mercredi, 22 novembre 2017
 

Violations par le Sénégal de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants

Des organisations de la société civile dénoncent les violations par le Sénégal de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants A l’occasion de l’examen du rapport du Sénégal par le Comité sur les Travailleurs Migrants des Nations Unies les 24 et 25 novembre 2010, des organisations non gouvernementales sénégalaises et internationales présentent un rapport alternatif détaillant la responsabilité du gouvernement sénégalais pour les violations commises à l’encontre des travailleurs migrants. Le rapport présente le contexte politique, sécuritaire et légal qui entoure le traitement des travailleurs migrants, tels que le durcissement des politiques européennes migratoires et l’externalisation des frontières européennes, la criminalisation de l’immigration et la mise en place d’un cadre politique répressif et sécuritaire, l’augmentation importante de l’usage de la détention et des expulsions, ainsi que le manque de transparence et de consultation dans la mise en place des politiques migratoires sénégalaises. Ces développements récents ont entrainé de graves violations des droits des travailleurs migrants détaillées dans le rapport : violations du droit à la vie, discriminations, mauvais traitements, abus sexuels, détentions arbitraires, expulsions collectives et arbitraires, séparation des familles, privation arbitraire de la propriété privée, violations du droit à un recours effectif, du droit de quitter tout pays, du droit à la vie privée, etc.

Les organisations de la société civile insistent sur la responsabilité que porte le Sénégal pour les violations infligées aux travailleurs migrants au Sénégal, ceux en transit dans le pays, ceux qui tentent de migrer par la mer ou par le désert nord-africain, ainsi qu’à l’encontre des travailleurs migrants sénégalais résidant à l’étranger. En effet, les organisations signataires considèrent que le gouvernement sénégalais peut être tenu partiellement responsable des violations commises en dehors du Sénégal notamment du fait de sa collaboration avec les politiques migratoires européennes qui sont en contradiction avec les dispositions de la Convention sur les Travailleurs Migrants.

Le rapport alternatif formule une série de recommandations appelant le Sénégal à respecter pleinement les dispositions de la Convention sur les Travailleurs Migrants. Notamment, les organisations signataires appellent le gouvernement du Sénégal ainsi que les autres gouvernements africains à refuser de collaborer avec les pays européens dans leurs politiques de gestion des flux migratoires qui engendrent des violations des droits humains et qui criminalisent les migrants. Les organisations exhortent tous les Etats à cesser d’adopter des politiques gouvernementales conduisant à la violation des droits des travailleurs migrants et de leurs familles et appellent ainsi à la ratification universelle de la Convention sur les Travailleurs Migrants et au respect de tous les instruments régionaux et internationaux des droits humains.

Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) (Afrique/Sénégal)

West African Refugee and International Displaced Persons Network (WARIPNET) (Afrique de l’Ouest/Sénégal)

PARI/CARITAS - Sénégal (Point d’Accueil pour Réfugiés et Immigrés) (Sénégal)

ONG Association Nationale pour l’Alphabétisation et la Formation des Adultes (ONG ANAFA)(Sénégal)

Réseau Africain pour le développement Intégré (RADI)(Afrique / Sénégal)

Centre Africain pour l’Education aux Droits Humains (CAEDHU)(Sénégal)

Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) (Sénégal)

Avec le soutien de :

Justice sans frontières pour les migrants et migrantes (JSF-JWB Migrants) (Afrique / Europe)

Fédération internationale des ligues des droits de L’Homme (FIDH) (international)

Réseau Panafricain pour la Défense des Droits des Migrant-es - Section Diaspora Europe (International / Europe)

Comisión Española de Ayuda al Refugiado (CEAR) (Espagne)

Migrants Rights International (MRI)(international / Suisse)

Open Society Initiative for West Africa (Afrique de l’Ouest / Sénégal)

 
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