jeudi, 13 décembre 2018
 

L’AFRIQUE INSOUMISE marche contre les dictatures et les lois de finance infâmes

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche

Les peuples togolais, congolais marchent contre les dictatures ; les peuples nigériens, tchadiens, marchent contre les lois de finance portant austérité et politiques anti-sociales. Le peuple gabonais martyrisé par une répression aveugle, résiste et se révolte.

Le peuple togolais marche sans discontinuer depuis juin 2017 et ce n’est pas le leurre d’un référendum biaisé qui pourrait l’arrêter. Nous saluons le courage et la ténacité du peuple et de ses représentants politiques d’opposition qui savent déjouer les pièges tendus par le pouvoir avec l’appui de pseudo-experts et d’affairistes français.

En RDC, le pouvoir Kabila tente de substituer la France à la Belgique comme puissance « protectrice ». L’indifférence feinte du gouvernement français s’apparente à un soutien au régime malgré les 80 fosses communes déjà identifiées, malgré le massacre systématique des manifestants qui réclament le respect de la constitution. Où est la France des droits de l’homme, qui devait s’exprimer sur l’introduction rocambolesque de la machine à voter et le glissement quasi permanent de la date des élections. Le peuple congolais réclame une transition sans Joseph Kabila et pour l’organisation des élections ensuite dans des meilleures conditions. Mais le gouvernement français ne semble pas entendre cette clameur, il préfère se limiter à une simple condamnation des violences du régime alors qu’il devrait porter la voix de la France au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour demander d’une part la redéfinition du mandat de la Monusco sur la protection des civils et d’autre part le maintien à l’isolement militaire et économique du régime de Kinshasa.

Au Tchad, le régime aux abois de Déby doit trouver de quoi rembourser GLENCORE qui lui a prêté de l’argent afin de racheter les parts d’Exxon dans le Consortium pétrolier, faute de quoi les institutions financières internationales suspendront leurs paiements. Tous les moyens sont bons. La grille de réduction des salaires a été appliquée sur les feuilles de paie de janvier, venant s’ajouter aux réductions des indemnités des fonctionnaires et à la suppression des bourses pour les étudiants. L’augmentation des prix des carburants déclenche l’entrée en grève du secteur privé. Le régime veut même revenir sur la dispendieuse réorganisation administrative qui a conduit à passer de 14 préfectures à 63 renommées départements ! Pour la première fois au Tchad, les partis politiques d’opposition, les syndicats et la société civile marchent ensemble malgré la violence de la répression. Le gouvernement tchadien criminalise et judiciarise les activités politiques pacifiques des partis de l’opposition démocratique sous le fallacieux prétexte de risque d’infiltration terroriste. Nous saluons l’initiative du Mouvement d’Eveil Citoyen visant à regrouper l’ensemble des forces sociales de progrès contre le pouvoir. Le but est de contraindre ce régime honni à dialoguer, ce qu’il se refuse à faire jusqu’alors, préférant renouer avec les méthodes anciennes d’arrestations à domicile.

Au Niger, la loi de finances 2018 prévoit une hausse de la TVA sur les produits de première nécessité ainsi que la mise en place d’une taxe d’habitation basée sur la présence de compteurs électriques. Les manifestations de la société civile se succèdent depuis début janvier afin de protester contre cette austérité imposée. Avec 68,9 % de la population âgés de moins de 25 ans, l’éducation et la formation devraient être prioritaires ; il était d’ailleurs prévu d’y consacrer le quart de son budget. Mais Mahamadou Issoufou préfère consacrer 15% du budget national aux dépenses sécuritaires aux dépens de l’éducation et de l’agriculture.

Quant au Gabon, le régime illégitime a conduit le pays vers une situation de chaos total qui ne peut que s’aggraver : le peuple a compris qu’il faut en passer par une phase de résistance économique quoiqu’il en coûte. Aucun symbole de puissance économique ne doit être épargné.

Le Parti de Gauche dénonce l’absence de réaction des media occidentaux face à cette situation de révolte des peuples africains opprimés.

Le Parti de Gauche proteste contre l’indifférence et la politique à courte vue du gouvernement français face à ces révoltes, politique qui ne peut que susciter la défiance des peuples africains en lutte.

Pierre Boutry

 
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