mardi, 18 décembre 2018
 

Sénégal : le Wade mecum de la démocratie

Le 25 mars 2012 nous avons tous appris, par une information d’une importance décisive et que nous ne soupçonnions pas, -surtout les Sénégalais- : Abdoulaye Wade est un grand démocrate.

En effet, cela aurait put nous échapper. Le simple fait qu’il reconnaisse sa défaite lui assure, désormais, une place de choix au Panthéon des grands Hommes d’Afrique et chacun d’y aller de son petit couplet laudateur. Sarkozy, toujours dans les premiers quand il s’agit de faire une saloperie sur le Continent, déclare : « En acceptant le choix de vos compatriotes vous apportez, une fois de plus, le témoignage de votre attachement à la démocratie ». Quant à Bourgi il rivalise dans la flagornerie : « Votre geste d’hier, Président WADE, est fidèle à ce qui, tout au long de votre vie politique, a guidé votre réflexion et votre combat : le triomphe de la Démocratie ».

Il est vrai que Wade a suivi les mêmes voies démocratiques que ses congénères, tout aussi habités par les valeurs de liberté et de respect des droits humains, ce qui leur vaut un soutien sans faille du gouvernement Sarkozy. Quelques preuves ? Les voilà ! :

- · Biya à organisé des élections à un tour pour être sur d’être élu, Wade à tenté de faire la même chose avec, il est vrai, moins de bonheur.
- · Lors de l’élection présidentielle, Faure Gnassimbé à mis sur le marché des sacs de riz à 2000 FCFA et distribué des microcrédits non remboursables, s’il était élu. Wade, en voyageant à travers le pays, a lui aussi acheté les consciences, mais pas assez visiblement.
- · Le Zimbabwéen Mugabe ou l’Ougandais Museveni mènent des campagnes anti-homosexuels, pour faire oublier leur bilan catastrophique ; Wade, entre les deux tours, à suivi scrupuleusement leur exemple nauséabond.
- · Omar Bongo s’était arrangé pour mettre son fils Ali au pouvoir, Wade n’a eu de cesse de faire de même avec son rejeton Karim.
- ·Joseph Kabila a organisé une répression sanglante contre les manifestants, Wade également avec un bilan de six personnes assassinées.

Pour ceux qui resteraient dubitatifs ou hésitants, ceux qui croiraient que Wade a reconnu sa défaite bien évidemment parce qu’il ne pouvait pas faire autrement du fait du score de son concurrent Macky Sall (65%) ou à ceux encore qui penseraient que la mobilisation des populations a mis sous contrôle le processus électoral l’obligeant à le respecter, nous leur disons qu’ils font fausse route. Bien sûr : Wade est parti, parce qu’il est comme les Deby, les Nguesso ou les Ouattara, un grand dé-mo-cra-te ; preuve en est, Sarkozy les a tous reçu en grande pompe à l’Élysée.

La seule chose que l’on puisse regretter (sérieusement), c’est que le ridicule ne tue pas ; d’un coup on aurait pu être débarrassé de toute la Françafrique !

Paul Martial

 
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