mercredi, 22 novembre 2017
 

Sénégal : Le monde du travail face aux conquêtes démocratiques du peuple

Le premier mai, fête internationale des travailleurs, est commémoré cette année dans un contexte mondial marqué par une crise du capitalisme que ce dernier essaie de faire supporter aux travailleurs, aux exploités, aux démunis et aux pays pauvres, suscitant le refus et la révolte de tous les laissés-pour-compte. Dans notre pays, les forces démocratiques et populaires, sur la lancée de l’historique journée du 23 juin 2011, sont venues à bout du régime despotique et libéralo-monarchique de Wade, en le dégageant proprement, créant ainsi les conditions d’émergence d’une république démocratique et citoyenne.

NOS EXIGENCES IMMEDIATES :

Dans l’immédiat et dans le contexte post 25 Mars 2012, l’engagement juste et légitime du monde du travail au cœur des transformations politiques, sociales et culturelles en cours dans notre pays, s’inscrit comme volonté de rupture contre les conséquences des décennies d’exploitation, d’ajustement structurel et d’enrichissement, à la fois accéléré, indu et indécent, d’une caste mafieuse de parvenus qui ont déstructuré l’économie nationale et précarisé les travailleurs. Il s’agit dans ce cadre, pour les ouvriers et les masses laborieuses, de s’organiser de façon autonome à la base et à tous les niveaux au sein de leurs organisations, pour prolonger leur résistance contre les forces de régression et les bureaucraties syndicales qui veulent dévoyer les transformations en cours. Il sera ainsi possible aux travailleurs de lutter pour faire aboutir les exigences ci-après :
- Impulsion d’une gouvernance économique et sociale inclusive, assurant par la démocratie sociale, l’établissement d’un climat de confiance dans le monde du travail ainsi que la participation adéquate des organisations de travailleurs à la définition des politiques économiques et sociales.
- Détermination de l’état des lieux sur la situation des entreprises face aux dangers de liquidation de plusieurs unités industrielles et de divers acquis sociaux.
- Elévation optimale des productivités du travail comme base d’un développement endogène effectif.
- Mise en place d’une politique des revenus plus équitable, mettant fin aux privilèges indus et autres disparités exorbitantes, artificiellement créées pour des besoins clientélistes et électoralistes.
- Construction d’une capacité populaire de production et d’achat par le développement d’une industrie de biens de production, d’équipement et de consommation populaires, endogènes, accessibles et de qualité.
- Ratification et mise en pratique des lois du travail adoptées par les organisations internationales sur les conditions de travail, de santé et d’existence des travailleurs (OIT, BIT…).
- Préservation des intérêts des travailleurs des différents secteurs dans la conduite de négociations ou la signature d’accords, le respect des primes ou avantages conventionnés, la régularisation des travailleurs saisonniers, notamment dans les grandes unités comme la CSS et les ICS, ou autres entreprises.
- Promotion d’un service public de qualité, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration.
- Nécessité de mettre un terme au conflit en Casamance, au chômage et à la vie chère affectant lourdement les masses populaires des villes et des campagnes, ainsi qu’aux situations extrêmes de survie et de désespoir qui ont cours de façon générale et récurrente dans plusieurs secteurs dont la pêche, les bâtiments et travaux publics, l’hôtellerie, le transport, le nettoiement, le gardiennage, etc.

NOTRE PERSPECTIVE :

Tout en nous mobilisant pour la réalisation de ces exigences, il nous appartient de garder résolument la perspective de l’avènement d’une république sociale du travail, démocratique et citoyenne, dans les conditions du XXIème siècle. Celle-ci contribuera indéniablement à conforter les conquêtes de notre peuple dans le sens de garantir les intérêts essentiels et l’aspiration à l’épanouissement de la classe des producteurs de biens de production et de consommation, les masses laborieuses des villes et des campagnes qui constituent le socle vivant de notre société en pleine mutation.

Vive l’unité de lutte des travailleurs et des forces démocratiques !

Pour un syndicalisme unifié, combatif, démocratique et de masse !

Vive la classe ouvrière, vive les travailleurs !

DECLARATION DU 1ER MAI 2012

FERÑENT / MTPS - YOONU ASKAN WI / Mouvement pour l’Autonomie Populaire

 
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