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NIGER : Des milliers de villages sont affectés par de graves pénuries alimentaires

D 7 février 2012     H 04:52     A IRIN     C 0 messages


NIAMEY - Alors que près de la moitié de la population du Niger n’a déjà pas suffisamment à manger, le gouvernement a annoncé une pénurie de 692 501 tonnes de céréales à la suite d’un autre épisode de grave sécheresse dans l’ensemble du Sahel.

Le gouvernement a dit qu’il avait besoin de 3,8 millions de tonnes de céréales pour nourrir six millions de personnes réparties dans 6 981 villages, ce qui correspond à 49,4 pour cent des zones affectées.

Dans une étude menée en novembre 2011, le système d’alerte précoce (SAP) [ http://www.gouv.ne/index.php?id_page=55 ] du gouvernement a estimé à 3,8 millions de tonnes - soit 27 pour cent de moins qu’en 2010-2011 - la production céréalière brute d’« hiver » de millet, de sorgho, de riz, de blé et de fonio (l’une des plus anciennes céréales d’Afrique de l’Ouest) pour 2011-2012. La production céréalière de la saison dernière était d’environ 3,2 millions de tonnes.

Le SAP, qui suit l’évolution et émet des prévisions sur les besoins en matière de sécurité alimentaire [ http://www.irinnews.org/report.aspx?reportid=94531 ] , a identifié trois régions importantes qui sont en situation de déficit : Tillabéri, dans l’ouest ; Agadez, dans le nord ; et Diffa, dans l’est. Ces régions présentent, respectivement, des déficits de 164 146 tonnes, 123 576 tonnes et 68 115 tonnes [de céréales].

Boukanda, une localité de 1 000 habitants située à environ 50 kilomètres à l’ouest de la capitale, Niamey, est l’un des nombreux villages nigériens dont les habitants souffrent d’insécurité alimentaire et qui ont été largement abandonnés par les jeunes.

« Les personnes valides et les jeunes du village ont préféré aller vivre dans les grandes villes ou à l’étranger. Ils n’avaient plus rien à faire ici », a dit Adamou Talba, le marabout a2de Boukanda.

Seules quelques familles « plus riches » pilent du sorgho au lieu du millet, l’aliment de base des habitants du village. Ces personnes disposent encore de maigres réserves, mais celles-ci s’épuiseront bientôt.

« Il ne reste plus grand-chose dans le grenier », a dit Balkissa Adamou, un villageois.

Le chef du village de Boukanda, Seyni Seydou, a dit que les pluies avaient cessé au moment précis où les plantes avaient besoin d’eau, et que les sauterelles et d’autres insectes avaient fini de détruire les cultures.

« Dans notre village, certaines personnes n’ont obtenu que sept boisseaux [de céréales], alors qu’elles pouvaient auparavant en récolter près de 700 », a-t-il ajouté. Selon le SAP, la localité de Boukanda est déficitaire à plus de 90 pour cent.

Appels à l’aide

Préoccupé par la situation actuelle, Cheick Boureima Abdou Daoud, un citoyen du Niger, a donné 3 000 tonnes de céréales pour contribuer aux efforts de secours. « Je veux donner l’exemple et encourager d’autres citoyens du Niger qui peuvent se le permettre à aider eux aussi ceux qui sont dans le besoin », a-t-il dit.

Contrairement aux gouvernements précédents, qui refusaient généralement de reconnaître l’existence des crises alimentaires, le gouvernement actuel a demandé, en août 2011, 100 milliards de francs CFA (environ 198 millions de dollars) d’aide.

En septembre 2011, le président Mahamadou Issoufou s’est adressé en ces termes à l’Assemblée générale des Nations Unies : « Sachant d’ores et déjà que la présente campagne agricole va être très déficitaire, nous avons décidé [...] d’alerter la communauté internationale. Je voudrais, du haut de cette tribune, renouveler notre appel en vue d’aider le Niger ».

Les bailleurs de fonds ont promis de mettre la main à la poche et les Nations Unies ont lancé un processus d’appels consolidés (CAP) pour récolter 229 millions de dollars.

« Le CAP vise à assurer l’aide humanitaire et à renforcer la résilience de millions d’hommes, de femmes et d’enfants vulnérables », a dit le représentant du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Niger Guido Cornale, qui agit également à titre de coordinateur humanitaire dans le pays.

Source : http://www.irinnews.org