jeudi, 21 septembre 2017
 

Conférence sur le financement du développement : un accord placé sous le signe du renoncement

Les Etats membres des Nations unies réunis à Addis-Abeba pour la troisième conférence sur le financement du développement (13 - 16 juillet) viennent de se mettre d’accord sur la déclaration finale, après plusieurs mois de longues et âpres négociations.

Le CCFD-Terre Solidaire, comme les autres organisations de la société civile présentes, dénonce un texte manquant cruellement d’ambition face aux enjeux. Selon lui, le résultat de cette conférence se résume en deux points : maintien des privilèges des pays développés dans la gouvernance économique mondiale et carte blanche donnée au secteur privé pour financer le développement.

« L’accord est extrêmement décevant », commente Lucie Watrinet, chargée de plaidoyer Financement du développement au CCFD-Terre Solidaire. « C’est pour nous un véritable échec. Il ne répond ni à l’enjeu de financer les objectifs du développement durable, ni à celui de donner une voix aux pays en développement dans la gouvernance économique mondiale ».

Le point d’achoppement qui a cristallisé toutes les tensions depuis le début de la conférence, concernait la création d’un organisme intergouvernemental au sein de l’ONU sur les questions fiscales : il visait à permettre à tous les pays du monde d’avoir voix au chapitre sur ces enjeux, traités actuellement au sein de ce club de pays riches qu’est l’OCDE. Mais les pays en développement ont fini par céder sous la pression des pays développés. « Par leur intransigeance sur le partage de leurs prérogatives, les pays développés, au premier rang desquels le Royaume Uni, les Etats Unis et la France, ont envoyé un signal extrêmement négatif. Cette position peut être interprétée comme un rejet du multilatéralisme », s’inquiète Lucie Watrinet.

« La position de la France est incompréhensible et dangereuse : comment peut-on avoir pour objectif un accord onusien sur le climat à Paris tout en dénigrant les Nations unies et en assumant que certains sujets ne doivent être traités qu’entre pays riches ? » s’interroge-t-elle.

Enfin, l’autre point noir de la déclaration d’Addis concerne le tapis rouge déroulé au secteur privé pour financer le développement. Cet appel à la contribution des entreprises n’est accompagné d’aucun encadrement suffisant et contraignant pour s’assurer qu’elles respectent les droits humains et l’environnement et contribuent réellement au développement.

 
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