samedi, 23 mars 2019
 

Areva au Niger : Il n’y a pas que l’uranium qui s’enrichit

Article paru sur le blog de Jean-Charles Houel le 10 avril 2009

Un collectif comprenant la Ligue des droits de l’Homme, le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) le groupe ATTAC, les Verts, ainsi que l’association Sortir du Nucléaire a organisé une réunion publique, jeudi 9 avril au Moulin, pour contester la convention passée entre le groupe français AREVA et le gouvernement nigérien. Le Niger est, en effet, l’un des principaux pays dont le sous-sol contient des milliers de tonnes d’uranium. Implantée là-bas depuis quarante ans, la COGEMA devenue AREVA, présidée par Anne Lauvergeon, veut passer sa production de 6 000 à 12 000 tonnes d’ici à 2012. Cela entraîne des opérations de prospection, d’exploitation, des activités de transport par le port de Cotonou, de l’enrichissements au Tricastin et la distribution de combustible nucléaire aux différentes centrales nucléaires françaises. AREVA ne s’arrête pas là puisque le groupe assure également le retraitement des déchets…lesquels servent à alimenter l’industrie d’armement sans oublier l’enfouissement pour les siècles des siècles comme dirait Benoit XVI.

L’objectif du collectif était simple : démontrer qu’Areva (l’Etat français est majoritaire dans le capital) exploite dans tous les sens du terme le pays, sa population, ses richesses…Nicolas Sarkozy a même promis la construction d’une centrale nucléaire au Niger, un pays souffrant de détresse hydrique chronique dont les nappes aquifères fossiles s’épuisent à grande vitesse. Comme l’a bien dit Sonia Salès, « certains assurent qu’il y a de l’eau pour cent ans ! ». Qu’est-ce que cent ans quand il a fallu des dizaines de milliers d’années pour former ces nappes vitales pour l’homme, l’élevage, les cultures vivrières. Les zones géographiques affectées à l’extraction du minerai sont situées au nord du Niger, une région bien connue des Lovériens jumelés avec Timia. Ces rapports privilégiés et affectifs avec ce village nigérien sont actuellement mis à mal par la rebellion touareg (le Mouvement Nigérien pour la Justice : MNJ) qui empêche toute liaison entre Agadez et Timia. Au cours de la soirée, ont été évoqués : les néocolonialismes européen, chinois, américain, l’instabilité économique et démocratique de ce pays africain classé parmi les derniers pour son indice de développement humain. Jean-Claude Mary, de sortir du nucléaire, a très bien situé le débat entre modernisme à l’occidental et progrès à l’africaine : « doit-on imposer nos schémas culturels, économiques, technologiques à des pays qui n’avancent pas au même rythme que nous ou en tout cas pas forcément dans la même direction ? »

Pierre Vandevoorde (NPA) Rémi Sergé (ATTAC) et le représentant local de la Ligue des droits de l’Homme ont, tour à tour, exposé les dangers de cette renaissance de la Françafrique qui, de fait, depuis les réseaux Foccart, n’a jamais vraiment changé. Jérôme Bourlet a, pour les Verts, rappelé les oppositions fondamentales avec le tout nucléaire français, pari financier et technologique des années soixante. Les nouvelles centrales EPR vont coûter très cher et il est même question de prolonger la durée des vies des centrales actuelles. L’association des autorités de sûreté nucléaire sera peut-être d’un autre avis.

Jean-Charles Houel

 
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