mardi, 26 septembre 2017
 

Afrique : Rapport annuel des violations des droits syndicaux

Les peuples d’Afrique du Nord l’ont montré, les populations africaines savent bien qu’aucun pouvoir aussi totalitaire soit-il n’est éternel. Pas plus au Soudan, en Erythrée, en Guinée équatoriale, trois pays où les despotes ne tolèrent aucune force syndicale ou d’opposition, qu’à Djibouti ou au Swaziland, habituels points noirs où inlassablement des militants syndicaux et de simples travailleurs et travailleuses bravent des autorités farouchement antisyndicales.

La situation dans ce dernier pays continue d’être très préoccupante. Arrestations arbitraires, menaces, passages à tabac se succèdent pour réduire au silence les militants. Les syndicalistes et les opposants politiques à la dernière monarchie féodale en Afrique sont régulièrement arrêtés et battus et se voient interdits de manifester. Exécutions extrajudiciaires par les forces de l’ordre, lynchages, tortures policières, voies de fait et recours excessif à la force contre des détenus, impunité policière, arrestations arbitraires et détention préventive prolongée, restrictions aux libertés d’assemblée, d’association et de mouvement, interdiction des activités politiques et persécution des militants politiques, discrimination et violence à l’encontre des femmes, harcèlement à l’encontre de dirigeants syndicaux et restrictions aux droits des travailleurs/euses : tout cela fait partie de l’ordre du jour au Swaziland. En outre, le Roi nomme personnellement la magistrature, limitant par-là même l’indépendance du pouvoir judiciaire, cependant que les salaires minimum ne sont pas suffisants pour garantir aux travailleurs et travailleuses, et à leur famille, un niveau de vie digne.

Les Conventions fondamentales de l’OIT Organisation internationale du travail Structure tripartite créée par les Nations Unies (ONU) en 1919 pour promouvoir de bonnes conditions de vie et de travail. Principale instance internationale chargée de développer et de contrôler les normes internationales du travail.

Voir tripartisme, Guide des droits syndicaux internationaux de la CSI ne sont pas davantage respectées au Zimbabwe, où les militants du Zimbabwe Congress of Trade Unions (ZCTU) doivent faire face à la violence policière encouragée par le chef de l’État. La pratique quotidienne est caractérisée par des attaques systématiques contre les syndicats et un piètre respect des normes internationales du travail normes internationales du travail Principes et normes en matière de travail, principalement codifiés dans les conventions et les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT). Elles incluent les droits fondamentaux du travail tels que la liberté d’association et le droit de s’organiser, le droit de négociation collective et le droit de grève, qui sont tous couverts par les conventions 87 et 98 de l’OIT.

Voir Guide des droits syndicaux internationaux de la CSI . Les autorités ont régulièrement recours à des arrestations et à des détentions, à des actes de violence, de torture, d’intimidation et de harcèlement pour restreindre les activités syndicales et freiner l’adhésion aux organisations. Les droits d’association, de négociation collective négociation collective Processus de négociation de conditions de travail acceptables pour les deux parties et de réglementation des relations sociales entre un ou plusieurs représentants des travailleurs, des syndicats ou des centrales syndicales d’un côté et un employeur, un groupe d’employeurs ou une ou plusieurs organisations patronales de l’autre.

Voir convention collective et de grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

Voir grève générale, grève intermittente, grève tournante, grève d’occupation, grève de solidarité, grève sauvage sont contestés et de nombreux militants syndicaux sont victimes de violentes campagnes antisyndicales. Les autorités se servent de la loi (la fameuse POSA) pour criminaliser les activités syndicales malgré une Commission d’enquête de l’Organisation internationale du travail Organisation internationale du travail Structure tripartite créée par les Nations Unies (ONU) en 1919 pour promouvoir de bonnes conditions de vie et de travail. Principale instance internationale chargée de développer et de contrôler les normes internationales du travail.

Voir tripartisme, Guide des droits syndicaux internationaux de la CSI . Les actes de violence et de torture visant les syndiqués et les dirigeants syndicaux, commis par des membres des forces de sécurité et coïncidant avec les manifestations nationales organisées par les syndicats, relèvent d’une action coordonnée des forces de sécurité.

L’antisyndicalisme du gouvernement éthiopien est aussi une constante depuis des années, notamment envers les enseignants et leur organisation organisation Processus consistant à former ou à s’affilier à un syndicat ou à inciter d’autres travailleurs à former ou à s’affilier à un syndicat. . Au Cameroun, aussi, les autorités ont commis des actes de harcèlement judiciaire à l’encontre des dirigeants syndicaux, ont systématiquement ignoré les centrales syndicales jugées trop dissidentes et ont refusé de reconnaître les organisations syndicales considérées comme trop indépendantes.

Alors que la population active se retrouve toujours très majoritairement dans le secteur informel avec tout ce que cela peut impliquer comme mauvaises conditions de travail, le recours à la sous-traitance et au travail intérimaire fait tache d’huile partout sur le continent, rendant extrêmement difficile l’organisation organisation Processus consistant à former ou à s’affilier à un syndicat ou à inciter d’autres travailleurs à former ou à s’affilier à un syndicat. des travailleurs. Il faut dès lors saluer les efforts consentis par des syndicats pour passer outre à ces obstacles comme dans les zones franches du Togo ou de Madagascar.

Même s’il est inscrit dans les législations nationales, le droit de grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

Voir grève générale, grève intermittente, grève tournante, grève d’occupation, grève de solidarité, grève sauvage n’est que trop rarement respecté. Des employeurs n’hésitent pas à licencier massivement et arbitrairement des travailleurs/euses en grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

Voir grève générale, grève intermittente, grève tournante, grève d’occupation, grève de solidarité, grève sauvage comme cela a été le cas en 2011 au Kenya, en Namibie, en Afrique du Sud et au Botswana, dans la fonction publique, les zones franches ou dans le secteur minier le plus souvent. La répression des grèves et des actions de protestation s’est soldée par d’innombrables arrestations et par des violences policières.

Au Burundi et en République démocratique du Congo, des responsables syndicaux ont reçu des menaces de mort. C’est également le cas au Malawi, où ont été promulguées diverses lois qui musellent la liberté de presse, restreignent les possibilités de recours contre les agences et les fonctionnaires du gouvernement et limitent les libertés civiles. La violence aveugle des autorités contre les protestations qui ont suivi ces mesures a entraîné la mort de 18 personnes.

Dans un climat de rivalités ethniques et politiques, la Bourse du travail à Conakry en Guinée a été attaquée faisant plusieurs blessés. Sur des bases partisanes durant les violences post-électorales en Côte d’Ivoire, plusieurs syndicalistes ont été arrêtés, et le secrétaire général de Dignité emprisonné. En République démocratique du Congo et au Nigéria où se sont tenus des scrutins à hauts risques, de nombreux syndicalistes ont également été persécutés. Le Sénégal n’a pas été épargné avec deux rassemblements de travailleurs/euses réprimés dans la violence.

Pour lire le rapport complet : http://survey.ituc-csi.org

 
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