mardi, 26 septembre 2017
 

Sénégal : Sur l’impunité

INTERVENTION AU FORUM D’INFORMATION ET DE SENSIBILISATION SUR LA LUTTE CONTRE L’IMPUNITE ET LA REDEVABILITE TRAJECTOIRE DU CONCEPT DE BONNE GOUVERNANCE

C’est un plaisir de participer au forum d’information et de sensibilisation sur la lutte contre l’impunité et pour la redevabilité. Il faut en remercier les organisateurs .Cette question est, au demeurant, une préoccupation du CIMAC depuis ses débuts. Aussi, je veux participer à la discussion en revenant très rapidement sur la trajectoire du concept de gouvernance.

Il faut, dés le départ, préciser que dans la plupart des sociétés, l’idéal de justice et d’équité, exprimé de manière explicite ou implicite, bien compris ou moins, constitue le soubassement justificatif de l’organisation. Ainsi, les sociétés ou des fractions dans celles-ci s’évertuent dans la quête de la bonne gouvernance. Cependant, il peut être établi que les contradictions sociales inspirent historiquement des interprétations différentes et parfois conflictuelles. De toute façon, le concept de bonne gouvernance tel qu’il prospère aujourd’hui est l’œuvre des institutions financières internationales (banque mondiale, FMI, OMC….).En effet, c’est dans le processus d’installation des programmes d’ajustement structurel et des difficultés provoquées que ces institutions financières internationales ont imposé ce concept dans les conditionnalités. Ainsi, à l’origine se trouve la préoccupation de remboursement de la dette des pays du tiers monde.

C’est par conséquent la recherche de profit qui reste le moteur de toute cette politique. Et, cela explique aussi que le système ait facilité au même moment la prolifération des paradis fiscaux qui permettent la distraction des capitaux et le recyclage de l’argent volé par les gouvernants dans certains pays. C’est aussi ce système qui est à la base des capitaux spéculatifs et de cette économie sans produits où l’argent est produit par l’argent.

Dés lors, il est évident que dans l’état actuel du monde, ce sont les institutions financières internationales, et par ricochet les Etats- Unis et les pays d’Europe qui impriment les orientations.

C’est pourquoi la crise du système remet en cause les bases de la civilisation occidentale. Pourtant, l’ordre des choses n’est ni naturel ni fatal. N’est –il pas possible de dégager de cette mystification entretenue par des fonctionnaires internationaux grassement payés et quelques intellectuels de bonne foi, une compréhension positive, opératoire et participant au reversement stratégique des situations. Assurément, en s’appuyant entre autres, sur les traditions culturelles positives, on peut féconder le concept de gouvernance pour l’édification d’un autre monde, un monde meilleur.

-  « Gor ca wax ja » : dit-on .Or la plupart des hommes politiques font des promesses et se font élire sur des programmes qu’ils ne peuvent pas réaliser. C’est tout le contraire d’une bonne gouvernance.
-  Les gestionnaires de deniers publics à tous les niveaux doivent rendre compte .Il faut, dans cette veine, s’engager dans l’audit des comptes, des services et des programmes. Comment peut-on proclamer la souveraineté du peuple sans rendre compte à celui-ci ? Il faut procéder aux audits mais surtout les soumettre au contrôle citoyen. Il ne s’agit pas de se laisser aller à la justice revancharde de vainqueurs. C’est pourquoi la verticalité et le dirigisme par lesquels le nouveau régime a institué la cour de répression de l’enrichissement illicite ne correspondent pas à la refondation par le truchement de larges concertations.
-  Et d’ailleurs, les gouvernants doivent prêcher par l’exemplarité .Ils ne peuvent pas indiquer une voie au peuple tout en allant dans une direction opposée.

Pour finir ce propos, il faut reconnaître que les institutions financières internationales ont accompagné les politiques actuelles de conditionnalités parmi lesquelles la bonne gouvernance .C’est une façon d’occulter les échecs et les drames que leurs orientations ont provoqué dans la marche du monde. C’est pourquoi le concept de gouvernance doit être renversé et approprié dans une perspective positive.

En tout cas, l’humanité et le Sénégal ne sont pas en attente de chefs vivant dans l’opulence alors que le peuple souffre dans la pauvreté et l’indigence.

Je vous remercie

Samba GUEYE SECRETAIRE Général du CIMAC

 
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