mardi, 21 novembre 2017
 

La Mauritanie, un navire sans gouvernail

Par Marega Baba

Malgré des ressources considérables, la Mauritanie reste à la traîne de tous les indicateurs internationaux. En cause, une mauvaise gouvernance et un manque de volonté politique.

Jour après jour, la Mauritanie est soumise à de multiples sollicitations destructrices. Pourtant le pays dispose d’atouts considérables. Il possède d’importantes ressources naturelles, de minerais de fer dont il est le deuxième producteur du continent africain. Son sous-sol est riche en or, cuivre et hydrocarbures.

Au-delà des ressources extractives, la Mauritanie dispose d’un considérable potentiel halieutique du fait de ses 720 km de côtes et de sa Zone Économique Exclusive qui couvre une surface de 234.000 km².

Et pourtant Selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Mauritanie occupe la 156ème place (sur 188 pays analysés) au classement de l’Indicateur de Développement Humain. Suivant ce même rapport :

55,6% des Mauritaniens sont exposés à la pauvreté et 29,9% à l’extrême pauvreté 23,4% vivent dans le dénuement total. Le taux de croissance qui était de 5,8 à 6 % en 2013 est aujourd’hui à peine 1,5%. Cette description alarmante va très certainement encore empirer cette année avec une sécheresse exceptionnellement dure qui s’affiche à l’horizon. La quasi-totalité des régions ont des déficits pluviométriques jamais égalés depuis plus de 10 ans selon les experts.

Immobilisme du gouvernement

Face à cette situation, avec tout le danger que cela comporte, aussi bien pour les populations que pour le cheptel, on assiste malheureusement à une démission honteuse du gouvernement.

Pendant que les agences de s Nations Unies et les ONG s’alarment, le pouvoir semble indifférent, trop occupé à mettre en prison des sénateurs, des journalistes et les syndicalistes.

Que s’est-il donc passé dans ce pays pour en arriver à cette situation catastrophique ? Depuis la prise du pouvoir par certains officiers qui se succèdent à coups de putsch, particulièrement depuis le renversement du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallah démocratiquement élu en 2008 par le général Ould Abdel Aziz, l’actuel dirigeant du pays, la vague dévastatrice s’est accélérée. La Mauritanie est soumise à une entreprise de destruction de son économie par la corruption à grande échelle, la gabegie et une gouvernance chaotique. Aujourd’hui tout est monnayable. L’administration est quasi-inexistante et tout se vend.

De la nature multiculturelle et multiraciale de la Mauritanie aurait pu être un avantage considérable pour ce pays. Mais par sa politique chauvine et discriminatoire, le pouvoir a exacerbé les tensions interethniques et attise le spectre de la division avec ses conséquences dévastatrices pour le pays. Ce pouvoir n’est en paix avec personne, ni à l’intérieur du pays ni avec les pays voisins.

La faillite de l’éducation

L’éducation nationale est dans « le coma », l’illustration a été faite ces derniers jours dans les réseaux sociaux où l’on voyait une classe de 120 élèves, dont plus de la moitié assis par terre et une enseignante complètement débordée et dépassée. Et malheureusement ceci n’est pas un cas exceptionnel. De plus, le pouvoir a pris la décision irresponsable d’empêcher tout enfant à partir de 10 ans de passer un examen s’il ne dispose pas d’une carte d’identité nationale. En même temps, des parents dont l’obtention de l’état civil conditionne ceux de leurs enfants sont empêchés pour des raisons parfois discriminatoires voire racistes de se recenser.

Face à la déconfiture de l’économie, la sécheresse à venir, les tensions interethniques et politiques et une éducation nationale à terre, nous avons tous la responsabilité d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

 
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