jeudi, 15 novembre 2018
 

Togo : Répression des manifestants devant l’Ambassade de France : était-ce avec l’accord de l’ambassadeur ?

« Maintenant nous allons utiliser la guérilla urbaine. Ça ne va pas tarder. Maintenant la guerre est déclarée », ainsi parlait un responsable du Collectif « Sauvons le Togo » après la répression du sit-in devant l’Ambassade de France.

Si le ministre de la sécurité adepte de la duplicité a toujours nié ne connaître qui donne l’ordre de réprimer les manifestants du CST, cette fois-ci on sait qui a donné l’ordre de tirer des gaz lacrymogènes sur les manifestants devant l’Ambassade de France. Puisque le directeur de la police nationale Mompion et le Commissaire divisionnaire Sama étaient derrière les forces de l’ordre quand ceux-ci passaient à l’action. Sans sommation ces forces ont tiré des gaz et des jets d’eau sur la foule agglutinée devant la porte de l’Ambassade. La foule cognait la porte et certains ont même escaladé le portail avant d’être rattrapé par les coups.

Après leur sinistre besogne, le drapeau togolais apporté par les manifestants était toujours accroché au portail de l’Ambassade et sur le sol des chaussures et des appareils portables. Plusieurs blessés signalés. Des sources font état d’un vieil homme qui a trépassé et qui a été amené par les policiers dans leur voiture.

Selon des indiscrétions, l’ambassadeur français qui serait proche de la droite française aurait donné son accord pour que les manifestants pacifiques soient chargés. Il ferait même des pieds et des mains actuellement pour que Faure Gnassingbé soit invité prochainement à Paris pour le 14 juillet. Si cette information se confirmait, il serait regrettable de voir qu’un représentant d’une grande nation de la démocratie comme la France continue d’être complaisante avec la dictature.

Il faut dire que interdits d’accès au terrain du stade de Béniglato, où était prévu un meeting, spontanément les manifestants du CST se sont repliés devant l’Ambassade de France. Ils étaient campés devant l’Ambassade pour un sit-in improvisé et tout se déroulait sans animosité particulière. L’ambiance était entretenue par la fanfare et par les femmes qui entonnaient des chants du terroir et du gospel.

« Faure démission », « Faure démission », « Faure démission », et « François Hollande au secours », « François Hollande au secours », « François Hollande au secours » scandaient la foule.

La foule s’agrandissait et pour éviter que le mouvement prenne une tournure, les forces de l’ordre voulaient intervenir mais comment ? C’était le dilemme auxquelles elles étaient confrontées. Finalement Mompion, Sama et quelques minutes plus tard Yark étaient arrivés sur le terrain. Et ils ont donné l’ordre de réprimer.

En ce moment, Francis Pedro Amuzu du CST pouvait s’exprimer à la foule en ces termes : « Si on nous charge nous prenons l’Ambassade. Nous demandons à l’Ambassadeur de dire à Faure Gnassingbé qu’aujourd’hui, il va tuer des Togolais mais lui aussi il va partir. La France ne doit pas être complice de ce qui se passe. Jusqu’à présent nous n’avons rien cassé mais si on nous charge nous rentrons dans l’Ambassade ».

Il n’aura pas le temps de terminer quand les forces de Mompion se ruaient sur la foule.

Dispersés certains se sont rendus à l’Ambassade d’Allemagne. Finalement, à la nuit tombée les responsables leur ont dit de rentrer d’être à l’écoute de nouveau mot d’ordre.

Ainsi le pouvoir togolais vient encore de franchir un autre palier dans volonté de réprimer tout mouvement de contestation. Après avoir blessé un ancien Premier ministre dans ces manifestations, et après l’avoir enlevé dans son domicile quelques jours plus tard, c’est devant le représentant diplomatique qu’il a décidé de réprimer ses concitoyens.

F. Dzidula

Source : www.mo5-togo.com

 
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