mardi, 21 novembre 2017
 

Maroc : Pour une solidarité internationale avec le Hirak (« mouvement ») rifain

La mobilisation populaire au Rif a maintenant un an d’existence. La lutte menée visait, entre autres, à défendre le droit à la santé, l’éducation, des emplois, un désenclavement de la région, l’arrêt de la corruption, la levée de la militarisation en place depuis 1958, la reconnaissance de la culture amazigh. Le prix payé par les classes populaires mobilisées pour des droits élémentaires, la justice sociale, la liberté et dignité, est particulièrement élevé : trois morts, des centaines d’arrestations, des lourdes condamnations, une militarisation renforcée dans la région soumise à un couvre-feu non déclaré. Les détenus politiques sont soumis à des conditions draconiennes de rigueur et de harcèlement ainsi que leurs familles, afin de briser, sans succès, leur détermination. Les dirigeants civils de la mobilisation sont accusés notamment « d’atteinte à la sécurité de l’état », de « complot contre la sûreté de l’État », « d’activité et de propagande de nature à porter atteinte à l’unité du Royaume et sa souveraineté », pouvant impliquer des condamnations de peines à perpétuité, voire à la peine de mort. Des dizaines d’entre eux ont mené une grève de la faim pendant plus d’un mois dans l’indifférence générale des autorités politiques et pénitentiaires. Même leurs avocats peuvent être harcelés.

Sur le plan politique, la monarchie cherche à effacer sa responsabilité centrale dans la détérioration des conditions de vie et la gestion sécuritaire des mouvements sociaux. Le « séisme politique » qu’elle a annoncé se réduit à un changement cosmétique de ministres ou de hauts fonctionnaires, gracieusement indemnisés, en raison des « retards » et « dysfonctionnement constatés » dans la mise en œuvre des « projets de développement ». Les racines du problème sont évacués : un système de prédation généralisé, une corruption institutionnalisée, une soumission intégrale aux exigences des multinationales et des institutions internationales, des institutions politiques et administratifs autoritaires qui considèrent les citoyens comme de simples « sujets de Sa majesté ».

La crise politique et sociale se renforce et le Roi n’a d’autre bouclier que son appareil sécuritaire et une justice aux ordres et le soutien indéfectible des grandes puissances et en particulier de l’état français. Ce dernier, par le biais de coopérations diverses, a participé à la formation et rééquipement des corps répressifs. La criminalisation des activistes et des mouvements sociaux deviennent systématique comme en témoigne encore récemment l’arrestation de plusieurs dizaines d’habitants de Zagora qui ont manifesté pour le simple droit d’avoir accès à de l’eau. Dans ce contexte, la lutte pour la libération des prisonniers politiques rifains devient un enjeu majeur. Une victoire dans ce sens permettrait de faire reculer la machine répressive et la capacité du pouvoir à contenir les mobilisations.

Un appel de solidarité internationale (http://amdhparis.org/wordpress/?p=4389 ) à l’initiative du comité de solidarité du hirak à Casablanca, signé par nos porte-paroles, a pu regrouper plusieurs sensibilités politiques, des personnalités reconnues pour leur engagement. Il a eu un écho important. Il s’agit maintenant d’œuvrer à des campagnes concrètes en lien avec le mouvement de solidarité existant pour obtenir la libération inconditionnelle des détenus, l’arrêt des poursuites et le retrait des force de l’ordre de la région. Le NPA appelle l’ensemble des courants démocratiques et du mouvement ouvrier à s’engager fortement au côté du « Hirak rifain » et à exiger la fin des complicités sécuritaires, diplomatiques et politique entre l’état français et la dictature de Mohamed VI.

 
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