samedi, 19 janvier 2019
 

Tunisie : Poursuite des affrontements à Ben Gardane

Les locaux de police insuffisants pour recevoir le nombre des personnes arrêtées

Dans la nuit d’hier, du 15 au 16 août 2010, les affrontements ont repris entre les forces de police et les habitants de Ben Gardane à la frontière entre la Tunisie et la Libye, dans les régions de Jamila Elkadima (Zekra), Nahdha et Jalal, les plus violents ayant lieu dans cette dernière. Assabilonline a appris par ses sources que les locaux sécuritaires de Ben Gardane s’étaient remplis de personnes arrêtées qui avaient été transférés immédiatement à Médenine. Par ailleurs, on a fait état de deux jeunes victimes de fractures dans la région de Jalal. […]

Des proches des gardés à vue ont pris contact avec le poste de Ben Gardane pour avoir des nouvelles de leurs enfants. On leur a dit n’avoir aucune information sur ces noms et on les a dirigés sur la prison de Médenine. Là l’administration de la prison leur a dit ne rien savoir sur leurs enfants et qu’ils n’y avaient pas été écroués. Les familles ont fait part de leur profonde préoccupation quant au sort réservé à leurs proches. Nos sources ont fait état d’incendie de pneus, de bris de vitrines de commerces et d’affrontements entre forces de police et citoyens chaque nuit à Ben Gardane, avec des blessés des deux côtés. Il a été remarqué que les brigades de recherches et « spéciale » avaient diminué leurs mouvements à bord des véhicule de type Mitsubichi et se déplaçaient à bord de taxis dont elles assuraient la conduite, ainsi que de voitures banalisées. Elles avaient notoirement recours à des indicateurs et les brigades d’intervention et « anti émeutes » avaient du mal à nourrir leurs troupes car les restaurants refusaient de les servir, un seul acceptant de collaborer avec elles en face de l’usine de lait sur la route de Ras Jdir à trois ou quatre kilomètres du centre de la délégation.

Des sources ont affirmé à Assabilonline que les forces de police avaient fait des descentes aux domiciles des citoyens et fait usage de la violence, de la terreur, des insultes, injures et mots triviaux, insistant sur le fait que les méthodes barbares utilisées par la police avaient attisé de façon inquiétante la recrudescence de la violence. […] Une des victimes des dépassements policiers est monsieur Tahar Bennaiel, un homme d’une cinquantaine d’années, qui avait ordonné à sa famille, alors que les affrontements se rapprochaient de son domicile de Zekra à côté du bureau de poste, de rentrer à la maison. Il était sur le seuil de la porte, interdisant à quiconque de pénétrer chez lui, mais les forces de police ont investi la maison, l’ont violenté, ainsi que sa femmes et ses filles et un jeune d’une quinzaine d’années. Des témoins ont entendu les appels au secours venant de chez lui. Parmi les personnes détenues, il y a Abdelwahab Chaouat, qui a été enlevé devant un magasin. Lorsque sa famille lui a rendu visite à la prison civile de Harboub pour lui apporter de quoi rompre le jeûne du Ramadan, ils ne l’ont reconnu qu’au timbre de sa voix, tant il avait été torturé en prison. Des observateurs disent que les services de police utilisent la stratégie de la torture des personnes arrêtées dans leurs véhicules et des coups dans les rues pour terroriser les autres citoyens, profitant de l’obscurité de la nuit, des boutiques fermées, la plupart des événements ayant lieu la nuit. […] 17-08-2010

Source From Assabilonline

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, Luiza Toscane)

 
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