lundi, 19 novembre 2018
 

Nigéria : quand « l’ignominie » de Boko Haram rejoint celle de l’oligarchie mondialiste

Nous sommes particulièrement choqués du traitement promis aux jeunes filles enlevées en nombre dans le Borno au nord-est du Nigéria par le groupe islamiste Boko Haram dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché ». Encore une fois c’est la femme qui est méprisée et maltraitée, réduite ici à l’esclavage comme dans une résurgence du génocide voilé qu’a constitué le premier esclavagisme africain.

Certes les gens de cœur ont raison de se rassembler pour crier « rendez nous nos filles ! » mais l’agitation médiatique ne doit pas nous faire oublier que Boko Haram est le monstre fabriqué par les gouvernants nigérians successifs, un monstre qui multiplie les attentats jusqu’à Abuja la capitale du Nigéria, profitant des manquements des forces de sécurité pour créer une situation de terreur.

Car cet extrémisme meurtrier (environ 1600 morts depuis début janvier) n’est pas sans lien avec le chaos organisé par le capitalisme financier pour faciliter son expansion sans limites. Observons que cette tragédie humaine qu’ont constituée les enlèvements d’avril a eu lieu au moment où se réunissait à Abuja le Forum économique mondial, réunion de l’oligarchie mondialiste, dont l’unique préoccupation est de s’enrichir sur le dos des peuples. Car le Nigéria vient de ravir à la République Sud Africaine le titre de champion économique de l’Afrique, titre qui ne repose que sur l’exploitation du pétrole dans des conditions écologiquement inacceptables, au mépris de la santé des populations concernées et sans qu’une quelconque redistribution des richesses ne soit organisée en particulier auprès des populations des régions défavorisées du nord.

Fela_Anikulapo_Kuti.jpgDepuis Fela Anikulapo Kuti rien n’a changé en termes d’injustices sociales et de répression militaire brutale dans ce pays. Il est vrai que le champagne coule à flots chez une certaine jeunesse arriviste de Lagos et que la corruption généralisée permet au business de prospérer, ce qui ne peut déplaire à notre Ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans sa conception affairiste de la diplomatie française. Rappelons nous aussi que la France du général de Gaulle n’est pas exempte de responsabilité au Nigéria pour avoir soutenu la sécession du Biafra dont le Nigéria ne s’est toujours pas remis.

Le Parti de gauche exprime sa révolte face à ces pratiques obscurantistes et réaffirme que seule une construction laïque et sociale de la souveraineté africaine grâce à l’éducation, peut permettre de faire face à de telles dérives sectaires.

Le Parti de gauche rappelle son exigence que le gouvernement français cesse son soutien aux dictateurs du Nigéria et des pays voisins afin que des gouvernements démocratiques puissent émerger de la révolte populaire et prendre en main leur propre sécurité.

 
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