jeudi, 19 septembre 2019
 

Collectif Libérez GUY MARIUS, SUNU Pétrole, SUNU Gaz

FRAPP Sénégal

Texte liminaire conférence de presse du jeudi 08 août 2019

Le mardi 16 juillet 2019, Guy Marius Sagna est arrêté et conduit à la Section de recherche de la gendarmerie nationale sur ordre du Procureur de la République pour s’expliquer sur deux publications faites sur les réseaux sociaux. Dans ces publications, Guy Marius Sagna déplore le fait qu’après 59 années d’indépendance, les élites politiques du Sénégal vont se soigner ou finir leurs jours dans les hôpitaux de l’ancienne puissance coloniale pendant que les infrastructures hospitalières du pays demeurent des mouroirs pour les populations. Ces deux publications ne pouvant fonder une infraction, après quatre jours entre la Section de recherche de la gendarmerie, la Cave du tribunal de Dakar et la cellule du Commissariat central de Dakar, Guy Marius Sagna est placé le 19 juillet 2019 sous mandat de dépôt par le Procureur sous le chef d’accusation de « fausse alerte au terrorisme » au moment où le pays était concentré sur la finale de la coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Mais voilà que le 5 août 2019 le Procureur de la République se fend d’un communiqué dans lequel on lit que « Guy Marius Sagna est poursuivi du chef de diffusion de fausses nouvelles suite à ses déclarations selon lesquelles la France préparerait un attentat contre le Sénégal » sans dire QUAND et OU l’accusé a pu faire la dite « fausse alerte » ou « fausses nouvelles ».

Cette sortie publique pour répondre aux mobilisations populaires et citoyennes nationale et internationale par laquelle le Procureur passe de l’accusation de « fausse alerte au terrorisme » à « diffusion de fausses informations » doit être tout simplement qualifiée de faux et usage de faux et de flagrant abus de pouvoir

En effet, non seulement c’est injuste et faux d’attribuer à Guy Marius personnellement une déclaration qui émane du mouvement le FRAPP (Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire et Panafricaine) dans lequel Guy Marius n’est qu’un des adhérents, mais en plus le FRAPP a tout simplement fait écho à la déclaration publique d’un député de la majorité présidentielle expliquant que si le Président n’avait pas donné sa part de pétrole à la firme française TOTAL « la France allait ouvrir les portes du Sénégal aux rebelles du Mali » (18 février 2019 ) et à celle du ministre de l’intérieur français à Dakar, M. C. Castaner, selon laquelle « le terrorisme est présent au Sénégal » (21 mai 2019).

Et pourtant ni le député, ni le ministre de l’intérieur Français ne sont poursuivis pour « fausse alerte au terrorisme » ou pour « diffusion de fausses informations » lesquelles « au-delà de leur caractère faux et de la psychose qu’elles créent, peuvent avoir des conséquences graves sur la tranquillité et la sécurité des citoyens et des étrangers vivant au Sénégal » (idem). Décidément le syndrome du « tirailleur au service de la mère patrie la France » des guerres coloniales est-il en train de contaminer la Justice du pays ?

Ce faisant le Procureur se fait le bras armé du pouvoir présidentiel actuel et de la françafrique pour :

- Réprimer le mouvement citoyen et populaire Aar Li Nu Bok qui exige la transparence, la vérité et la justice dans la gestion du pétrole, du gaz, du zircon, de l’or et du fer ;
- Museler l’un de ses porte-voix emblématique Guy Marius Sagna ;
- Enrayer la mobilisation du peuple pour la bonne gouvernance des richesses naturelles ;
- Empêcher les interrogations légitimes sur le rôle réel de la France officielle au-delà de la posture dans la « lutte contre le djihadisme » au Mali et dans les pays du Sahel-Sahara. Pour toutes ces raisons, nous appelons les populations, les démocrates et tous ceux et celles qui demandent la transparence, la vérité et la justice dans la gestion de nos ressources naturelles à exiger avec nous : LA LIBERATION IMMEDIATE, TOTALE ET SANS CONDITION DE GUY MARIUS SAGNA. Trop c’est trop, il n’a rien à faire à la prison de Rebeuss.

 
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