoral frauduleusement conçu, la disparition de cartes d’électeurs, une révision de listes peu conforme aux normes, etc. Il est impossible d’organiser des élections libres et transparentes », conclue le député Oumar Mariko. Qui exclue, en revanche, toute idée de boycott des élections.

La flambée du prix des denrées de première nécessité, la corruption « qui suit son cours normale », l’insécurité au Nord du pays, le déclenchement d’un processus de réformes constitutionnelles « inopportunes », etc. Sont également autant de questions qui ont dominé l’année 2011, selon le parti SADI, et face auxquelles, le gouvernement n’a pu apporter des solutions. C’est donc face à cette situation sociopolitique peu reluisante, que la formation politique appelle à la rupture en 2012.

Issa Fakaba SISSOKO

Source : http://www.journaldumali.com

 
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