dimanche, 18 novembre 2018
 

Algérie : la révolte des travailleurs pétroliers du Sahara

Le comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA souligne l’événement majeur que constitue la récente mobilisation des travailleurs de la Sonatrach, la société nationale d’exploitation des hydrocarbures, dans les zones sahariennes où sont extraits le gaz et le pétrole, principales richesses du pays (98 % des exportations et 60 % du budget de l’État). Jusqu’alors, les multiples sites d’exploitation, gérés par la Sonatrach avec des firmes multinationales américaines et européennes, étaient autant de zones de non-droit social et syndical, où les travailleurs algériens subissent des conditions de travail très éprouvantes, pour des salaires d’une insigne faiblesse.

Le 3 mars, plus d’un millier de travailleurs du grand site gazier de Hassi R’mel se sont rassemblés devant la direction régionale de Sonatrach. Ils réclament une augmentation de 100 % du salaire de base et une revalorisation de l’indemnité de zone et des conditions de vie (IZCV), qui reste calculée sur la base d’un salaire minimum mensuel de 6 800 dinars, alors que celui-ci est de 15 000 dinars (soit 150 euros, niveau lui-même ridiculement faible au regard du coût de la vie). Idem pour la « prime de nuisance », d’un niveau dérisoire (800 à 2 400 dinars par mois) et l’« indemnité de travail posté », alors que les pétroliers travaillent chaque jour dans des conditions dangereuses. Les militants syndicaux indépendants ont distribué aux travailleurs de Sonatrach un appel à la mobilisation, intitulé « Halte à la hogra (mépris) », qui affirme notamment : « Au moment où tous les secteurs d’activité connaissent des augmentations de salaires conséquentes, les décideurs de l’entreprise Sonatrach continuent d’ignorer les préoccupations majeures de leurs travailleurs en affichant un mépris et un silence absolu en complicité avec le syndicat national [l’UGTA]. Ce dernier s’est désinvesti de ses prérogatives, en priorisant leurs intérêts et privilèges au détriment des droits légitimes des travailleurs. » « Pour l’heure, nous lançons un avertissement à la direction », a expliqué à la presse l’un des dirigeants du mouvement, « mais si les responsables à Alger continuent de faire la sourde oreille, nous décréterons une grève de la faim générale. C’est la seule manière qui nous reste pour se faire entendre. »

Les cadres de Sonatrach travaillant dans les zones sahariennes ne sont pas en reste. Ils ont commencé à se mobiliser sur plusieurs sites, comme sur la base de vie de Stah à In Aménas (Illizi), où un syndicaliste « autonome » a déclaré : « Nous avons un salaire minable comparativement à celui des expatriés. Nous avons le même travail, mais nous, algériens, sommes payés à 500 euros [par mois], tandis que les salaires des expatriés atteignent parfois les 10 000 euros. » Et un autre de préciser : « Nous assistons ces dernières années à l’aggravation de certains maux à l’instar du stress. Nous avons 40 % de nos effectifs qui souffrent de maladies chroniques, un chiffre qui est très sensible à mon avis. Il y a surtout des diabétiques, des hypertendus et des cardiaques. Après vingt à vingt-cinq ans de travail dans un milieu aussi stressant, il y en a peu qui peuvent sortir indemnes »…

Source : www.cisa-solidaritesyndicats...

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