vendredi, 24 novembre 2017
 

Les luttes des peuples arabes nous montrent la voie !

Depuis plusieurs mois, une vague de contestation populaire se propage dans le monde arabe. Partie de Tunisie, elle touche à présent notamment l’Algérie, l’Egypte, le Yémen et la Jordanie. Partout, ce sont les mêmes raisons qui ont poussé les peuples à se révolter : des régimes corrompus au service des puissances impérialistes (notamment la France) provoquant misère, chômage et répression. Cela exprime des années de contestations et montre à la face du monde la réalité économique et sociale de ces pays.

En Tunisie, la révolution n’est pas terminée ! Après avoir dégagé Ben Ali, le peuple tunisien continue de se battre pour ne pas se faire voler sa révolution. Face à cette détermination, en particulier celle des travailleurs et de la jeunesse, le gouvernement actuel cherche à faire des aménagements de façade pour étouffer la contestation. Le changement de ministres du RCD ne change rien aux problèmes et ne fera pas disparaître la misère et le chômage. L’urgence aujourd’hui est que le peuple s’organise pour défendre ses intérêts jusqu’au bout et chasser les différentes bourgeoisies au service de l’impérialisme. Pour qu’enfin, le pouvoir soit dans les mains du peuple !

La lutte héroïque, payée au prix de nombreux morts, a dévoilé le rôle des puissances impérialistes, et particulièrement celui de la France. L’impérialisme français est le premier « partenaire » économique de la Tunisie. Il a maintenu en place des régimes dictatoriaux et corrompus dans le seul but d’exploiter le peuple tunisien (avec 1 064 unités de production, la France détient le plus grand nombre d’entreprises à participation étrangère en Tunisie, soit 40% du total). On comprend mieux pourquoi Ben Ali, avec le RCD, était dans l’Internationale Socialiste (dont est membre le PS) ou pourquoi Michèle Alliot Marie voulait tant exporter le savoir faire de la police française pour maintenir l’ordre établi.

Les révoltes en Algérie, malgré le black out médiatique, continuent ! Commencées début janvier contre la flambée des prix, notamment sur les produits de base, la contestation s’est élargie dénonçant la pauvreté et la répression féroce du régime militaire de Bouteflika. Sans oublier la condamnation de la main mise du pétrole par une minorité au pouvoir. Cette révolte est celle d’une jeunesse privée d’avenir qui est obligée de fuir en Europe, subissant ici le racisme d’Etat et des conditions de travail pénibles.

Pourtant, ce pays ne manque pas de ressources : mines, gaz, pétrole, agrumes, etc. Mais elles sont confisquées en partie par des grands monopoles étrangers en lien avec des entreprises nationales aux mains du clan Bouteflika. Par exemple, la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et GDF-Suez viennent de créer le groupement Touatgaz pour l’exploitation du champ gazier de Touat près d’Adrar.

Récemment, Bouteflika, pour rétablir l’ordre, s’est senti obligé de lâcher du lest (comme la levée de l’état d’urgence et une « stabilisation des prix »). Mais soyons sûr que cela n’affaiblira pas la contestation populaire !

Les travailleurs et la jeunesse d’Egypte ont suivi la voie de la contestation : ils font trembler l’ordre impérialiste dans la région ! Eux aussi connaissent la misère, rappelons que près de la moitié ne vit qu’avec 1,5€ par jour.

Depuis le début des contestations, on dénombre plus d’une centaine de victimes. Personnes tuées par la police et les milices aux ordres du gouvernement corrompu de Moubarak ! La violence est du côté des oppresseurs !

Moubarak et la bourgeoisie égyptienne sont des alliés essentiels des Etats-Unis et d’Israël dans la région. Par exemple, l’Etat égyptien a soutenu le blocus de Gaza participant à tuer des milliers de palestiniens pendant l’opération « Plomb durci » en décembre 2008. Par ailleurs, le canal de Suez est aussi un enjeu essentiel pour le bien être de l’économie mondiale.

Les Etats-Unis sont à la manœuvre pour sauver leurs intérêts. Ils sont prêts à sacrifier Moubarak, en mettant à sa place une nouvelle marionnette, comme par exemple El Baradei. Par la bouche d’Hillary Clinton, ils ont dit vouloir une transition en Egypte, transition qui devra assurer la stabilité de ses positions dans la région.

Les luttes des peuples du monde arabe sont un exemple pour nous, car elles prouvent que les masses unies peuvent changer le cours de l’histoire et rendre possible aujourd’hui ce qui paraissait impossible hier ! C’est un encouragement pour ceux qui, ici, se sentent abattus après la défaite dans la lutte contre le reforme des retraites, et pour ceux qui se sentent impuissants à contrer les attaques de la bourgeoisie.

Ce qui fait avancer la révolution dans le monde arabe fait aussi avancer la révolution en France, car nos intérêts sont liés. Le système capitaliste est mondialisé et survit en opprimant les peuples et en exploitant les travailleurs du monde. C’est en combattant ensemble, ici et là-bas, que nous pourrons y mettre un terme ! La solution dépend de notre engagement pour combattre ici l’impérialisme et construire des solidarités actives avec les peuples du monde. C’est ce à quoi travaille le collectif Coup Pour Coup 31 !

Gloire aux martyrs et peuples en lutte !

Travailleurs de tous pays :

unissons-nous contre l’impérialisme et ses alliés !

Source : http://couppourcoup31.over-blog.com

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes