jeudi, 22 août 2019
 

Tunisie : Manifeste : Notre révolution n’est pas une rumeur

Nous sommes plus que jamais déterminés à faire chuter le régime Notre slogan est toujours : Travail, liberté, dignité nationale Ni RCD, ni Ennahda, ni modernistes, ni salafistes, pour la construction d’une alternative qui réponde aux revendications de la révolution

Quand l’étincelle de la révolution tunisienne a éclaté le 17 décembre 2010, après toutes ces années pendant lesquelles notre peuple n’a cessé de brûler et de se consumer, après que les insatiables lui aient volé et son pain et ses droits, les slogans scandés par les foules étaient on ne peut plus clairs : « Le peuple veut la chute du régime » ; « Travail, liberté, dignité nationale ». L’ennemi aux multiples facettes était quant à lui facile à décrire : « Voleurs de notre pays ; Assassins de nos enfants ».

Aujourd’hui, un an et demi après la fuite de Ben Ali, notre colère ne cesse de gronder. Et pour cause : les alliés réels et virtuels de Ben Ali, à l’intérieur comme à l’extérieur, ceux qui mendiaient sa bénédiction au temps de la dictature, ont non seulement réussi à confisquer les slogans de la révolution, mais plus encore à la dénigrer, à l’exclure des défis actuels voire de l’éradiquer purement et simplement de la mémoire collective, comme il en a été des slogans et des graffitis de l’occupation de la Kasbah en janvier-février 2011. Ces alliés réels et virtuels ont même tenté de pervertir la Révolution de la Dignité en un théâtre des identités meurtrières, dans lequel rétrogrades des Lumières et rétrogrades de l’obscurantisme rivalisent deux à deux pour abrutir la population et détourner son attention des causes qui sont à l’origine de sa révolution. Tout ce théâtre d’ombres se fait au profit d’une guerre fratricide pour la conquête du pouvoir et des privilèges, dont les principaux protagonistes sont les partis politiques, mais aussi les ONG, les associations et les groupes d’intérêt. Tous semblent motivés par la même culture clientéliste anti-patriotique, et rien ne les intéresse plus que le conflit pathétique pour le pouvoir dans les médias et les réseaux sociaux, lors des consultations électorales mais aussi dans les coulisses du pouvoir financier et politique international.

C’est la même sale guerre qui détruit un peu plus chaque jour ceux qui ont participé aux soulèvements populaires. Ainsi, la justice corrompue continue d’emprisonner ou de condamner les jeunes qui y ont pris part, la police criminelle continue d’attaquer les blessés de la révolution et leurs familles tout autant que les chômeurs et les étudiants. La politique économique, plus que jamais dépendante de l’étranger, continue d’écraser ceux que la misère et la pauvreté ont jeté dehors. Entre temps, la machine de l’abrutissement culturel et médiatique continue irrésistiblement d’anesthésier le sens critique de ceux dont on se rappelle l’existence uniquement quand il s’agit de compter leur voix dans les urnes.

Les deux pôles de cette machine à broyer sont :

1. La Troïka, ou comment rester au pouvoir le plus longtemps possible

• Ennahda : fer de lance de la Troïka ou « la majorité électorale populaire, légitime et provisoire »

• Elle reproduit sans aucun scrupule le régime du parti-Etat en nommant ses copains, ses proches, sa famille, ses alliés et sa clientèle dans la plupart des postes gouvernementaux et administratifs. Elle ne recule pas non plus pour nouer des alliances avec les RCDistes afin de s’assurer leur aide et ainsi se maintenir au pouvoir en usant de l’argument : « nous sommes bien obligés, le RCD continue de diriger tout l’appareil de l’Etat  » ;

• Elle se contente d’importer des modèles politiques, religieux et économiques du Golfe tout en feignant d’ignorer, de manière scandaleuse, les agressions salafistes et en offrant parfois sa protection aux agresseurs ;

• Elle ne manifeste aucun empressement – et c’est un euphémisme – à traiter des dossiers sensibles et urgents qui concernent le jugement des criminels dans les secteurs en lien avec la justice, la police et les finances. Bien au contraire, elle se comporte de manière sélective lorsqu’il s’agit de traiter les dossiers liés à la justice transitionnelle  : ceux qui lui assurent leur loyauté et lui offrent leurs services bénéficient d’une immunité dont le parti ne se cache pas ;

• La politique étrangère qu’elle mène est fondée sur le principe « celui qui nous finance est avec nous et est des nôtres », indépendamment de la nature du partenaire et indépendamment des crimes perpétrés à l’égard des siens, de notre peuple, ou du peuple palestinien.

• Bien que la plupart des membres d’Ennahda fassent preuve d’incompétence manifeste à tous les niveaux et sur tous les dossiers, cela n’explique pas le gouffre entre le discours pré-électoral et le discours post- électoral. Cela n’explique pas non plus la schizophrénie entre le discours officiel de la direction et les pratiques d’une base pourtant réputée pour sa discipline.

• Les alliés d’Ennahda : « comme une jarre inclinée, ils ne réjouissent ni n’attristent » (« Kîf al-zîr al-mittakkî, lâ ifarrah lâ ibakkî »)

Le Congrès Pour la République et Ettakattol, supposés rééquilibrer les rapports de pouvoir en exerçant une pression sur la majorité afin de réaliser la rupture avec l’ancien régime, ne font en réalité qu’entretenir « à l’insu de leur plein gré » la domination d’Ennahda. Ce compromis qui est devenu compromission a participé à accentuer leurs divisions qui ont fini par affaiblir les deux « partis ». Leurs ministres au gouvernement ne sont en rien différents de ceux d’Ennahda en termes d’incompétence, d’absence de courage et parfois d’abus de pouvoir. L’argument selon lequel ils sont occupés à rédiger la constitution ne peut plus convaincre.

2. L’opposition ou comment récupérer le pouvoir le plus longtemps possible

• Le RCD ou « Soignez-moi avec l’origine du mal » (« Dâwinî bil-latî kânat hiya al-dâ’ »)

Après avoir été juridiquement dissous de façon à ce qu’une bonne partie de ses dossiers, de ses propriétés et de ses archives soient maintenant en lieux sûrs, et après avoir pris le leadership du pays lors de la «  transition », ses cadres se sont mis du jour au lendemain à se gargariser de « révolution » et à qualifier de « régime déchu » celui qu’ils ont contribué à construire et à maintenir pendant des années. Le Rassemblement de la Corruption et de la Dictature a su renaître de ses cendres et s’est démultiplié en un faisceau de partis et d’associations, utilisant sans vergogne ses anciens réseaux que la révolution n’a pas encore réussi à dissoudre. Il est évident que la classe qui nous a gouverné pendant un demi-siècle, la cour de Bourguiba comme celle de Ben Ali, ne lâchera pas facilement. Cette cour est plus arrogante que jamais - aucune excuse d’aucun responsable du RCD n’ayant été formulée à ce jour, ne serait-ce que symboliquement, au peuple qui a été opprimé, pillé, meurtri. Bien au contraire : les déclarations d’un certain nombre de responsables continuent d’être insultantes à l’égard de leurs victimes ; les intérêts de ses lobbys sont farouchement gardés grâce à la mainmise sur la plupart des médias, mais aussi grâce à la pression exercée sur les juges corrompus afin de libérer celles et ceux qui ont été arrêtés. Tous les responsables du RCD, à différents niveaux, ne cessent de s’activer nuit et jour afin de récupérer et de faire fuir les capitaux volés qu’ils soient publics ou privés, de conclure des affaires suspectes avec les ministres de la Troïka et d’Ennahda en particulier dans le but de garantir leur protection en contrepartie de services douteux (le refus par exemple du ministre de l’Intérieur nahdaoui de publier la liste de la police politique et des indics du RCD). Aujourd’hui, les Destouriens essaient de se draper dans une « virginité moderniste bourguibiste » bien qu’ils soient les premiers responsables historiques de l’échec de ce projet : celui-ci est resté un projet vide de sens, plaqué sur une société ignorée en tant que telle et qui n’est pas en mesure de se l’approprier. Certes, ils continuent à séduire l’Occident avec des formules tout aussi creuses du type « Etat de droit », « droits de la femme », « Etat-nation ». Mais au-delà, ils continuent d’élaborer une stratégie explicite qui puisse maintenir le même régime politique, économique et social en réduisant le problème économique à un simple problème de corruption, le régime dictatorial et répressif à quelques abus du clan Ben Ali et Trabelsi et enfin la corruption elle-même à des pratiques clientélistes et au pillage. Leur participation à la répression et à la dictature, n’est dans leur bouche qu’une « faute de parcours ».

Tout cela est particulièrement efficace pour détourner l’attention de l’opinion publique des véritables enjeux à savoir le fait qu’ils continuent à s’accaparer les rouages de l’Etat, les rouages économiques et à perpétuer le régime qui continue à protéger leurs privilèges jusqu’à nos jours.

• Les partis démocratiques : « Au secours, ils nous ont tabassés ! » («  Ijriwûlnâ darbûnâ ! »)

C’est un curieux mélange de libéraux et de bourgeois de gauche qui réduisent leur combat à la protection des libertés individuelles et des droits de l’homme. Certes, c’est un combat ô combien noble et juste mais qui ne peut être déconnecté de la grande cause de la Liberté dans son acception large à savoir celle qui garantit les droits économiques et sociaux. Militer pour les seules libertés individuelles n’a pour nous aucun sens tant que la domination des classes aisées continue d’opérer sur celles qui parviennent à peine à se débrouiller pour survivre (« al-khobza  ») et qui souffrent de la marginalisation culturelle et politique. La plupart de ces partis se seraient d’ailleurs contentés du départ de Ben Ali ou même de partager le pouvoir avec lui. Ils ont de ce fait accumulé les erreurs historiques, comme le prouvent leur position au soir du 13 janvier 2011 et la participation de certains de leurs membres aux deux gouvernements de Mohammed Ghannouchi. Sans même s’excuser pour ces erreurs, les membres de cette « opposition » creusent un peu plus le fossé qui les sépare du reste du peuple, qu’ils ont longtemps essayé de dompter avec des slogans largement rabâchés comme « justice sociale » ou «  démocratie participative », sans même qu’ils aient la moindre idée ni la moindre vision d’un projet de société qui puissent leur assurer une légitimité auprès des classes populaires. Cette rupture politique avec les classes populaires a été largement consommée et accentuée avec l’engouement de cette « opposition démocrate » pour le débat envenimé sur l’identité, mais aussi avec toutes les énergies déployées par ses membres dans la défense de la laïcité définie comme une priorité nationale, reléguant au second plan des causes comme le jugement des criminels et des corrompus (« al-muhâsaba »). Ce divorce avec les classes populaires l’a fragilisée au point qu’elle a suscité en elle l’instinct de survie. De ce fait, plutôt que de faire leur autocritique, d’interroger leurs propres positions, de réfléchir aux moyens éventuels de renouer avec la société, les partis qui composent cette « opposition démocrate » se sont précipités de manière suicidaire dans les bras des bourguibistes – leurs pères spirituels. Ils les ont ralliés contre ce qu’ils nomment les « forces obscurantistes », dans un mépris bourgeois du corps électoral et des groupes sociaux qui les ont rejetés ou plutôt qui n’ont pas compris la conception de la « modernité » qu’ils invoquent. Cette conception n’est pas très différente de l’approche moderniste plaquée sur la société et produite par la dictature en tant que mécanisme qui a comme objectif premier la légitimation de son maintien au pouvoir et la promotion de son image en Occident. Cela a nui indiscutablement au projet sociétal émancipateur qui ne peut être construit que sur les bases du sens critique, du dialogue, de la créativité perpétuelle en lien avec l’héritage culturel, la solidarité et la liberté d’expression, autrement dit tout ce qui a été empêché par la dictature avec laquelle les partis «  démocrates » d’aujourd’hui sont en train de s’allier.

• La gauche : « spectateurs et boudeurs » (« frâijiyya wu nabbâra, aw khânhâ dhrâ‘hâ qâlat mashûra »)

Une branche de la gauche radicale a choisi la solution facile à savoir l’alliance opportuniste avec les partis « démocrates » et l’engagement à leurs côtés dans la bataille de la « pseudo modernité ». Une autre branche regroupant des partis, des syndicalistes et des indépendants a tenté de dépasser le clivage construit par les forces contre-révolutionnaires et leurs alliés. Cette branche a décidé de continuer la lutte avant d’être elle-même dépassée par les évènements et les faux calculs, ce qui l’a empêchée de poser la question économique, le dossier du jugements des criminels et des corrompus (« al-muhâsaba ») comme la première des priorités. Malheureusement, certains sont encore pris dans des conflits d’egos et dans des querelles de chapelle désuets, victimes qu’ils sont d’une incapacité à produire des idées, des stratégies et des problématisations nouvelles. Ils perpétuent ainsi sans le vouloir des pratiques politiques et discursives qui ont prouvé leur inefficacité, tout en étant l’objet d’une véritable campagne de diffamation, de contrôle policier et financier pratiquée à leur encontre par les deux pôles de la contre-révolution (les islamistes et les modernistes). L’accumulation de ses échecs enferme ainsi la gauche radicale dans une stratégie d’action-réaction qui l’empêche vraisemblablement de prendre l’initiative, et la cantonne à un rôle marginal dans cette bataille entre les forces de la contre-révolution.

Ce climat politique affligeant traduit l’immensité des dégâts produits par la dictature et l’enracinement de sa culture dans la classe politique. La situation est d’autant plus grave que la lutte qui oppose les élites gouvernantes anciennes et nouvelles - les deux pôles du broyeur – est elle-même alimentée et soutenue par les élites politiques et économiques occidentales, relayées par leurs sbires des pays du Golfe. En contrepartie, ces dernières font tout pour les rassurer et protéger les intérêts économiques et sécuritaires des grandes puissances. En témoigne l’afflux massif de capitaux étrangers qui sont en train de noyer la nouvelle « société civile » sous les financements douteux limitant son indépendance. S’ajoutent à cela l’impunité et le black-out médiatique dont jouissent l’appareil militaro-sécuritaire et la Banque centrale de Tunisie en contrepartie de la préservation du régime politique et économique qui ne sert que les intérêts du pacte « post-colonial » scellé entre les élites locales et internationales.

La morale de l’histoire : Ben Ali est parti, mais celui qui a laissé un successeur n’est pas mort. L’expression « régime déchu » n’est que la poudre aux yeux.

La majorité gouvernementale et l’opposition se battent donc pour la conquête du pouvoir afin de s’accaparer et réitérer le même système politique, économique et social qui exploite des classes populaires, brade les ressources du pays, le noie sous les dettes et le maintient dans la dépendance. Ils défendent férocement les privilèges conquis, sans dépasser les dichotomies qui bloquent notre pays depuis plus d’un demi-siècle (la côte/les régions de l’intérieur ; l’élite/le peuple, le tourisme/ l’agriculture etc.).

Ces deux facettes d’une même pièce sont animées par une mentalité opportuniste et une culture dictatoriale identiques. Mais qu’ils soient barbus ou imberbes, en voile ou en mini-jupe, chapelet ou verre de vin à la main, orphelins de la France ou servantes de Qatar, ils restent et resteront les serviteurs des Etats-Unis.

Essence de la révolution et pain quotidien de la bande des criminels, les classes populaires ne sont présentes quant à elles que dans les phrases lyriques qui ornent les discours des hommes et des femmes politiques, leurs porte-parole autoproclamés. Absentes de cette guerre produite par la révolution, non représentées politiquement, elles n’ont pour seuls moyens d’exister que l’autodestruction, les barrages routiers, les sit-in et les affrontements avec la police corrompue. Criminalisées par les uns, elles sont appelées par les autres à être jugées par un système judiciaire que personne n’est pressé d’assainir. Dangereusement mais sûrement, les deux pôles tentent de canaliser la colère traduite par les mobilisations vers une spirale de violence identitaire - tribale, régionale, confessionnelle, laïcs/islamistes, etc. –, notamment dans les régions qui regorgent de ressources comme le bassin minier.

En nous fondant sur cette lecture de la situation, nous les Tunisiennes et Tunisiens soussignés, religieux et irréligieux, ouvriers, cadres, étudiants, paysans, chômeurs et travailleurs :

Nous refusons d’être les otages de deux groupes politiques bien décidés à trahir la révolution en maintenant le régime répressif que notre peuple veut dissoudre et d’être contraints au choix entre la peste et le choléra que sont les deux ennemis de la révolution : Ennahda et ses alliés, Bèji Caïd Essebsi et ses alliés ;

Nous sommes profondément déterminés à continuer notre vacarme, à ne jamais cesser de déranger en utilisant la plume et en descendant sur le terrain jusqu’à ce que soit formulé un projet alternatif que nous présenterons à notre peuple, à ses forces vives pour le discuter, l’enrichir, et l’expérimenter. Il s’agit ici d’une alternative politique, sociale, économique et artistique que nous voulons co-construire avec celles et ceux qui partagent notre lecture et notre diagnostic du contexte actuel, avec celles et ceux dont nos mots ravivent la souffrance et l’espoir, une alternative qui ne peut être bâtie selon nous que sur les axes programmatiques dessinés par le slogan : « Travail, liberté, dignité nationale ».

Premièrement, « le peuple veut le jugement des criminels et des corrompus  » : il faut mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle, seule garantie d’une rupture avec le régime. Il faut refuser de se contenter de compensations financières, ouvrir tous les dossiers de la police politique, la corruption, les abus de pouvoir, les crimes individuels et organisés. Pas de paix sans justice.

Deuxièmement, « Le travail est un droit, bande de voleurs » : la lutte des classes existe bel et bien quoiqu’en disent les deux pôles. Tant qu’ils continuent à l’ignorer, la colère ne va cesser d’augmenter, et ne pourra être éteinte par des solutions provisoires. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème de corruption, cela concerne un régime économique, social et politique qui doit être revu de fond en comble. La garantie des libertés collectives et individuelles ne peut se faire sans justice sociale.

Troisièmement, « Le peuple tunisien est un peuple libre, ni Etats-Unis, ni France, ni Qatar » : il faut dévoiler les transactions collusives passées entre les deux groupes d’un côté et les élites économiques et politiques étrangères de l’autre afin de récupérer l’argent du peuple : pas de démocratie réelle sans souveraineté nationale et sans indépendance de la décision dans tous les domaines.

Pour élaborer et construire ce projet, nous refusons l’importation des recettes politiques, du prêt-à-porter intellectuel et des potions magiques étrangères. Nous refusons de répéter des slogans creux du type « plus de justice sociale » ou « réduction des disparités régionales ». Nous sommes conscients de l’ampleur de la mission qui nous incombe, mais bien décidés à unir nos forces pour élaborer un contenu concret pour mettre en place un gouvernement des hommes libre, souverain et juste, alternatif au régime dont nous réclamons la chute.

Nous sommes fragiles, peu organisés, mais remplis d’optimisme, d’idéalisme et de poésie. Nous sommes déterminés dans tous les cas à ne pas laisser tranquilles les forces contre-révolutionnaires, à ne pas laisser notre peuple être la victime consciente ou inconsciente de ses bourreaux à deux visages.

Nous crierons plus fort pour nous faire entendre au-delà des nuisances salafistes et modernistes, au-delà des appels suppliant le retour des dinosaures politiques, afin que personne n’oublie la raison pour laquelle nos martyrs ont donné leur vie : le droit confisqué de notre peuple au travail, à la liberté et à la dignité nationale.

Hèla Yousfi, qui veut la vie, et se battra pour que réponde le destin

Ghassen Amami, citoyen qui veut la chute du régime, le jugement des responsables, la réalisation des rêves, dans la liberté, l’égalité et la paix

Ghassen Ben Khelifa, citoyen qui considère que la chute du régime est un objectif de la révolution non encore réalisé

Bassam Bounenni, citoyen avec le report de la mise en œuvre

Choukri Hmed, « Il n’y a pas voix plus haute que celle du peuple »

 
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