lundi, 25 mars 2019
 

Tunisie : BASTA LES POURSUITES CONTRE LA JEUNESSE DE LA REVOLUTION

On n’était pas encore remis de la vague de procès contre les jeunes qui ont été confrontés aux « forces de l’ordre » durant les semaines d’insurrection... On n’avait pas encore digéré des d’inculpations comme : « atteinte aux biens publics », « agression de fonctionnaire », qualifiant des actions insurrectionnelles qui se sont déroulées entre le 17 décembre et le 14 janvier… Ces mêmes procès qui ont déclenché la campagne, sur les réseaux sociaux notamment, en solidarité avec les militants détenus : « Moi aussi j’ai brûlé un poste de police ».

Dans ce même contexte, alors que la « justice » militaire venait de prononcer des peines en appel on ne peut plus « clémentes » contre les responsables de la Sécurité du temps de Ben Ali impliqués dans les affaires des martyrs et des blessés de la Révolution, intervient l’arrestation d’Azyz Amami, blogueur bien connu lors de la lutte contre le régime de Ben Ali, qui s’est notamment illustré après par sa dénonciation de la torture et des mauvais traitements qui continuent à être pratiqués après la Révolution dans les locaux de la police. Arrêté en compagnie de son ami Sabri Ben Mlouka, Azyz est accusé de « détention et de consommation de stupéfiants »… Différents témoins, dont le père de ce dernier qui a pu lui rendre visite, affirment qu’il porte des traces de violences, exercées sur lui pour l’obliger à signer le procès-verbal de son interrogatoire au poste de police de la Goulette.

Le CRLDHT exprime son inquiétude face à cette campagne contre les jeunes qui ont fait la Révolution et au retour des bonnes vieilles méthodes du montage de procès de toutes pièces pour faire taire les militants. En vertu de la loi 92-52, Azyz et Sabri risquent au moins une année de prison et 1000 dinars d’amende non susceptibles de circonstances atténuantes selon le Code pénal. Cette loi a été depuis longtemps mise en cause par différentes ONG qui ont appelé à un débat national sur son opportunité. Mercredi dernier, le chef du gouvernement a lui-même reconnu la nécessité de la réviser. Rappelons que des milliers de jeunes croupissent en prison pour avoir touché, même une seule fois, du cannabis.

Le CRLDHT joint sa voix à tous ceux qui appellent à l’abolition dans les plus brefs délais d’une loi absurde qui plus est utilisée pour bâillonner les jeunes opposants.

Le CRLDHT demande la libération immédiate d’Azyz et de Sabri ainsi que l’ouverture d’une enquête contre les violences qu’ils ont subies dans le lieu de détention à la Goulette.

 
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