samedi, 25 novembre 2017
 

Sénégal : Déclaration commune

STRATEGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DU SENEGAL : S’APPROPRIER LES CONCLUSIONS DES ASSISES NATIONALES, UNE EXIGENCE POPULAIRE, UN ENJEU STRATÉGIQUE DE LIBÉRATION NATIONALE ET ÉMANCIPATION SOCIALE.

STRATEGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DU SENEGAL : S’APPROPRIER LES CONCLUSIONS DES ASSISES NATIONALES, UNE EXIGENCE POPULAIRE, UN ENJEU STRATÉGIQUE DE LIBÉRATION NATIONALE ET ÉMANCIPATION SOCIALE.

Après la récente déclaration de politique générale du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, le nouveau pouvoir vient d’adopter le Document portant stratégie nationale de développement économique et social (2012-2017). La politique économique ainsi déclinée va-t-elle dans le sens de la rupture d’avec l’orientation des politiques d’ajustement structurel jusque là édictés par le FMI et la Banque mondiale, les politiques économiques de l’ère Wade comme la stratégie de croissance dite accélérée ou le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP I et II) ? Serait-elle un bégaiement de l’histoire confinant le changement du 25 mars à une simple alternance néolibérale, ou appelle-t-elle une transition vers une alternative populaire de rupture ? Cette politique constitue certes un pas en avant, tout d’abord parce qu’elle garantit un soubassement unifié pour l’harmonisation des différents niveaux de déploiement et d’organisation des politiques publiques ; l’intégration des exigences sociales dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation, de l’emploi et autres constituants du capital humain, mérite d’être relevée. Cela, contrairement à ce qui se faisait dans la dernière période où les improvisations et autres tâtonnements récurrents donnaient une forte impression de pilotage à vue et alimentaient des appréhensions tout à fait fondées quant à la capacité à relever les défis. Mais ce qui manque apparemment le plus dans cette stratégie, c’est l’harmonisation avec l’orientation et les conclusions des Assises nationales, ce malgré le dépôt par les plateformes sectorielles des A.N. des résultats de leurs travaux, sans oublier l’effort important de systématisation fourni par le Groupe de Travail et de Suivi. Au demeurant, faut il le rappeler, le Président Macky Sall lui-même, a non seulement signé la Charte de gouvernance démocratique mais a aussi appelé les acteurs des Assises à le soutenir, promettant lui-même d’en matérialiser les orientations et conclusions. S’engagera-t-on résolument dans cette voie ? S’y engager, c’est privilégier l’intérieur sur l’extérieur. Il s’agit dans cette optique de se définir des objectifs nationaux fondamentaux en toute souveraineté, d’élever fortement la productivité en général, dans le domaine agricole en particulier, d’impulser une industrialisation de soutien à une telle révolution agricole, comme autant de piliers d’un processus d’accumulation et de reproduction endogènes, pour une véritable dynamique d’auto-développement. C’est aussi se doter des leviers de mise en action de tels objectifs pour les rendre si durablement opérationnels qu’ils seront capables d’infléchir l’emprise monopoliste des circuits financiers et monétaires transnationaux sur notre économie et de faire sauter le corset de cette réalité toujours palpable qu’est la domination néocoloniale sur notre pays et notre continent.

Une politique de croissance soutenue est importante, mais si elle est façonnée par une vision sociale extravertie, elle ne ferait, fût-elle à deux chiffres, qu’accroître notre dépendance et notre endettement. Elle développerait une force sociale élitiste aliénée, déculturée et porteuse de soumission à la domination étrangère. Elle se préoccuperait peu d’une redistribution équitable des richesses, encore moins d’une politique de revenus fondée sur un échange égal de valeurs entre les différents secteurs de l’activité socioéconomique. Les forces élitistes déculturées, compradores et prédatrices façon Abdoulaye Wade, ne peuvent aucunement être la base sociale du développement de notre pays et de notre continent. Ces forces sont incapables d’incarner un projet autonome vis-à-vis des diktats de l’extérieur ; au contraire, elles sont l’expression d’un projet sociopolitique excluant les masses ; elles sont les véhicules, comme la nuée qui porte l’orage, des antivaleurs et d’une culture d’aliénation, lesquelles, par ricochet, plombent toute perspective authentique de développement national au service du peuple. C’est le lieu de souligner que tous les voleurs et autres cambrioleurs de la République qui mettent leurs intérêts propres, ceux de leurs enfants ou de leur clan, au dessus de la survie de notre peuple et de notre pays, qui versent dans la diversion, les fanfaronnades et les menaces, doivent être traduits urgemment devant la justice, de gré ou de force, afin de rendre compte et d’être envoyés à leur vraie place, les prisons de Rebeuss, de Ndoungsine et d’ailleurs. Le Président de la République, le gouvernement, les juridictions compétentes ont le devoir sacré de poursuivre résolument l’entreprise salutaire de répression des crimes économiques et financiers, de recouvrement des ressources nationales détournées et dilapidées : ils doivent bénéficier du soutien déterminé de tous les patriotes et démocrates pour mener ce combat jusqu’au bout et sans faiblesse. Il s’agit là en effet d’un impératif pour défendre la victoire du 25 Mars, faire barrage aux fossoyeurs de la République, afin d’avancer fermement sur la voie du redressement national, de la refondation de la République, de l’unité et de l’indépendance des pays africains, voie largement tracée par les conclusions des Assises Nationales du Sénégal. Le peuple du 25 Mars, les acteurs ou parties prenantes des Assises, les forces populaires et citoyennes de progrès, doivent se mobiliser plus que jamais afin de faire aboutir victorieusement le combat prolongé pour la libération nationale et l’émancipation sociale, au Sénégal et partout ailleurs en Afrique.

ONT SIGNE : Assane SAMB /FERNENT–MTPS, Alla KANE /ORDC, Dialo DIOP /RND, Madièye MBODJ/ YOONU ASKAN WI

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes