jeudi, 13 décembre 2018
 

Dans l’Italie de Salvini, chasse aux Noirs et montée du racisme

Depuis le début de l’été, l’Italie connaît une recrudescence d’actes racistes, notamment envers les Noirs, qui s’inscrivent dans la continuité de l’élection de Matteo Salvini, leader de la Ligue, le parti d’extrême droite italien. Ce dernier, peu enclin à condamner ces violences, a plusieurs fois remis de l’huile sur le feu et laisse planer un climat qui pousse les auteurs d’actes racistes à se sentir autorisés dans leurs violences.

Ces derniers temps, les cas de violences racistes en Italie sont en pleine recrudescence suite à l’élection de Matteo Salvini au poste de premier ministre. Récemment, l’athlète italienne d’origine nigériane Daisy Osaku a été victime d’un jet de projectile au visage de la part d’hommes qui, selon ses propos, "cherchaient une femme de couleur". Mais ce cas n’est malheureusement pas isolé puisqu’il fait suite à de très nombreuses situations similaires, que ce soit celle d’un marocain qui a perdu la vie sur la route alors qu’il tentait d’échapper à des agresseurs italiens qui le poursuivaient, d’un jeune sénégalais de 19 ans qui s’est fait battre dans un bar à Palerme aux cris de "sale nègre" ou du meurtre d’un syndicaliste d’origine malienne en Calabre. Cette flambée de violence raciste constitue, selon l’éditorialiste Francesco Merlo, une véritable "chasse aux Noirs estivale" qui constituerait "une pathologie sociale, une odieuse et mortelle sous-culture nationale".

En effet, les autorités italienne, notamment en la personne de Matteo Salvini, ne se sont pas montrées très vives dans leur condamnation de ces actes racistes alors même que leur nombre inquiète. Le premier ministre feint la surprise lorsqu’il lâche "Il y aurait un climat raciste en Italie ? Ne disons pas de bêtises !", alors même qu’en temps que membre de la Ligue il en connaît un rayon sur les idées racistes que sa formation d’extrême-droite véhicule depuis ses débuts. Sa sortie sur les migrants lors de son investiture, qu’il a réitéré en affirmant à leur égard que "La belle vie, c’est fini !", en dit long sur la mauvaise foi dont il fait preuve.

Non content de nier la violence raciste qui sévit dans le pays, Salvini en a rajouté une couche en ressortant le vieux refrain qui assimile immigration et délinquance. Ainsi, selon les chiffres du premier ministre, "il y a environ 700 délits commis chaque jour en Italie par des immigrés, soit près d’un tiers du total, et ceci est la seule vraie urgence pour laquelle je me bats en tant que ministre". Cette délinquance est ainsi présentée comme consubstantielle aux immigrés et nullement à leurs conditions de vie précaires. Un pur classique de l’extrême droite.

Malgré les critiques qui fusent à l’encontre de l’attitude du ministre qui laisserait planer comme un sentiment d’autorisation à faire la chasse aux étrangers, ce dernier n’a pas changé de position et a même renchéri en dévoilant son véritable visage. Reprenant, le jour même de l’anniversaire du Duche les propos de Mussolini, Salvini s’est félicité avec la formule "beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur" qui montre bien sa détermination de nouvel homme fort du gouvernement qui tente de justifier son pouvoir par la haine de l’autre alors même que sa coalition avec le Mouvement 5 étoiles ne parvient pas à redresser la barre de l’économie.

 
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