mardi, 21 novembre 2017
 

Niger : Marche contre la faim, Pour le droit à l’alimentation

Répondant à l’appel de cinq (5) organisations de la société civile (Alternative Espace Citoyens, ANDDH, AREN, Mooriben et Timidria) qui militent depuis 2007 à l’avènement d’une prise en compte intégrale du droit du peuple à l’autosuffisance alimentaire, près d’un millier de personnes, venues de tous les quatre coins du pays ont battu hier à Niamey le macadam, de la PlaceToumo à la Place de la Concertation , portant des banderoles et scandant des slogans en faveur de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation.

« Je ne pensais pas que cette marche allait mobiliser autant du monde », avoue ébahi Oumarou Yelli, un peulh de Tahoua venu à Niamey pour l’événement.

« La marche d’aujourd’hui est symbolique ! Elle est historique car elle est sans aucun doute le seul procès intenté à la conscience de ceux entravent impunément notre droit à l’autosuffisance alimentaire », fulmine Foudaï, un étudiant en deuxième année de Droit à l’université Abdou Moumouni de Niamey. « Cette affluence s’explique bien par la volonté des populations du Niger profond de sortir du cycle de la famine. Elles ont envie de dire à la face de leurs gouvernants qu’il est grand temps que leur droit à la souveraineté et à la dignité soient pris en compte », explique l’un des organisateurs.

Pour bon nombre d’observateurs, cette marée humaine est venue en face du siège du Parlement uniquement pour dire non à la faim mais aussi à l’incapacité de nos décideurs politiques qui, en cinquante ans d’indépendance, n’ont résolu le problème. « C’est cette attitude que nous sommes venus fustiger à travers ce forum », tempête Ali Djibagé venu de Zinder.

En effet, depuis l’engagement des chefs d’Etats africains en 2003 à Maputo de consacrer 10% des revenus de leurs pays respectifs à des secteurs vitaux comme l’agriculture et l’élevage, rien n’a véritablement changé.

En prenant la parole le premier, le président de l’ANDDH, le professeur Khalid Ikhiri a dit que cette marche est l’expression d’un « ras le bol des populations Nigériennes ! Un signal fort aux futurs dirigeants du pays pour qu’ils puissent prendre en compte leurs légitimes préoccupations pour que tout nigérien puisse demain manger à sa faim ».

Après avoir fustigé le comportement de ces hommes politiques qui cachent la famine aux yeux de l’opinion internationale et qui échouent à lui trouver des solutions, le professeur Khalid Ikhiri s’est demandé comment peut-on mourir de faim au Niger alors que le sous sol du pays regorge d’énormes potentialités minières, pétrolières, gazières et aurifères avant de lancer un vibrant appel pour que la question du droit à l’alimentation soit inscrite désormais à l’agenda de nos gouvernants comme une priorité car ce sont des droits inscrits dans la constitution.

Pour Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association Alternative Espace Citoyens et coordonnateur du Consortium pour le droit à l’alimentation qui a tenu d’abord à rendre hommage à tous les participants à la marche et ceux venus des lointaines contrées de notre pays, « cette marche est la preuve que les éleveurs et les cultivateurs de notre pays ont des représentants qui pensent à eux ; qui se soucient de leur bien-être et qu’ils sont là comme des sentinelles pour veiller à leur prise en compte. Il est inadmissible qu’on se permette d’organiser des élections alors que les populations meurent de faim. I l est incompréhensible qu’on ait tant de richesses minières et qu’on soit confronté chaque année à la faim… Ce qu’il nous manque c’est l’adhésion de nos dirigeants au respect de leur engagement sur la souveraineté alimentaire. La faim n’est pas une fatalité, elle peut bien être occultée si l’Etat s’engage à le faire et on va le pousser à le faire. Je veux surtout que vous sachiez une chose : c’est notre droit de revendiquer cela car tant que la question de la faim ne sera pas réglée, notre pays le Niger ne sera jamais souverain. Faites-le savoir à ces politiciens qui viendront d’ici peu recueillir vos suffrages ! J’attire votre attention chers frères et sœurs, ne donnez pas vos suffrages à des gens qui vous oublient ou qui n’ont pas du tout pitié de vous ! »

Pour Mamoudou Hassane de Mooriben : « Les hommes politiques se succèdent au Niger mais rien ne progresse à ce niveau. Tous ceux qui nous ont fait des promesses, n’ont pas tenu parole. Méfiez-vous ! » lance t-il à la foule en signe d’avertissement avant de poursuivre : « la majorité des participants à cette marche ont parcouru plus d’un millier de kilomètres pour interpeller les décideurs qui les ont abandonné face à la crise alimentaire qui a décimé la moitié du cheptel , qui les ont laissé seuls face aux inondations qui ont emporté le reste de leur bétail ; et pire qui répondent encore aux abonnés absents à ce moment crucial où ils veulent un appui pour la reconstitution de leur cheptel ! ».

Ibrahim Manzo DIALLO

Source : http://www.alternativeniger.org

 
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