dimanche, 22 octobre 2017
 

Togo : Le personnel de Wacem et Fortia en grève illimitée

Vivre de son travail quand on est employé à Wacem et à Fortia, est un luxe que, seulement, s’offrent les responsables de ces deux entreprises, spécialisées dans la fabrication et la commercialisation du ciment. Les travailleurs, après trois jours de grève qui n’ont rien donné, optent pour une cessation de travail à durée indéterminée.

Ce n’est plus un secret pour personne. Wacem et Fortia génèrent d’énormes chiffres d’affaires annuelles que les employeurs (des Indiens) prennent le soin de rapatrier. Pendant ce temps, ceux qui y travaillent vivent mal, très mal au point de crier leur ras-le-bol à travers ce mouvement de débrayage.

Dans les usines, les conditions de travail sont difficiles, ce qui amène des autorités locales à apporter un soutien à peine voilé aux responsables du Syndicat démocratique des mines (Sydémines).

« Nous trouvons que c’est sérieux et nous n’allons pas nous taire. Sachez que vous tous qui êtes là, vous devez rester solidaires pour revendiquer. Le ministre des Mines est intervenu. Nous n’allons pas vous dire d’entrer en grève, vous devez reprendre. Vous allez reprendre le travail et quand ils disent, faites ceci, vous le faites. Le ministre a promis de vous aider et nous allons l’attendre », a conseillé le préfet de Yoto, Komlan Toudéka.

La grève de 72 heures lancée entre-temps, a pris fin mercredi dernier. Après une réunion, le syndicat a décidé de reconduire le mouvement qui sera cette fois-ci illimité.

« Nous avons trois principales revendications qui nous ont motivés à entrer en grève. La première concerne les travailleurs contractuels. Il est vrai que la loi a prévu qu’il y ait des tâcherons, mais elle ne prévoit pas qu’un emploi censé être permanent soit confié à un tâcheron. La deuxième est relative à la grille salariale appliquée par Fortia. Notre troisième revendication qui concerne principalement Wacem est la santé des employés », a expliqué Kodjovi Sedonou, Secrétaire général Adjoint de Syndémines.

Wacem, Fortia et PP Bag exploitent des milliers de travailleurs qui font déjà dix-huit (18) ans dans le service. Mais ils gardent toujours le statut de contractuels.

 » Au lieu d’être recrutés comme des permanents, on confie leurs contrats à des tâcherons qui les recrutent, ceci pour éviter de payer un salaire normal. Nous demandons que ces travailleurs soient reconnus comme des travailleurs permanents recrutés par l’employeur principal. A partir du moment où ces emplois sont liés à l’activité normale des usines, il n’est pas question qu’on garde ces travailleurs sous des tâcherons »

Le Secrétaire général de Sydémines dit ne pas demander grand-chose aux employeurs que le respect du Code du travail, notamment le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), le versement des cotisations à la caisse devant leur « assurer la retraite », la prise en charge médicale des employés de Wacem particulièrement et l’avancement des travailleurs. « Les avancements sont inexistants à Wacem, Fortia et à PP Bag », déplore-t-il.

Pour le moment, du côté de l’employeur, c’est le silence.

Source : Ici Lomé

 
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