lundi, 18 mars 2019
 

MAROC : Le tournant répressif

Une répression féroce qui s’abat depuis plusieurs semaines : expulsion sanglante des militants de chômeurs diplômés à Nador et al Hoceima au prix de dizaines de blessés des locaux qu’ils occupaient , un tabassage en règle des salariés des collectivités locales avec une violence inouïe, l’arrestation à nouveau d’al haked, rappeur contestataire.

Peu de temps auparavant, les démolitions des logements au prix d’expulsions massives à coup de bulldozer et de gaz lacrymogène dans plusieurs villes du royaume, la guerre ouverte contre le peuple des pauvres à Taza. Et ce qui a ressemblé à une vaste opération de pacification dans la région d’Al hoceima. Est-ce en raison de la volonté de briser net tout climat de revendications sociales ? pour assurer un passage en force des politiques d’austérité qui se profilent à l’horizon ?

Ces mêmes revendications sociales, nombreuses, irriguant tout le pays dans de nouveaux front de luttes, et qui ont le défaut pour le pouvoir, de ne pas être solubles dans un tour de passe-passe constitutionnel ou une quelconque alchimie électorale ?. Est-ce qu’il s’agit, par une volonté délibérée d’affrontement, de tester les capacités d’intervention des forces de l’ordre entièrement rééquipées et formatées pour faire face aux «  débordements sociaux » ? une manière de se préparer sur le terrain réel à la guerre civile qui vient ?. Tant le matériel utilisé que les tactiques d’intervention montrent que le régime a bien travaillé pendant nos manifestations « silmia » du dimanche. Il s’est doté d’un commandement unifié et mobile capable de coordonner dans les conditions les plus diverses l’action répressive : dans les périphéries des villes sur la question du logement, au coeur des grandes villes contre les manifestations syndicales et les actions revendicatives, dans les régions plus enclavées. Mettre sous état de siège, expéditions punitives, répression de masse et ciblée, tactiques de harcèlement et de dispersion, combinaison des services sécuritaires et armées.

Faut-il y voir le début d’un scénario plus tragique : la recherche maitrisée de l’affrontement, militarisé si nécessaire, en espérant qu’elle paralysera pour toute une période l’action des forces militantes et du mouvement populaire ? .

Que cherche donc le pouvoir ? Affaiblir les équipes militantes, démanteler es mouvements sociaux combatifs, décourager la participation populaire. Éviter ce qu’il perçoit comme la maturation d’un « lent embrasement » car le feu couve partout, ne s’éteint pas. Ce n’est pas non plus un hasard que des étudiants en grève de la faim, pour certains depuis de 100 jours, sont l’objet d’un harcelement digne des années de plomb. La dictature est entrain d’enlever sa façade démocratique avec le silence complice des puissances impérialistes.

Amin Nasser

 
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