mardi, 21 août 2018
 

En finir avec les expulsions forcées en Afrique

« Nous rencontrer entre habitants de différents bidonvilles du continent et constater que nous avons les mêmes problèmes nous rend plus forts » — Philip Kumah, tailleur vivant sous la menace d’une expulsion forcée dans le bidonville d’Accra, au Ghana.

Nous appelons les gouvernements africains et les autorités locales à mettre un terme aux expulsions forcées et à respecter le droit au logement.

Halte aux expulsions forcées

Chaque année dans les villes d’Afrique, des milliers de familles sont expulsées de chez elles par les autorités et d’autres acteurs sans la moindre garantie en matière de droits humains. Ces expulsions forcées détruisent des vies. Les personnes expulsées ne perdent pas seulement leur foyer mais aussi leurs biens et leur emploi, et les enfants ne peuvent plus aller à l’école. Les habitants de zones d’habitat informel et de bidonvilles sont les plus exposés au risque d’expulsion car ils peuvent ne pas avoir été officiellement autorisés à s’installer là où ils vivent.

C’est extrêmement injuste. Nul ne peut être expulsé de force, quel que soit l’endroit où vit cette personne. Ces expulsions sont illégales aux termes des normes internationales et régionales que les gouvernements africains se sont engagés à respecter. Souvent menées au nom du « développement », les expulsions forcées aggravent la situation de celles et ceux qui vivent dans la pauvreté et ont pour effet de priver de nombreuses personnes d’un abri et de les plonger dans la misère. Les expulsions forcées sont un problème, et non une solution, et elles doivent prendre fin.

Le logement, c’est un droit humain

Environ trois personnes sur quatre vivant dans une ville subsaharienne habitent dans une zone d’habitat informel. Leurs gouvernements n’ont pas su prévoir des logements abordables pour vivre dans la ville. La plupart de ces personnes travaillent, payent des impôts, votent, envoient leurs enfants à l’école et contribuent à l’économie de la ville tout comme les autres habitants. Mais elles sont exclues des budgets et des projets municipaux et leur accès à l’eau, à l’enseignement, aux soins de santé et à la sécurité est inadapté, voire inexistant.

Cela va à l’encontre du droit international : les personnes vivant dans des zones d’ habitat informel ont les mêmes droits au logement, à l’eau, aux infrastructures sanitaires, à l’éducation et à la santé que les autres.

Passez à l’action. Appelez les gouvernements et les autorités locales d’Afrique à :

- mettre immédiatement un terme aux expulsions forcées ;
- adopter et mettre en œuvre des lois interdisant les expulsions forcées et établissant des garanties à respecter à la lettre avant toute expulsion – ces lois doivent être conformes aux normes internationales et régionales relatives aux droits humains ;
- prendre immédiatement des mesures afin d’offrir un degré minimum de sécurité d’occupation à toutes les personnes qui ne bénéficient pas d’une telle protection, en consultant véritablement les populations concernées ;
- faire en sorte que les habitants des bidonvilles aient accès, au même titre que le reste de la population, à l’eau, aux infrastructures sanitaires, aux soins médicaux, au logement et à l’éducation, et qu’ils bénéficient d’un maintien de l’ordre juste et efficace ;
- veiller à ce que les habitants des bidonvilles aient véritablement voix au chapitre dans les décisions ayant des conséquences sur leur vie, y compris en ce qui concerne la réhabilitation des bidonvilles, la planification et l’élaboration de budgets.

 
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