mardi, 28 mars 2017
 

Togo : Conférence de presse de l’ANC

Déclaration liminaire

L’ANC exige le dédommagement des commerçants et la libération des détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé

Il y a de cela quatre ans, en janvier 2013, deux incendies criminels dévastaient tour à tour, les marchés de Kara et de Lomé, sans que les services de la protection civile, totalement défaillants, aient pu apporter quelque secours que ce soit pour juguler le sinistre ou protéger et sauver les marchandises.

Ces incendies ont causé d’importants dégâts matériels et semé la désolation, la détresse et le doute parmi les femmes des marchés ainsi que les commerçants et leurs proches.

A ce jour, aucune enquête sérieuse et crédible n’a été diligentée pour identifier les causes et situer les responsabilités d’une telle catastrophe. Plutôt soucieuses de décapiter l’opposition et de neutraliser la mobilisation populaire, les autorités togolaises se sont empressées d’incriminer sans discernement et d’arrêter plusieurs dirigeants et militants des partis de l’opposition ainsi que des organisations de la société civile. Les personnes arrêtées sont torturées et l’une d’entre elles trouve la mort en détention.

Aujourd’hui encore, alors que la prétendue instruction est closeet qu’aucun procès n’est annoncé, un ancien député et une dizaine de jeunes croupissent toujours en prison. Certains dirigeants et militants, mis en ‘’liberté provisoire’’, sont l’objet d’inculpations arbitraires et placés sous contrôle judiciaire. D’autres sont contraints à l’exil.

L’ANC exige une fois encore, le dédommagement de tous les commerçants et commerçantes ruinés, la libération immédiate et sans condition des détenus, la levée des inculpations et le libre retour des exilés, l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir la vérité sur cette affaire. L’ANC dénonce la mauvaise foi des pouvoirs publics qui n’hésitent pas à recourir à l’arbitraire, au harcèlement et au chantage,à la violence, à la terreur et aux violations des droits et libertés pour empêcher l’expression du mécontentement populaire.

L’ANC invite le gouvernement à répondre aux aspirations des populations togolaises en termes de sécurité publique, de réformes politiques et de saine gestion des finances de l’Etat, au lieu de poursuivre sa politique d’enfumage et de dilatoire par la multiplication d’ateliers et de commissions qui n’ont d’autres buts que d’enterrer l’Accord Politique Global (APG). Il en est ainsi de l’atelier du HCRRUN en juillet 2016, de l’atelier sur la décentralisation en décembre 2016 et de la mise en place récente de la commission nationale de réflexion sur les réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles. Autant de manœuvres qu’à l’instar d’autres partis de l’opposition, l’ANC dénonce et condamne fermement.

L’ANC appelle à la vigilance de l’ensemble des populations togolaises pour qu’elles disent non au sabordage de l’APG.

Fait à Lomé, le 10 janvier 2017

Pour le Bureau National Le Vice-Président

Signé

Patrick LAWSON-BANKU

 
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