mercredi, 27 juillet 2016
 

Un étudiant italien torturé et tué par la police en Egypte ?

La thèse privilégiée est celle d’une bavure policière dans un pays où les tortures sont fréquentes.

L’étudiant italien qui a été torturé et retrouvé mort au Caire la semaine dernière avait sept côtes cassées, des signes d’électrocution sur son pénis et une hémorragie cérébrale, selon une source haut placée au sein de l’autorité de médecine légale égyptienne , rapporte dimanche The Guardian.

L’institution a remis samedi au bureau du procureur général son rapport d’autopsie final de l’étudiant italien retrouvé mort dans la capitale égyptienne la semaine dernière.

Le rapport indique qu’il a subi de nombreuses fractures, des coups répétés, des brûlures, et tous ses ongles ont été arrachés.

Giulio Regeni, 28 ans, faisaient des recherches sur les mouvements ouvriers en Egypte et avait rédigé des articles critiquant le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sissi.

En Italie, mais aussi sur les réseaux sociaux et dans les milieux diplomatiques en Egypte, la thèse privilégiée est celle d’une bavure policière, dans un pays où les détentions arbitraires et les tortures sont fréquentes.

Mais le ministre égyptien de l’Intérieur, Magdy Abdel Ghaffar, a vivement rejeté ces « rumeurs » et assuré que le jeune homme n’avait jamais été arrêté.

Le bureau du procureur général a par ailleurs déclaré qu’il ne divulguerait pas publiquement le contenu du rapport et que l’enquête était en cours.

Cependant, un haut responsable des autorités judiciaires a déclaré à Reuters que Regeni, étudiant de troisième cycle à l’Université de Cambridge, a eu sept côtes cassées, des signes d’électrocution sur son pénis, des lésions traumatiques sur tout le corps, et une hémorragie cérébrale.

Son corps portait également des signes de coupures d’un instrument tranchant, qui pourrait être un rasoir, des abrasions et des ecchymoses. Il aurait probablement été agressé à l’aide d’un bâton, et aurait reçu des coups de poing et des coups de pied, selon la source.

Une seconde autopsie en Italie « nous a confronté à quelque chose d’inhumain, quelque chose d’animal », a déclaré à la chaîne Sky News le ministre de l’Intérieur italien Angelino Alfano.

Selon la presse italienne, les enquêteurs italiens au Caire ont interrogé jeudi un Egyptien qui a témoigné avoir vu un étranger enlevé dans un fourgon de la police près du domicile de Giulio Regeni aux alentours de l’heure où il a cessé de donner signe de vie.

Dans la région du Frioul, dans le nord de l’Italie, les drapeaux étaient en berne à Fiumicello, la ville natale du jeune homme, où ses funérailles étaient ont eu lieu vendredi après-midi dans un gymnase.

Des dizaines de proches et d’amis du monde entier ont fait le voyage pour honorer sa mémoire, et les habitants de la petite ville se sont organisés pour qu’ils soient tous accueillis dans des familles.

Source : I 24 News

 
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