mardi, 11 décembre 2018
 

Maroc : répression à Casablanca…

Alors que des promesses de révision de la constitution et d’extension des libertés individuelles et collectives ont été annoncées, des citoyens faisant partie du mouvement du 20 Février pour le changement, subissent une répression systématique dans tout le royaume.

Exemple de cette répression, l’intervention sanglante qui a ciblé un rassemblement du mouvement du 20 Février à Casablanca le 13 mars ; ce jour-là, à 11 heures les forces de répression ont arrêté plus de 123 manifestants. Ces personnes seront relâchées au courant de la journée après avoir été tabassées et insultées. Le même jour, alors que des personnes s’étaient rassemblées devant le siège du Parti Socialiste Unifié pour demander la libération immédiate des manifestants détenus, dénoncer le retour des forces de répression, porteuses d’un projet de rétrécissement des libertés publiques et la permanence du Maroc de la matraque, vers 16 heures, une nouvelle intervention d’une violence inouïe a été opérée contre les manifestants . Bilan, 300 nouvelles arrestations, des blessures, des fractures et des cas de syncope. Les journalistes n’ont pas été épargnés. Nombre d’entre eux ont subi des agressions, des provocations et la confiscation de leur matériel de travail. Et dans une collusion ouverte avec ce régime tyrannique, des médecins urgentistes ont refusé (pour plusieurs blessés en état grave) la délivrance de certificats médicaux aux victimes des agressions policières.

Le « Maroc nouveau » qui avait manifesté sa volonté d’un changement profond, a confirmé aujourd’hui la permanence du passé, et de pratiques d’intimidation et de répression d’un mouvement pacifique au lieu d’apporter des réponses effectives à ses revendications. ATTAC condamne fermement les violences subies par les manifestants pacifiques de Casablanca, les intimidations, la répression de leur droit à l’expression par des rassemblements pacifiques et civilisés, et déclare :

 Nous exigeons la présentation devant la justice des agents des forces de sécurité impliqués dans la terrible répression des manifestants de Casablanca tout en exigeant l’indépendance et l’impartialité du pouvoir judiciaire.  Nous exigeons la satisfaction des revendications du mouvement 20 Février, au lieu de vider ces demandes de leur contenu.  Nous exigeons l’arrêt des campagnes répressives contre les militants des droits humains, politiques, syndicaux, associatifs et les journalistes.  Nous condamnons l’assaut des forces de répression contre le siège du PSU et l’agression des membres de leur conseil national.  Nous condamnons et nous exprimons notre consternation vis-à-vis de la couverture médiatique biaisée de 2M de ces événements. Cette chaîne s’est transformée en porte-parole du ministère de l’intérieur. Photos et vidéos des participants au rassemblement ainsi que des journalistes constituent un démenti à la version diffusée par cette télé.  Nous réaffirmons notre condamnation de la répression subie par les peuples Arabes de Libye, du Yémen, du Bahreïn… Nous condamnons toutes les tentatives de restreindre des libertés dans la région et nous affirmons notre soutien aux peuples dans leur marche vers la libération.  Nous appelons le peuple marocain à participer activement aux marches populaires … et nous affirmons que la lutte continue jusqu’à la réalisation des justes revendications du mouvement du 20 Février.

Source : www.attacmaroc.org

 
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